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Après la tribune anti-Bolloré, le groupe Canal + ne financera plus les films qui “portent préjudice à son image”, annonce le PDG Maxime Saada

Le président de Canal +, Maxime Saada, a réaffirmé ce mardi 28 juillet qu’il refusera de financer les films dont les auteurs portent "préjudice" au groupe. Cette mise au point survient au lendemain de la signature d’un accord quinquennal de 980 millions d’euros dédié au cinéma français et européen.

Le président de Canal +, Maxime Saada, a réaffirmé ce mardi 28 juillet qu’il refusera de financer les films dont les auteurs portent "préjudice" au groupe. Cette mise au point survient au lendemain de la signature d’un accord quinquennal de 980 millions d’euros dédié au cinéma français et européen.

Ce qu’il faut retenir :

Le patron de Canal +, Maxime Saada, a répété ce mardi 28 juillet qu’il ne financerait pas à l’avenir de films dont les initiateurs portent "préjudice à l’image" de son groupe, au lendemain d’un accord d’une durée de cinq ans avec le secteur.

Cet accord, qui prévoit que son entreprise investisse 980 millions d’euros entre 2028 et 2032 dans le cinéma français et européen, a été conclu quelques semaines après une vive polémique ayant émaillé le Festival de Cannes en mai.

Après une tribune dénonçant "l’emprise grandissante de l’extrême droite" dans le 7e art, qui visait le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal +, Maxime Saada avait affirmé que son groupe ne souhaitait plus financer les films de ses signataires.

"1 % des gens qui ont signé cette pétition"

Face à l’émoi suscité par ses déclarations en plein festival, il s’était ensuite défendu de vouloir dresser une "liste noire". Mais le dirigeant, interrogé mardi par l’AFP en marge des résultats de son groupe, a assuré qu’il "n’oublie rien". "C’est 1 % des gens qui ont signé cette pétition. Je reste sur ma position qui est que, si des gens portent préjudice à l’image de Canal +, on ne financera pas leur film", a martelé Maxime Saada.

"C’est quelque chose qui va être pris en considération et cela paraît naturel", a-t-il relevé, tout en précisant qu'"on n’a, en revanche, jamais changé notre politique, et on ne la changera pas, de diversité du cinéma français".

Dans l’accord de financement présenté lundi 27 juillet, "on a insisté sur la diversité, les premiers films, les nouveaux films, les nouveaux talents, les films d’animation", a souligné le dirigeant.

Des films sur Canal six mois après leur sortie

Il "permettra à Canal + de continuer à proposer à ses abonnés les plus grands films français, européens et internationaux dès six mois après leur sortie en salles", a indiqué lundi la société. Maxime Saada s’est félicité que Canal +, premier financeur du cinéma français, conserve cet "avantage compétitif".

"Il y a une pression importante des acteurs qui souhaitent avancer dans la chronologie" de la diffusion mais "je ne souhaitais pas avancer davantage parce que je pensais que ça pouvait commencer à être un problème pour les salles" de cinéma, a-t-il souligné auprès de l’AFP. Cette chronologie est devenue un enjeu majeur, à l’heure de la multiplication des plateformes comme Netflix ou Disney +.

Les investissements de Canal + dans le cinéma français et européen s’élèveront à 190 millions d’euros de 2028 à 2030, puis à 205 millions en 2031 et 2032. C’est la première fois qu’un tel accord porte sur cinq années. "Si on doit construire et faire évoluer son offre, il faut du recul, il faut du temps et donc j’ai toujours été favorable à un accord long", a expliqué le dirigeant.

Qu’est-ce qui a permis de conclure l’accord, négocié de longue date ? "Les producteurs se rendent compte qu’au fond, […] l’acteur le plus intéressé au financement du cinéma, et plus globalement à l’avenir du cinéma français, c’est quand même Canal", selon Maxime Saada.