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Après avoir traversé des années de galères, la Tihangeoise Sofia Struvay va se lancer sur le circuit international de tennis: “Je vais me laisser cette chance durant un an”

Depuis la retraite, il y a de cela quelques années, de la fratrie Bovy et de Loic Cloes, qui ont tourné le dos au circuit ITF tout en continuant à se produire sur la scène nationale, l'arrondissement de Huy-War...

Depuis la retraite, il y a de cela quelques années, de la fratrie Bovy et de Loic Cloes, qui ont tourné le dos au circuit ITF tout en continuant à se produire sur la scène nationale, l'arrondissement de Huy-Waremme ne comptait plus aucun représentant sur les tournois hors de nos frontières. Un trou qui va bientôt être comblé par Sofia Struvay qui, du haut de ses 18 ans, va se lancer dans le grand bain après avoir terminé ses études secondaires. Actuellement classée 113e belge (les classements n'ont plus été actualisés depuis le mois de mai), elle reste sur un mois de juillet exceptionnel avec trois tournois remportés sur le circuit belge. De quoi booster la confiance de la joueuse de Hannut, qui a traversé des années de galères à cause de blessures à répétition. Entretien avec un Tihangeoise aux dents longues, prête à se lancer dans un monde qui ne fait pas de cadeaux.

Sofia, vous êtes la fille de Robert Struvay et Raphaella Liziero, qui dirigent les écoles de tennis à Fexhe et à Hannut. Vous avez tapé vos premières balles depuis votre plus tendre enfance ?

Exactement ! J'étais à l'école de tennis quand je n'avais qu'un an ou deux et j'ai commencé à prendre des cours à six ans. J'ai aussi touché au hockey, mais j'ai dû arrêter à l'âge de dix ou ans parce que cela devenait trop compliqué.

Car vous aviez déjà cette idée de faire du tennis votre métier ?

Rapidement, je me suis rapidement dit que c'était ce que j'avais envie de faire, c'était mon rêve. J'en parlais avec maman, qui a quand même été 420e mondiale, et elle m'a transmis son expérience. Cela m'a donné envie d'aller plus haut encore.

Vous n'avez seulement que 18 ans, mais vous avez déjà traversé pas mal d'épreuves.

J'ai connu à peu près toutes les blessures qu'il est possible d'avoir. Aux pieds, aux mains, une entorse du pied droit, une entorse du pied gauche avec déchirure des ligaments, une fracture au coude, une opération à la main droite en 2021 et là, j'ai été opérée à la main gauche en décembre. Je me voyais tout le temps derrière les autres qui évoluaient, c'était un peu peinant. Dans cette situation, c'est la tête qui prend le relais et mes parents m'ont aussi beaucoup encouragée.

Comment définiriez-vous votre style de jeu ?

J'ai un jeu très offensif, j'adore jouer en trois frappes de balle. Mais suite à mon opération, j'ai dû développer un autre jeu. Je n'avais plus de revers, je devais tout faire avec ma main droite et développer un slice. Et ce, alors que le revers était mon coup préféré. Cela m'a rendue plus complète.

Vous venez de terminer vos études secondaires, c'était tout de même important pour vous ?

Tout à fait, je ne voulais pas être déscolarisée. Et puis, cela me permet d'avoir tout de même un bagage supplémentaire au cas où.

Car vous avez pris la décision de vous lancer sur le circuit international dès septembre. C'était le bon moment ?

J'appelle ça une année sabbatique, mais je vais me lancer et me laisse cette chance durant un an. Car je n'ai plus l'école derrière moi et j'ai la possibilité de voyager avec mon entraîneur. Je veux saisir cette chance car, jusqu'à présent, je n'ai pas encore connu de saison complète à cause de mes blessures.

Il est vrai qu'à votre âge, certaines filles sont déjà dans le Top 100. Vous n'avez pas peur de ce retard ?

Non, car j'ai encore une grosse marge de progression, que ce soit au niveau du physique, de la tête et même du tennis. Il n'empêche, je me compare toujours aux autres, mais avec ce que j'ai connu, ce n'est pas grave. Chacun a son rythme, mais sans évidemment dire que je vais être dans le Top 10 un jour.

Pour la première fois depuis longtemps, vous avez su enchaîner les tournois durant ce mois de juillet avec notamment trois victoires sur le circuit belge. Cela vous donne confiance pour la suite ?

C'est vrai que cela s'est bien passé et je ne pensais pas que j'allais tenir aussi longtemps. Je me suis toujours dit que je ne l'avais jamais montré, mais que j'avais le niveau pour être là. Sans me vanter, je savais que j'étais capable de battre des filles comme ça (NDLR: elle a notamment pris la mesure de Tiffany Milonas, 18e belge), mais je ne me dis pas que c'est exceptionnel.

Avec l'encadrement, les voyages et tout ce que cela implique, cela coûte pas mal d'argent. Comment comptez-vous vous organiser ?

On a monté un dossier de sponsoring avec mes parents pour nous aider car mes parents travaillent énormément pour financer tout cela. Je sais que s'ils le font, c'est qu'ils peuvent se le permettre et qu'ils croient en moi. Mais ce n'est jamais simple car j'ai aussi un frère qui est aux études. J'ai un sponsoring au niveau du matériel et des tenues, donc, j'ai tout ce qu'il faut pour aller sur le terrain, mais en dehors, on va essayer de trouver des accords avec des partenaires.

Dès le mois de septembre, vous allez, donc, commencer à participer à des tournois ITF. Vous devez commencer par le bas de l'échelle.

Le seul problème, c'est que comme je ne possède encore qu'un classement de B-15.2 (NDLR: ses résultats de juillet n'ont pas encore été comptabilisés), j'aurai du mal à rentrer dans les tableaux, c'est un peu un enfer. Je suis parfois 300e sur liste d'attente, donc, c'est compliqué de rentrer dans les tournois. C'est pour cela que j'essaye actuellement d'améliorer mon classement.

Votre maman a, donc, été 420e mondiale, au meilleur de sa carrière. L'objectif, c'est de faire mieux qu'elle ?

Pourquoi pas ! Mais ce qu'elle a fait, c'est très bien. Il ne faut pas oublier que le tennis est un des sports les plus pratiqués au monde.

Vous vous donnez combien de temps sur le circuit ?

Je ferai un bilan dans un an. Mais je ne me dis pas que si je ne suis pas 400e mondiale dans un an, j'arrête. Je pense que je veux aussi voir les résultats que je peux faire et, surtout, quel sera mon niveau de jeu.

Vous avez tout de même un filet de sécurité au cas où ?

Je me suis toujours dit que je n'y pensais pas, que j'allais y arriver. Mais sinon, j'adore le droit et la littérature. Si je dois aller vers quelque chose car le tennis ne marche pas pour moi, je me dirigerai vers le droit. Mais c'est le tennis avant tout.

Vos amis, ils pensent quoi de votre projet ?

Jusqu'à présent, on va dire que j'étais une personne normale. Mais, sur le circuit, c'est compliqué d'avoir de vrais amis car il y a énormément de rivalité, c'est un monde de requins. Après, ma meilleure amie me suit et est contente pour moi. Et mon groupe d'amis me félicite quand je fais de bons résultats. Mais je vois rarement mes copains, c'est un sacrifice que j'accepte. Je vais seulement les voir quand j'en ai besoin, mais je fais attention. Quand j'ai des entraînements, je ne sors pas, je reste chez moi, au calme.


Ses parents : "Notre plaisir, c'est de voir qu'elle prend du plaisir à jouer, qu'elle s'épanouit"

Sa maman

" Sofia, on l'a toujours soutenue car elle commence à voir le bout du tunnel, mais elle a ramassé au niveau des blessures et des maladies ces trois ou quatre dernières années. Mais elle est toujours là et c'est très étonnant, elle est résiliente. Oui, elle a eu des coups de mou, mais chacun avance à son rythme. Elle vient de très bien jouer ces cinq dernières semaines, mais elle doit encore se professionnaliser. Elle manque encore de rigueur au niveau du sommeil, de l'alimentation et de l'utilisation de son téléphone. Il reste des cases à cocher. Vu toutes ses blessures, elle a perdu des classements et elle disait qu'elle en avait marre. Au niveau de l'estime de soi, ce n'est pas simple. On lui disait que c'était le niveau de jeu qui comptait, et pas le classement, mais c'est difficile à comprendre. Là, on a enfin un peu de concret et je suis très contente pour elle. Il faut qu'elle prenne conscience que c'est une bonne petite joueuse."

Sofia Struvay peut compter sur le soutien indéfectible de ses parents… et du chien de la famille.
Sofia Struvay peut compter sur le soutien indéfectible de ses parents… et du chien de la famille. ©Florian Caspers

Son papa

"Concernant son projet, on se dit aussi qu'il n'y a pas que l'école. Et puis, même à vingt ans ou plus tard, il n'est pas trop tard pour refaire des études. On ne veut pas qu'elle ait le regret de ne pas avoir tenté et on a la possibilité de le faire. Ce qui nous fait plaisir, c'est de voir qu'elle prend du plaisir à jouer actuellement, qu'elle s'épanouit. Il est toujours gratifiant de gagner un tournoi, peu importe la catégorie, mais là, on voit aussi qu'elle est contente de la collaboration avec son entraîneur. Après tout ce qu'elle a traversé, après toutes les galères, je suis content de voir qu'elle est tout simplement heureuse. "


Un coach à temps plein à ses côtés

Formée en grande partie par ses parents, Sofia Struvay a collaboré, à certains moments, avec différents coachs, mais jamais à très long terme. Mais dans l'optique de se lancer dans le grand bain du circuit international, il lui fallait quelqu'un à ses côtés et c'est pour cela qu'elle a commencé une aventure avec Loic Juszczak depuis le mois de mai.

Le duo Struvay-Juszcak a connu un début de collaboration prometteur.
Le duo Struvay-Juszcak a connu un début de collaboration prometteur. ©Doc

Série A au tennis, le joueur de 29 ans va ainsi accompagner sa nouvelle élève durant les semaines et mois à venir. "Je suis très contente car cela se passe bien, sourit la Tihangeoise, qui a, dimanche dernier, perdu ses deux finales à Visé et Leaken, à bout de force après des semaines à enchaîner les tournois et les matchs. Cela me fait du bien d'avoir quelqu'un d'autre. Oui, mes parents m'ont tout appris, mais Loic m'amène sa propre vision, c'est un autre cadre. Pour l'instant, vu que j'ai enchaîné les compétitions dernièrement, je n'ai pas encore eu de semaine complète d'entraînement avec lui, mais l'année prochaine, on va être à deux séances de tennis par jour ainsi qu'une séance de préparation physique avec Jeremy Petrella. C'est chouette de pouvoir compter sur une telle équipe. " De quoi lui permettre de passer encore un cap !

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