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La Fifa fait bloc autour de Gianni Infantino et refuse toute « atteinte à son intégrité »

Sport 06/08/2026 06:35 Actualisé le 06/08/2026 08:37 Dans un communiqué surréaliste, l’instance dirigeante du football mondial indique qu’elle « prendra toutes les mesures pour protéger s...

Sport 06/08/2026 06:35 Actualisé le 06/08/2026 08:37

Dans un communiqué surréaliste, l’instance dirigeante du football mondial indique qu’elle « prendra toutes les mesures pour protéger son nom et sa réputation ».

Après la polémique, la Fifa fait bloc autour de Gianni Infantino et refuse toute « atteinte à son intégrité »

FLORENCIA TAN JUN / Getty Images via AFP

Après la polémique, la Fifa fait bloc autour de Gianni Infantino et refuse toute « atteinte à son intégrité »

Vous avez demandé la définition du culot ? Dix jours après la révélation de la manœuvre menée en sous-main par Gianni Infantino, la Fifa a publié, tard ce mercredi 5 août, un communiqué dans lequel l’instance dirigeante du football mondial invite, pour le résumer simplement, à reprendre le cours normal des choses comme si rien ne s’était jamais passé.

Car si le texte, dans lequel les différentes composantes de l’institution font bloc - et défendent tout particulièrement son tout-puissant président, « seul responsable élu par les 211 associations membres de la Fifa » -, comporte quelques excuses, celles-ci sont aussitôt minimisées.

Évoquant de projet de vente de parts de la Fifa et de ses compétitions, la Coupe du monde en tête, à des investisseurs privés, la direction de la Fifa l’assure : « Dans ce cas précis, toutefois, il est important de souligner que, bien que des erreurs aient été commises, tout ce qui a été fait l’a été dans le strict respect du cadre réglementaire de la Fifa. » Ce, alors que la position de Gianni Infantino semble intenable depuis plusieurs jours, lui qui a perdu le soutien d’une partie des fédérations.

La crise est finie

Une situation face à laquelle l’intéressé a bien l’intention de reprendre la main. Publié au sortir d’une réunion qui n’était pas ouverte à la presse et qui s’est tenue au siège pour l’Afrique de la Fifa, au Maroc, le communiqué balaie comme suit les critiques : « Des excuses ont été présentées pour ces erreurs, assorties d’un engagement à veiller à ce qu’elles ne se reproduisent plus. » Et affirme, à rebours des faits, que rien n’a été fait dans le dos des fédérations.

Une fois ces broutilles réglées, les dirigeants de l’institution le disent donc : la crise est finie. « Les membres du Conseil de direction de la Fifa présents ont réaffirmé leur plein soutien au président de la Fifa, Gianni Infantino, en tant que seul responsable élu par les 211 associations membres de la Fifa », peut-on lire dans le communiqué. Signe de cette union entre les responsables de la Fifa, dont certains étaient pourtant montés au créneau face au projet de Gianni Infantino, ce dernier réitère même « son plein soutien au Secrétaire général de la Fifa (Mattias Grafström) et à l’Administration de la Fifa pour leur travail indispensable et remarquable dans la mise en œuvre de sa vision. »

Et d’en arriver au clou du spectacle. « Le projet ayant été abandonné, il est entendu que la Fifa ne tolérera plus aucune atteinte à son intégrité, à sa bonne gouvernance et à son respect des procédures régulières et qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger et préserver son nom et sa réputation », poursuit le texte, sans trembler.

Une élection en mars 2027

Gianni Infantino, qui a assisté mercredi soir à Rabat au match Zambie-Malawi de la Coupe d’Afrique des nations féminine, est à la tête de la Fifa depuis dix ans. Mais sa petite entreprise lui a coûté cher, et notamment le soutien de cadres de l’instance, dont Arsène Wenger, actuel directeur du développement du football mondial au sein de la Fifa. Dès vendredi, le conseiller principal de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, avait quant à lui démissionné, disant s’opposer « catégoriquement » au projet.

La pression est aussi politique ces jours-ci. Mercredi, le Premier ministre canadien Mark Carney a ajouté sa voix à celle de son homologue britannique Andy Burnham (qui avait carrément réclamé la démission de Gianni Infantino) pour fustiger le patron de la Fifa. « Je n’ai certainement aucune confiance en monsieur Infantino, après ce qui s’est passé, a taclé le dirigeant centriste. L’idée qu’une bonne gouvernance consiste à ne pas divulguer d’informations à ses plus proches conseillers, c’est fatal. »

Gianni Infantino est pour l’instant le seul candidat déclaré à sa propre succession à la tête de la Fifa, lors d’un scrutin qui se déroulera en mars 2027 à Rabat. L’Italo-Suisse de 56 ans a besoin d’une majorité des 211 fédérations membres pour décrocher un nouveau et dernier mandat de quatre ans. Jusqu’ici, une poignée de fédérations (Finlande, pays de Galles, Serbie, Suède notamment) lui ont officiellement retiré leur soutien.