Après l’échec des Mondiaux, l’équipe de France vise le titre aux championnats d’Europe sans Paul Seixas
Hors du top 10 à Montréal il y a une semaine, les Français ont de quoi jouer les premiers rôles en Slovénie, dimanche, sur un parcours pentu et amputé de Mathieu van der Poel et Wout van Aert.
Hors du top 10 à Montréal il y a une semaine, les Français ont de quoi jouer les premiers rôles en Slovénie, dimanche, sur un parcours pentu et amputé de Mathieu van der Poel et Wout van Aert.
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié le 04/10/2026 06:30
Temps de lecture : 4min
Au moins cette fois, l'équipe UAE-Emirates ne devrait pas autant peser sur la course. Tadej Pogacar pas encore remis, le récent champion du monde Brandon McNulty (Etats-Unis) et Isaac del Toro (Mexique) absents, le Championnat d'Europe sur route, qui se déroule autour de la capitale Ljubljana, dimanche 4 octobre, ouvre des perspectives et notamment pour l'équipe de France.
Sur le tracé partiellement en circuit de 196,3 km, où les coureurs escaladeront cinq fois la courte mais pentue montée vers Možjanca (2 km à 10,3%, passages à 14%), Thomas Voeckler a changé sa composition d'équipe. Seuls Alex Baudin et Pavel Sivakov feront directement le voyage entre le Canada et la Slovénie.
Exit donc Paul Seixas, Valentin Paret-Peintre ou Nicolas Prodhomme, et place à Romain Grégoire, Kévin Vauquelin ou Mathys Rondel. Sur un parcours moins exigeant qu'au Mont-Royal (2 500 mètres de dénivelé positif contre 3 800 à Montréal), les purs puncheurs ont davantage de chances de s'en sortir que les profils de puncheurs-grimpeurs.
À ce titre, la hiérarchie est bien moins établie qu'aux Mondiaux, où tout reposait sur Paul Seixas, finalement 15e après avoir été perclus de crampes dans le dernier tour. "C'est un peu l'opposé de l'équipe engagée aux championnats du monde. Plusieurs coureurs auront leur chance, explique le sélectionneur des Bleus. C'est important pour l'équipe de France que chacun puisse prétendre à une sélection", expliquait Thomas Voeckler à L'Equipe lors de l'annonce de son équipe.
La France devrait miser en premier lieu sur Romain Grégoire, qui a réalisé une bonne préparation sur les courses d'un jour en septembre loin du Canada (2e du Tour de Wallonie, 3e de la Coppa Sabatini) et Kévin Vauquelin, qui revient en forme au bon moment (vainqueur du Tour des Abruzzes). Mais les Bleus ne mettront pas en Slovénie tous leurs œufs dans le même panier, et cela pourrait leur être profitable. "C'est une équipe bien composée, même plus forte que pour le Mondial, je trouve, assure notre consultant Lilian Calmejane. Romain Grégoire, la bosse me semble un poil dure pour lui mais il est champion de France en titre et ne se loupe pas souvent. Kévin Vauquelin a retrouvé la confiance. Il manque juste Paul Seixas. C'est sûr que c'est la carte qui manque pour avoir la garantie de faire au moins un podium. Mais on a quand même moyen d'aller chercher quelque chose."
Face à eux, Remco Evenepoel devrait se glisser dans le costume de favori, mais le Belge a coincé à Montréal, et la Belgique a - comme la France - raté sa course collective. Les autres candidats au maillot blanc et bleu se nomment Juan Ayuso (Espagne), Primoz Roglic (Slovénie), Giulio Ciccone (Italie), voire Mads Pedersen (Danemark) et Ben Healy (Irlande). Exit donc Wout van Aert, Mathieu van der Poel ou Tom Pidcock, sachant que la Grande-Bretagne n'alignera aucune équipe lors de la course en ligne. "Pour Pidcock, c'est une erreur de ne pas venir, parce qu'avec la forme qu'il avait, je pense que c'était presque le favori", analyse Lilian Calmejane.
"Les Italiens auront une grosse équipe. Ciccone est en forme. C'est pile-poil ce qu'il aime. Evenepoel, il est déçu de son mondial et quand il est blessé dans son orgueil, il est très, très, dangereux. Champion d'Europe, ce n'est pas son objectif majeur donc pour moi, il va tenter de gagner en faisant exploser la course et faire un numéro de fou comme il sait faire, plutôt que de jouer au millimètre le titre. Remco numéro un, Healy, Ciccone puis Vauquelin, je le mets dans le top 5", enchaîne l'ancien coureur.
C'est simple, seuls trois membres du Top 10 aux Mondiaux seront au départ des Europe : Pedersen, Ciccone et Healy. Pas les épouvantails redoutés, ce qui donne une vraie chance à l'équipe de France de lutter, et de se rattraper d'une stratégie collective non payante au Canada, même si le sélectionneur disait n’éprouver "aucun regret".
Au Québec, le rythme imprimé par Bruno Armirail, toujours aussi besogneux et dévoué, pour revenir sur l'échappée avait mis au supplice le peloton au point, selon Evenepoel, de "peut-être détruire leur propre leader avec". "Paul a peut-être été isolé un peu tôt au niveau du collectif. Certains diront que c'est une erreur, forcément. Mais on a fait ce qu'on avait à faire avec Bruno. Ce n'était pas un excès de zèle. Très sincèrement, on avait à durcir la course. Ensuite, c'est vrai que ça nous a un peu échappé parce que la course était d'une intensité folle", avait reconnu Thomas Voeckler.
Sans Paul Seixas, la France sera aussi moins attendue. Elle aura moins le poids de la course et cela peut plus lui correspondre, en envoyant Alex Baudin, Léo Bisiaux ou Mathys Rondel en éclaireurs. "Je pense que ça va être une stratégie un tout petit peu plus 'prudente', car sans Seixas, on va laisser les autres nations faire le travail et dynamiter pour nous. Vauquelin et Grégoire ont des bonnes capacités de punch et vont vite au sprint dans un petit groupe. C'est ouvert. On a Vauquelin, Grégoire, même un Alex Baudin qui peut faire une superbe course et nous faire une belle surprise. Maintenant, on n'a pas la garantie d'un podium", poursuit Lilian Calmejane.
La distance du parcours, avec "seulement" 196 km contre les 273 de Montréal, jouera aussi son rôle. Les championnats du monde ont été une course d'extrême usure, ces championnats d'Europe devraient davantage être une course explosive où la différence devrait se faire dans la seule difficulté du parcours. Une montée pentue, parfois très étroite et avec une descente délicate. Exactement ce qui convient aux qualités de Romain Grégoire et Kévin Vauquelin pour succéder à Christophe Laporte, seul vainqueur français (en 2023) depuis que la course a été intégrée au calendrier élite, en 2016.
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