La chasse interdite après les incendies ? Le gouvernement laisse les préfets trancher
Une pétition sur Change.org, qui réunissait vendredi près de 330 000 signatures, demande un moratoire sur la chasse de 3 ans minimum, le temps que la végétation se régénère. NICOLAS GUYONNET / Hans Lu...
Une pétition sur Change.org, qui réunissait vendredi près de 330 000 signatures, demande un moratoire sur la chasse de 3 ans minimum, le temps que la végétation se régénère.

NICOLAS GUYONNET / Hans Lucas via AFP
Le gouvernement a décidé de laisser aux préfets confrontés aux incendies le choix d’adapter le calendrier de la chasse (photo d’illustration d’un chasseur prise en Ardèche en octobre 2025).
Des décisions « au cas par cas ». Le gouvernement a décidé de laisser aux préfets confrontés aux incendies le choix, en coordination avec les fédérations de chasseurs, d’adapter le calendrier de la chasse, a indiqué Matignon ce vendredi 31 juillet, alors qu’un débat monte sur son interdiction au sortir des incendies de l’été.
« Face aux feux de forêt qui touchent plusieurs départements et aux importants dégâts sur la faune sauvage, le gouvernement donne mandat aux préfets concernés, en lien étroit avec les fédérations départementales des chasseurs, d’apprécier au cas par cas, territoire par territoire, les adaptations nécessaires à apporter au calendrier de la chasse », ont précisé les services du Premier ministre.
Devant les images de chevreuils désorientés ou de biches fuyant des forêts dévastées par les flammes, une mobilisation a pris de l’ampleur pour faire interdire la chasse sur les territoires touchés à l’ouverture de la saison en septembre.
« Il y a plein d’endroits où il n’y aura pas de chasse »
Pour les animaux qui ont échappé aux feux, « chaque jour est une lutte pour la survie » et « il est inadmissible que l’on autorise la traque là où la nature tente de renaître », soutient une des pétitions publiée sur Change.org qui affichait, à l’heure où sont écrites ces lignes, près de 330 000 signatures. Le texte demande un moratoire sur la chasse de trois ans minimum, le temps que la végétation se régénère.
Pour le directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Cédric Marteau, il ne faut pas ouvrir la saison de la chasse dans les zones sinistrées afin de « laisser les populations se reconstituer ». « Il faut regarder au cas par cas », selon Dominique Py, chargée des questions de chasse et de faune sauvage à la fédération France Nature Environnement (FNE).
De son côté, le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, dit regretter un « contexte de misère, de crise émotionnelle très forte » utilisé par les promoteurs des appels à interdire la chasse, mais il reconnaît qu’« il y a plein d’endroits où il n’y aura pas de chasse ».
Au ministère de la Transition écologique, on rappelle que le code de l’environnement « prévoit que, en cas de calamité naturelle telle qu’un incendie, le préfet peut suspendre l’exercice de la chasse, partiellement ou totalement, pour tout ou partie du département concerné ».