Android, du HTC Dream à Android 17, l’OS a mûri sans changer d’âme
Tech Image d'illustration. Android a mûri sans renier ses bases. — ADN Du HTC Dream bricolé de 2008 à Android 17, l’OS de Google a tout professionnalisé. Sans effacer les idées fondatrices qui ont fait ...
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Du HTC Dream bricolé de 2008 à Android 17, l’OS de Google a tout professionnalisé. Sans effacer les idées fondatrices qui ont fait décoller son écosystème.
En bref
- Android reste fidèle à ses bases
- Le premier modèle était brut et maladroit
- L’écosystème a gagné en puissance, perdu en liberté
Ce qui frappe, seize ans plus tard, ce n’est pas seulement la métamorphose de Android. C’est le nombre d’idées posées dès 2008 qui structurent encore le marché mobile. L’habillage a changé, les usages aussi, mais le socle, plateforme ouverte aux constructeurs, boutique d’apps, notifications, était déjà là.
Le pari défensif qui a lancé la machine
Chez Google, Android n’est pas né comme un plan tranquille. L’entreprise rachète le projet et Andy Rubin en 2005 pour environ 46 millions d’euros (50 millions de dollars), alors que le logiciel visait au départ les appareils photo. Puis l’iPhone de Apple débarque en 2007 et déclenche l’alerte. N’oubliez pas d’écouter le podcast de 135 grammes sur le sujet : Android en coulisse : l’histoire d’un OS open source
Résultat, Google monte l’Open Handset Alliance avec plusieurs poids lourds du mobile pour accélérer. L’enjeu, déjà, dépassait le simple smartphone. Il s’agissait de bâtir un contrepoids industriel face à Apple, mais aussi face à RIM et Microsoft.
Le HTC Dream, prototype commercial plus que produit fini
Le premier visage public de Android, c’est le HTC Dream, vendu aux États-Unis sous le nom T-Mobile G1. Et franchement, on a vu plus séduisant. Un bloc plastique épais, un écran coulissant, un clavier QWERTY physique et ce fameux menton sous l’écran qui compliquait la frappe au pouce.
HTC avait pourtant mobilisé 50 ingénieurs installés en Californie pour le concevoir avec Google. Mais ce mobile n’avait pas besoin d’être élégant. Il devait prouver qu’un autre écosystème était possible, vite, avant que le marché ne se ferme.
Android 1.0 avait des trous, mais déjà un vrai cap
Le lancement avec Android 1.0 Cupcake, ensuite mis à jour jusqu’à 1.6 Donut, ressemblait à un chantier prometteur. Pas de clavier virtuel au départ. Pas de copier-coller non plus. Le multitouch, pourtant central sur l’iPhone, manquait encore.
Mais il y avait l’essentiel. L’Android Market, futur Google Play Store, montrait que Google avait compris très tôt la valeur des développeurs tiers. Et la barre de notifications, tirée depuis le haut de l’écran, était déjà remarquablement juste. Tellement juste que l’iPhone finira par reprendre le principe.
Android 17, plus solide, moins joueur
Aujourd’hui, entre un Google Pixel 11 Pro et un Samsung Galaxy S26 Ultra, on parle toujours d’Android, mais pas du même rendu logiciel. Cette diversité, nourrie aussi par LG, Sony, Motorola ou Xiaomi, a fait la force commerciale de l’OS. Avec en plus des écrans OLED rapides, loin de la dalle LCD 3,2 pouces du T-Mobile G1.
En 2012, Google lance Project Butter pour corriger la réputation d’interface saccadée. Depuis, l’écosystème s’est densifié avec le RCS chiffré de bout en bout dans Google Messages, Quick Share et l’intégration montre via WearOS.
Mais il y a le revers. Google contrôle davantage l’avenir logiciel, et des acteurs comme Samsung verrouillent les bootloaders. Le jack, l’émetteur IR ou le lecteur SD ont souvent disparu. Android est plus mature, plus utile pour presque tout le monde. Et, quand même, un peu moins amusant pour les bidouilleurs.
Christophe Romei
Spécialiste Tech
Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005
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