Après avoir débuté dans le marketing, Laura a changé de vie pour prendre soin des arbres: “J’avais dit que je ne grimperais jamais et pourtant….”
À Demo Forest, les démonstrations d'élagage attirent les regards. Non seulement parce que la discipline impressionne, mais aussi parce qu'à la corde se trouve Laura Walckiers. Dans un métier encore très masculi...
À Demo Forest, les démonstrations d'élagage attirent les regards. Non seulement parce que la discipline impressionne, mais aussi parce qu'à la corde se trouve Laura Walckiers. Dans un métier encore très masculin, la dame de Tinlot assume pleinement sa place. Une reconversion professionnelle qu'elle ne regrette pas une seconde, tant elle lui permet aujourd'hui de vivre en accord avec ses convictions. "Pendant plus de dix ans, j'ai travaillé dans la communication et le marketing pour de grandes entreprises. Après la naissance de mes enfants, je ne me retrouvais plus dans ce monde-là. J'avais besoin de revenir à quelque chose de plus concret, de plus proche de la nature et de mes valeurs. J'ai commencé à donner un coup de main en forêt avec mon beau-père. J'ai pris énormément de plaisir et je me suis formée. Au départ, je pensais simplement apprendre la taille des arbres fruitiers et je m'étais toujours dit que je ne grimperais jamais. Finalement, en travaillant sur le terrain, j'y ai pris goût. Aujourd'hui, ce qui me plaît le plus, c'est de prendre soin des arbres et de faire tout ce qui est possible pour les préserver."
Deux ans après avoir changé de vie, elle continue d'ailleurs à se former, en Belgique comme en France, avec un objectif clair: obtenir la certification européenne de grimpeuse-élagueuse.
Un milieu où l'on s'entraide beaucoup
Être une femme dans cette profession suscite encore quelques réactions, mais elles sont loin de décourager la jeune indépendante. "Il est déjà arrivé que des personnes me demandent quand mon mari allait venir pour faire le chantier (rires). Je leur réponds que c'est moi l'élagueuse et, au final, cela se passe toujours très bien. Certaines clientes me contactent même parce qu'elles sont heureuses de voir une femme exercer ce métier. Quant aux collègues, je n'ai rencontré que des gens accueillants, qui ont envie de transmettre leurs connaissances. C'est un milieu où l'on s'entraide beaucoup. Bien sûr, c'est un travail physique, mais il existe des techniques et du matériel pour préserver son corps. Et surtout, on ne travaille jamais seul: pour des raisons de sécurité, il faut toujours être au moins deux sur un chantier."
Habituée à évoluer jusqu'à trente mètres de hauteur, Laura Walckiers apprécie autant la technicité du métier que les longues journées passées au contact du vivant.
Soucieuse du bien-être de la nature
Plus qu'un simple travail, l'élagage est devenu pour elle une véritable philosophie. Derrière chaque intervention, on retrouve une réflexion sur l'avenir de l'arbre et le respect de son développement naturel. "Beaucoup de personnes pensent que notre métier consiste uniquement à monter dans un arbre avec une tronçonneuse. En réalité, il faut comprendre la physiologie des arbres, connaître les différentes essences, savoir à quel moment intervenir et, surtout, accepter qu'un arbre soit destiné à grandir. J'essaie toujours d'expliquer aux clients qu'une taille excessive ne résout rien et qu'elle peut même être néfaste. Si une demande ne correspond pas à mon éthique, je préfère ne pas accepter le chantier, parce qu'au bout du compte, c'est mon nom qui reste associé au travail réalisé. Je pense que l'on peut se reconvertir à tout âge, à condition de se former sérieusement et de respecter le vivant."
Un message qu'elle espère transmettre à ceux qui envisagent de suivre la même voie, dans un secteur où, assure-t-elle, "il existe du travail pour tout le monde."
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