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Annie Delfosse, enseignante à l’athénée royal de Namur, publie une biographie romancée sur François Bovesse

Annie Delfosse consacre un ouvrage, accessible aux jeunes, sur le parcours politique de François Bovesse, paru aux Éditions Namuroises. L'autrice travaille à l'athénée qui porte précisément le nom du gouverneur de Namur assassiné par des rexistes.

À l'approche des Fêtes de Wallonie à Namur, l'ASBL Éditions Namuroises publie Il faut tuer Bovesse !, une biographie romancée du fondateur des "fiesses". Écrit par Annie Delfosse, le récit de l' ouvrage s'étale entre 1929 et 1944, période durant laquelle François Bovesse fut, jusqu'à son décès, particulièrement actif en politique.

Depuis une précédente publication d'Arnaud Gavroy parue en 1990, il n'y avait plus eu de biographie sur le militant wallon. De quoi inciter Annie Delfosse, professeure de français à l'athénée royal François Bovesse, de lui dédier une nouveau livre, adapté à un public jeune. "Bovesse est arrivé à l'athénée vers 15 ans, l'âge des élèves auxquels je donne cours", mentionne l'auteure.

Depuis qu'elle enseigne dans son école, Annie Delfosse s'est toujours intéressée par cette figure locale. Cet intérêt l'a même incité à co-réaliser avec ses élèves le court métrage La Brigade Bovesse, en 2019, pour commémorer les 75 ans de son décès.

Politicien populaire

La biographie commence donc en 1929, année durant laquelle le député libéral est à nouveau candidat aux élections législatives. Il y connaît un triomphe : 3089 voix, soit 58,4 % des votes libéraux namurois. Il peut donc encore siéger à la Chambre des représentants. Deux ans plus tard, il est nommé ministre des PTT (postes, téléphones et télégraphes), marquant ainsi son entrée au sein d'un gouvernement.

Lors des élections législatives de mai 1936, plus de 2500 Namurois restent fidèles à Bovesse, contre une petite centaine de votants pour Rex. Un sacré revers pour le parti d'extrême droite dirigé par Léon Degrelle, qui a multiplié les injures et propos calomnieux envers son rival pour le discréditer.

Et lorsque François Bovesse est à nouveau désigné ministre de la Justice, c'est encore l'humiliation pour le candidat rexiste qui rêvait du poste.

Les dernières années

Lassé de cette expérience politique, François Bovesse choisit de revenir à ses racines en devenant gouverneur de la province de Namur, en 1937. C'est sous cette casquette qu'il va œuvrer lorsque le spectre d'une Seconde Guerre mondiale se profile.

Farouchement hostile à l'occupant allemand et défenseur de la démocratie, il est assassiné à son domicile par des collaborateurs rexistes, le 1er février 1944, sous les yeux de son épouse. "Dans mon livre, j'ai essayé de redonner une place à Madame Bovesse, dont on ne parle jamais", explique Annie Delfosse.

Ouvrage didactique

Pour guider les jeunes lecteurs, l'autrice a pris le parti d'une écriture inclusive avec l'usage du "tu". En outre, des notes de bas de page permettent d'expliquer certains mots de vocabulaire difficiles.

Un exercice auquel Annie Defosse est rompue : "Par le passé, j'ai beaucoup vulgarisé en écrivant pour les magazines scolaires Dauphine et Tremplin". Elle a également écrit deux livres documentaires pour les enfants, La Forêt (Casterman 2002) et Le Carnet du randonneur (Milan 2004).

"Il faut tuer Bovesse !", Les Éditions Namuroises, 107 p., 10 €.

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