Reportage international - Après le double séisme de juin au Venezuela, la nécessaire aide psychologique
Depuis le double séisme qui a touché le Venezuela le 24 juin dernier, les besoins sont gigantesques dans les zones les plus touchées. Les sinistrés doivent pouvoir manger, dormir dans un endroit sûr, se vêtir et évidemment, se soigner. Il faut prendre soin du corps mais aussi de la tête, les besoins psychologiques sont grands.
Depuis le double séisme qui a touché le Venezuela le 24 juin dernier, les besoins sont gigantesques dans les zones les plus touchées. Les sinistrés doivent pouvoir manger, dormir dans un endroit sûr, se vêtir et évidemment, se soigner. Il faut prendre soin du corps mais aussi de la tête, les besoins psychologiques sont grands.
De notre correspondante à Caracas,
Dans le refuge dit du terrain de golf, un campement provisoire où plus de 300 sinistrés vivent dans la municipalité dévastée de Caraballeda, à La Guaira, une équipe de professionnels de Première urgence passe de tente en tente pour faire connaître son travail. « On vous offre un espace d’écoute, un espace où vous pouvez parler, où vous pouvez découvrir des outils pour canaliser vos émotions… », expliquent-ils.
Les besoins sont nombreux, ici la souffrance est partout. Foyers détruits, familles disparues, perspectives d’avenir limitées et souvent l’état de choc. Stefanie Guevara est psychologue, elle s’est isolée quelques instants avec une jeune femme dont elle a perçu le mal-être. « Le problème, c’est qu’elle était en train de cuisiner pour toute la famille, donc elle nous a demandé de repasser ou bien elle-même viendra jusqu’à nous. Mais elle m’a raconté qu’elle avait perdu toute sa famille, confie la psychologue, qu’elle venait à peine de retrouver les cadavres. Et c’est difficile d’en parler pour elle, car elle veut protéger ses proches. »
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« Cette douleur, elle va rester avec moi pour toujours »
Mais pour certains, la douleur est trop grande, comme cette mère de famille qui se demande comment affronter le deuil de son fils. « J’ai parlé avec… quatre psychologues en tout. Ils m’ont tous dit la même chose. Si je veux aller mieux, je dois le laisser partir. Comment je vais le laisser partir ?, s'étrangle-t-elle. Cette douleur, elle va rester avec moi pour toujours. Je peux parler avec 50 000 psychologues, je n’arriverai pas à accepter la mort de mon fils et encore moins vu les conditions dans lesquelles il est parti. »
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De retour dans l’espace psychosocial de Première Urgence, Maria Baez, une autre psychologue de l’équipe, attend les patients. Quelques paravents permettent un peu d’intimité pour qui veut venir parler. Et tous les usagers ne sont pas des sinistrés. « Lundi, j’étais avec une secouriste qui, depuis le lendemain du séisme, travaille sous les décombres. Et je lui ai parlé de l’importance de prendre soin d'elle, insiste la professionnelle. Les sauveteurs passent leur temps à s’occuper des autres, à extraire des cadavres, mais c’est essentiel pour eux de se libérer un peu. Souvent, ils oublient que, dans tout ce processus, ils doivent s’écouter pour pouvoir continuer à aider. »
Au Venezuela, les marques qu’a laissées le séisme sont profondes et les esprits mettront certainement des années avant de s’apaiser.
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