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Andenne : une enquête citoyenne sur l’avenir d’Anton

La campagne d'Anton fait l'objet d'une enquête citoyenne qui a commencé ce samedi 15 août et se déroule jusqu'au 30 septembre. L'ASBL Touche pas à ma campagne, à l'initiative de celle-ci, invite les citoyens à s'exprimer en masse durant ce mois et demi.

Les défenseurs de la campagne d'Anton, une plaine de 50 hectares à l'ouest d'Andenne composée de terres agricoles, de prairies, de zones humides et d'un petit bois, lancent une "enquête citoyenne", pour permettre aux habitants de s'exprimer sur l'avenir de ce vaste écrin de nature et, plus largement, sur leur cadre de vie.

Rappelons que la Ville envisage d'urbaniser la zone avec des immeubles de logements, des services publics (bâtiments administratifs, écoles, crèche, etc.), une extension du centre sportif Andenne Arena et des infrastructures culturelles et de loisirs.

Il faut compter entre 10 et 15 minutes pour répondre à l'enquête, mais le jeu (ou plutôt l'enjeu) en vaut la chandelle, selon l'ASBL Touche pas à ma campagne (TPMC), à l'initiative de ce sondage.

Ses membres veulent retaper sur le clou. "Malgré les fortes réactions lors de l'enquête publique de 2024 et malgré le fait que le SOL (Schéma d'orientation local) n'avait pas été voté, le projet a été réintégré tel quel par la Ville dans le SDC (Schéma de développement communal) qui devrait être validé d'ici 2028-2029 ou en tout cas avant 2030, s'inquiète Dominique Eubelen, un des administrateurs de TPMC. Or, une fois que ce sera validé, un promoteur pourra lancer les constructions et nous n'aurons plus de marge de manœuvre."

La volonté de l'ASBL est notamment de réveiller la conscience des citoyens qui pensent que ce projet ne se réalisera jamais. "Certains nous disent: "Ça fait vingt ans qu'on en parle et on ne voit rien venir" ou ils estiment qu'ils ne seront de toute façon plus là quand ce sera fait", indique Dominique Eubelen.

Or, l'éventualité d'urbanisation de ce poumon vert situé aux portes de la ville est bien réelle, selon les membres de TPMC.

"Il faut dire aussi que la Ville a tout fait pour que la population ne se réveille pas en donnant le moins d'informations possible", affirme Vinciane Charlet, une des administratrices de l'ASBL.

D'où l'élaboration de cette enquête par les membres de TPMC pour prendre le pouls au sein de la population, réexpliquer ce qu'est la campagne d'Anton, détailler le projet qui y est prévu et rappeler l'intérêt de la préserver.

"L'enquête est forcément orientée. Mais les citoyens qui y répondent peuvent aussi bien dire qu'ils sont en faveur de l'urbanisation. C'est un risque que l'on prend, mais au moins ça montre qu'on est honnête dans notre démarche", ajoute Vinciane Charlet.

"Ça dépasse la simple pétition, relève encore Dominique Eubelen. Il y a des questions à choix multiples et des questions ouvertes où les citoyens peuvent rédiger un texte pour vraiment avoir voix au chapitre."

L'ASBL TPMC lance une enquête sur la campagne d'Anton
La campagne d'Anton est une zone de 50 ha composée de terres agricoles, de prairies, de zones humides et d'un petit bois. ©EDA

Un enjeu plus large

Les réponses à cette enquête seront révélées à l'automne prochain par les membres de l'ASBL TPMC en présence d'experts et d'élus de la Ville d'Andenne.

À plus long terme, les membres de Touche pas à ma campagne imaginent la tenue d'un groupe de travail basé sur les résultats de cette enquête, qui permettrait de plancher sur un projet alternatif à ce qui a été proposé par la Ville.

Une des questions de l'enquête interroge d'ailleurs les citoyens sur les aménagements qui pourraient être réalisés à Anton si un projet de mise en valeur de ses qualités naturelles était mis en place: y ajouter des sentiers de promenade, l'utiliser pour de l'agriculture urbaine, créer une zone inondable sauvage, augmenter la surface boisée, replanter des vergers…

Pour les défenseurs d'Anton, la protection de cet écrin naturel constitue aussi un argument pour attirer de nouveaux habitants en quête d'une ville plus verte.

Au-delà de la seule campagne d'Anton, l'enjeu est aussi plus général. "Nous espérons toucher non seulement les Andennais bien sûr, puisque ce sont les premiers concernés, mais également les personnes sensibles au climat et à l'environnement. C'est notre pierre à l'édifice dans le cadre d'un problème bien plus grave, poursuivent Dominique Eubelen et Vinciane Charlet. En tant qu'Andennais, on peut limiter l'impact du réchauffement climatique en faisant en sorte qu'il reste un peu de nature. Anton reste la dernière zone de nature horizontale dans le bassin d'Andenne, la dernière zone de fraîcheur pour notre ville."

Ils espèrent donc qu'un maximum d'Andennais seront de leur côté. Ceux-ci ont jusqu'au 30 septembre pour s'exprimer.

Enquête disponible via la page Facebook de l'ASBL et touchepasamacampagne.be


"Une deuxième ville"

Des gens se sont déjà battus pour préserver la campagne d'Anton qui, rappelle l'ASBL TPMC, est un refuge pour la faune (chevreuils, blaireaux, renards, pics noirs, etc.).

Au début des années 70, elle a été évoquée comme site potentiel pour implanter une centrale nucléaire. L'idée a généré une mobilisation citoyenne massive. En 1978, un référendum a conduit à l'abandon du projet.

L'ASBL craint à présent "une deuxième ville dans la ville" puisque la surface de la plaine d'Anton, où le projet s'étendrait, est similaire à celle du centre-ville actuel.

L'ASBL dénonce des effets néfastes sur la qualité de vie, la mobilité déjà problématique, les commerces du centre-ville déjà en difficulté qui entreraient en rivalité avec ceux d'Anton…

Elle espère donc que ce trésor naturel ne sera pas sacrifié sur l'autel de la croissance.

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