Après Tim Cook, John Ternus pourrait pousser Apple à prendre plus de risques
Beaucoup d’analystes essaient d’anticiper le chemin que prendra Apple sous la direction de John Ternus. Sera-t-il dans la droite ligne de Tim Cook ou osera-t-il prendre davantage de risques ? En tout cas, Bank of America maintient sa recommandation d...
Beaucoup d’analystes essaient d’anticiper le chemin que prendra Apple sous la direction de John Ternus. Sera-t-il dans la droite ligne de Tim Cook ou osera-t-il prendre davantage de risques ? En tout cas, Bank of America maintient sa recommandation d’achat de l’action Apple arguant du fait que John Ternus multipliera les acquisitions et les nouveaux produits dans les années à venir.
Le 1er septembre prochain, John Ternus, jusqu'ici patron de l'ingénierie matérielle, succédera officiellement à Tim Cook à la tête d'Apple. Ce dernier conservera un rôle de président exécutif et continuera de s'occuper des relations avec les pouvoirs publics, mettant fin à près de quinze ans à la tête de l'entreprise. Le calendrier tombe à point nommé : Apple doit présenter sa gamme iPhone 18 Pro en septembre, mais également un iPhone pliant qui devrait amorcer une nouvelle ère pour l’iPhone.
Une Apple plus encline à dépenser et à racheter des entreprises
Dans une note relayée par le site TheStreet, l'analyste de Bank of America Wamsi Mohan ne s'attend pas à ce que Ternus bouleverse le fonctionnement d'Apple. La discipline financière et l'exécution qui ont caractérisé l'ère Cook devraient rester la norme. Le changement se situerait plutôt dans l'appétit pour le risque.
Portrait : John Ternus, l’homme qui visse le futur d’Apple 🆕
L'analyste pointe l'abandon par Apple de son objectif de neutralité de trésorerie comme un premier signal en ce sens. La direction pourrait se montrer plus disposée à mobiliser ses réserves financières, que ce soit en recherche et développement, en investissement ou en acquisitions de plus grande envergure, des leviers que Tim Cook n'a que peu actionnés durant son mandat, malgré des projets coûteux tels que la voiture Apple ou le Vision Pro. Ternus ne devrait toutefois pas se lancer dans des changements immédiats en prenant ses fonctions : ses priorités devraient plutôt se préciser au fil des prochains mois, à mesure qu'Apple ajustera ses plans d'investissement, sa feuille de route sur les produits et sa stratégie de croissance externe.
Vers une diversification du catalogue
L’arrivée de John Ternus ouvrirait la voie à une exploration de nouvelles catégories de produits. Bank of America évoque plusieurs pistes comme des lunettes connectées intégrant de l’intelligence artificielle, des AirPods dotés d’une caméra, une bague connectée, des solutions domotiques ou encore de la robotique.
Ces secteurs impliquent tous une part d’incertitude qu’Apple a rarement acceptée sous Tim Cook, au moment où l’IA générative et les objets connectés redessinent le marché de la tech grand public. La logique resterait néanmoins la même : Apple contrôle déjà le matériel, les puces, les systèmes d'exploitation et l'architecture de confidentialité de plus deux milliards d'appareils actifs, un socle sur lequel l'intelligence artificielle embarquée pourrait venir renforcer sa position dominante — à condition de l’exécuter correctement.
Reste un obstacle de taille : avec une valorisation dépassant les 4 600 milliards de dollars, Apple doit désormais composer avec son propre poids. Même un succès commercial a mécaniquement moins d'impact sur les résultats globaux qu'à une époque où l'entreprise pesait beaucoup moins lourd en bourse. Pour Bank of America, l'enjeu n'est finalement pas tant de savoir si Ternus lancera de nouveaux produits, mais s'il parviendra à redonner à Apple cette capacité à surprendre que l'ère Cook avait peut-être fini par perdre en chemin.