Après les violences, Le Pen pointe Mélenchon, qui accuse les médias et le maintien de l’ordre
Politique 17/10/2026 19:00 Actualisé le 17/10/2026 20:24 La mobilisation sociale du samedi 17 octobre est émaillée de scènes de violence à travers le territoire. Sarah Meyssonni...
Politique 17/10/2026 19:00 Actualisé le 17/10/2026 20:24
La mobilisation sociale du samedi 17 octobre est émaillée de scènes de violence à travers le territoire.

Sarah Meyssonnier via REUTERS
Après les violences, Marine Le Pen pointe Jean-Luc Mélenchon, qui accuse les médias et le maintien de l’ordre (photo d’illustration).
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon s’emparent des violences en marge des manifestations de ce samedi 17 octobre : le candidat Insoumis dénonce la stratégie du maintien de l’ordre qui conduit, selon lui, au « désordre », quand la patronne du Rassemblement national accuse La France insoumise de « précipiter le pays dans le chaos ».
À six mois de la présidentielle, la mobilisation sociale est plus que jamais un terrain d’affrontement entre les deux candidats, dont de récents sondages dessinent un possible duel au second tour. « Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche », a accusé Marine Le Pen sur les réseaux sociaux, alors que de nombreux affrontements ont éclaté dans plusieurs villes de France en marge des manifestations.
« Les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon, en légitimant la violence, en considérant l’ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos », a attaqué la favorite des sondages. Le président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella, a lui aussi fustigé les « professionnels du chaos », tandis qu’Éric Ciotti, allié du RN, a dénoncé la présence de ce qu’il qualifie de « fascisme rouge » dans les rues.
Contraste total de l’autre côté du spectre politique : Jean-Luc Mélenchon a défilé dans le cortège parisien qui a gagné dans le calme la place de Clichy. Tout sourire au passage de jeunes scandant des « Jean-Luc président ». Sur X, il a vertement critiqué la stratégie du maintien de l’ordre à Paris. À Paris, « le désordre est organisé par le préfet qui interdit l’accès à la place de la République en gazant sans relâche », accuse-t-il. « L’affrontement semble être le but de cette stratégie de “maintien de l’ordre”. Lamentable ».
La gauche déplore le maintien de l’ordre
Il a aussi déploré les images de violences diffusées en continu sur les chaînes d’information et qui, à ses yeux, masquent le fond et la légitimité des revendications. « Pendant que les chaînes d’info inondent d’images de violence dans des dizaines de villes, tout se déroule dans le calme avec des dizaines de milliers de gens calmement mobilisés », a-t-il assuré.
« Mon message est clair : ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage. Quelles que soient les responsabilités du pouvoir et de ses incompétents et leurs violences, nous devons refuser de participer à des actions sans signification politique et contraire à nos méthodes », a-t-il martelé plus tard sur X.
Pour Jean-Luc Mélenchon, qui a fait de la jeunesse l’un des piliers centraux de sa stratégie électorale et soutient activement la mobilisation lycéenne depuis ses débuts, l’enjeu politique est de taille. Le candidat salue la « créativité » des manifestants mobilisés, leurs pancartes et slogans, qu’il présente comme un « signal de renouveau », « plus puissant que Mai 68 ».
La candidate écologiste à la présidentielle Marine Tondelier, tout juste revenue de son congé maternité, n’a pas non plus mâché ses mots sur la réponse du gouvernement. « J’en ai ras le bol de la doctrine du maintien de l’ordre dans ce pays. Il faut la revoir et vite, parce que cela devient une atteinte aux libertés publiques. Et, en plus, cela met tout le monde en danger, les manifestants comme les policiers ».
Le candidat LR Bruno Retailleau a au contraire dénoncé une « violence anti-flic qui se déchaîne », estimant que face à cela, « la force implacable de l’État est la seule réponse possible ». « Ces gens ne méritent rien d’autre que la prison », a-t-il ajouté, dans le sillage de plusieurs messages de fermeté, publiés notamment par Édouard Philippe ou Sébastien Lecornu.
Ce samedi soir, le Premier ministre a apporté « tout » son soutien aux forces de l’ordre « qui ont affronté une violence d’une extrême intensité ». « Les consignes données sont claires : empêcher les exactions, protéger les biens et les personnes, interpeller leurs auteurs et les déférer à la justice », a ajouté le chef du gouvernement sur X.
Emmanuel Macron a lui déclaré que ceux qui ont « cassé » et « pillé » lors des manifestations seraient « poursuivis et punis » et que le pays ferait « bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions ». Le chef de l’État a par ailleurs dit le « soutien de la Nation aux forces de l’ordre, garantes du droit à manifester ».