Y a-t-il davantage de frelons asiatiques au mois de septembre ?
Il s’attaque aux abeilles et pique les randonneurs, le frelon asiatique est de plus en plus présent en France hexagonale et inquiète. Son cycle, lui, est directement calqué sur la météo
Annabelle Rochet
Publié le 22/09/2026 à 07h32 • Mis à jour le 22/09/2026 à 07h32
L'essentiel
- Introduit accidentellement en France au début des années 2000, le frelon à pattes jaunes (ou frelon asiatique) est aujourd’hui « présent dans tous les départements hexagonaux », selon le ministère de l’Agriculture qui rappelle que l’insecte est classé comme espèce exotique envahissante.
- Selon l’entomologiste Serge Gadoum, l’espèce a « plutôt bien supporté » les différentes vagues de chaleur des derniers mois et entre en ce moment en période d’accouplement.
- Mercredi, un plan national contre le frelon asiatique visant « à limiter ses impacts » sur la biodiversité et l’agriculture a été officiellement publié au « Journal officiel ».
Un groupe de 37 randonneurs attaqués par des frelons à pattes jaunes dimanche en Haute-Vienne, une quinzaine de cyclistes piqués dans le Morbihan dans la même journée… Le mois de septembre semble être la saison préférée du petit insecte (plus communément appelé frelon asiatique). Et pour cause, c’est à cette période de l’année que ce dernier se reproduit et intensifie sa prédation sur les abeilles domestiques.
S’il est encore trop tôt pour parler d’une augmentation de la population de frelon asiatique à échelle nationale pour le mois de septembre 2026 par rapport à septembre 2025, tout laisse à penser que l’espèce n’a pas souffert de la chaleur cet été.
Changement climatique
Le frelon « fonctionne par cycle et ces cycles sont influencés par la météo », rappelle Serge Gadoum, entomologiste à l’OPIE (Office pour les insectes et leur environnement). En clair, plus l’été est froid, plus le taux de mortalité de l’espèce sera important. Et cette année, ce n’est pas la chaleur qui a manqué. Selon Météo-France, l’hiver 2025-2026 se classe « au quatrième rang des hivers les plus doux depuis 1990 ». Un climat qui a laissé la possibilité aux futures reines d’hiberner sans périr et de pondre leurs œufs avant l’été, période où les colonies s’attellent à la construction de nids secondaires.
« Les évolutions climatiques de ces dernières années facilitent l’installation et la prolifération de certaines espèces dont celle du frelon asiatique », pointe Hugo Arsan, chargé de mission partenariat au sein du réseau Fredon Ile de France. « En revanche, son système fonctionne un peu comme une cloche : passé un certain pic de chaleur, le frelon va être au maximum de ses capacités, mais s’il commence à faire plus de 40 °C, son activité va baisser avant de reprendre au mois de septembre. »
« Explosion démographique »
Habitué des fortes chaleurs, le frelon a pu être légèrement perturbé « mais a plutôt bien supporté cet été caniculaire », mentionne Serge Gadoum. Il n’est donc pas étonnant de tomber nez à nez avec le petit animal à la rentrée, mais ce dernier « ne pique que s’il est physiquement menacé », rassure l’OPIE.
Ces dernières années, l’insecte a suivi « son expansion vers le nord et l’est » de la France, précise l’entomologiste. Dans les départements où sa présence est encore récente, « on remarque une explosion démographique de l’espèce, ajoute-t-il, la population va atteindre un pic, puis s’atténuer avant de se stabiliser ». Mercredi dernier, un plan national contre le frelon asiatique visant « à limiter ses impacts » sur la biodiversité et l’agriculture a été officiellement publié au « Journal officiel ».