Amputé de la jambe à 18 ans, Julien veut désormais boucler l’UTMB: “Le sport m’a permis de me reconstruire après mon accident”
Amputé de la jambe droite à la suite d'un accident du travail, le Français Julien Veysseyre prendra le départ de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc le 28 août 2026 avec un objectif inédit: devenir le premier athlète amputé tibial à boucler l'épreuve reine de 176 kilomètres autour du Mont-Blanc.
Le 28 août prochain, parmi les quelque 2.300 coureurs qui s'élanceront de Chamonix pour l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, un dossard attirera particulièrement l'attention. Celui de Julien Veysseyre. Amputé de la jambe droite sous le genou depuis l'âge de 18 ans, le Français tentera d'écrire une page de l'histoire de l'ultra-trail en devenant le premier athlète amputé tibial à rallier l'arrivée de l'UTMB.
Son parcours dépasse largement le cadre sportif. Victime d'un grave accident du travail à la fin de son adolescence, Julien Veysseyre a vu sa vie basculer en quelques instants. Il explique avoir longtemps eu du mal à accepter son handicap, avant que le sport ne devienne le moteur de sa reconstruction.
"Le sport m'a permis de me reconstruire après mon accident, d'accepter mon handicap et d'en faire une force", confie-t-il. "L'UTMB, c'est aujourd'hui un défi immense, à l'issue incertaine, mais surtout une façon de montrer que les limites qu'on croit subir sont bien souvent celles qu'on s'impose soi-même."
Un message au-delà du défi
Avant de se tourner vers le trail, Julien Veysseyre s'est illustré en para cross-triathlon. En 2023, il est devenu champion du monde de la discipline, qui combine natation, VTT et course à pied. Un titre qui lui a donné la confiance nécessaire pour viser encore plus haut.
Depuis, il s'est consacré entièrement à l'ultra-endurance, allant jusqu'à quitter son emploi dans les ressources humaines afin de préparer son projet. Après une montée en puissance progressive, marquée notamment par une participation à la CCC en 2025, il a enchaîné cette année le Grand Raid Ventoux, le Marathon du Mont-Blanc et plusieurs courses de préparation afin d'affiner son matériel et sa stratégie avec sa prothèse.

Au-delà de la performance, le Français souhaite faire évoluer le regard porté sur le handicap dans les sports d'endurance. Père de deux garçons de 4 et 8 ans, il espère également les retrouver à l'arrivée, au terme des 176 kilomètres et 10.000 mètres de dénivelé positif de l'épreuve.
"Si mon histoire peut donner de l'élan à d'autres, en situation de handicap ou non, alors ce projet aura déjà toute sa raison d'être", conclut celui qui sait que terminer l'UTMB constituerait déjà un exploit, bien avant toute considération chronométrique.