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Amours étudiantes (3/4) : “On a fait nos choix d’orientation chacun de notre côté”

L'ÉTÉ DE L'ETUDIANT. Cet été, l'Etudiant s'intéresse aux amours des étudiants. Au moment de formuler leurs vœux sur Parcoursup, certains lycéens ont dû faire un choix auquel ils ne s'attendaient pas : privilégier leurs études ou préserver leur histoire d'amour.

Témoignage

L'ÉTÉ DE L'ETUDIANT. Cet été, l'Etudiant s'intéresse aux amours des étudiants. Au moment de formuler leurs vœux sur Parcoursup, certains lycéens ont dû faire un choix auquel ils ne s'attendaient pas : privilégier leurs études ou préserver leur histoire d'amour.

Certains couples ont dû choisir choisir entre études et vie de couple.
Certains couples ont dû choisir choisir entre études et vie de couple.
© Adobe Stock/Artification

Les premières amours arrivent souvent au même moment que les premiers grands choix d'orientation. À 17 ou 18 ans, difficile de savoir si une relation survivra à la distance ou si une voie d'études ouvrira réellement les portes espérées.

Entre envie de construire son avenir et peur de perdre la personne qu'on aime, Alexiane, Amandine, Camélia et Eléa ont dû arbitrer.

Des histoires nées avant Parcoursup

Amandine et son compagnon se connaissent depuis 10 ans. "On s’est rencontrés sur le jeu Minecraft. Au début, on parlait sur TeamSpeak puis Discord", raconte-t-elle. Après le confinement, leur relation se transforme en histoire d'amour alors qu’ils vivent encore dans deux pays différents : elle en Belgique, lui en France.

Pour Camélia, l’histoire commence sur les bancs du lycée. Tous deux sont internes à Aix-en-Provence (13) et se rencontrent en 2de. Leur relation dure déjà deux ans et demi lorsqu’arrive le moment des choix sur Parcoursup. Pour autant, "on a fait nos choix d’orientation chacun de notre côté" explique la jeune femme.

Alexiane rencontre son compagnon alors qu’elle commence ses études au conservatoire. "J’avais 18 ans et je venais de faire ma rentrée." Alors qu’elle prévoit de reprendre des études en plus du conservatoire l’année suivante, lui envisage de déménager dans le sud de la France.

Des projets d’études bouleversés par les sentiments

Pour Eléa, l’histoire est celle d’un premier amour. "Quand j’ai fait mes vœux Parcoursup, ça faisait trois mois qu’on était ensemble et ça se passait bien." Elle imagine difficilement construire son avenir sans prendre en compte son couple. Alors qu’elle envisageait d’étudier dans le Pays basque, elle choisit finalement de limiter ses vœux à Tours (37) pour rester proche de son copain. "J’étais dans une forme de dépendance affective. Je ne pouvais pas partir loin de lui", reconnaît-elle aujourd’hui.

Alexiane aussi, a fait passer son couple avant ses envies. Alors qu’elle fait principalement des vœux dans les Hauts-de-France en BTS comptabilité, elle décide finalement de rejoindre son petit ami dans le Sud mais elle est en liste d’attente dans les quelques vœux qu’elle a faits dans sa nouvelle région.

Même choix pour Amandine qui traverse la frontière belge pour rejoindre son copain à Limoges (87). Alors qu’elle envisageait, en Belgique, de suivre une formation dans l’agroalimentaire pour devenir soigneuse animalière, elle met de côté ses rêves et prend un emploi à son arrivée en France pour financer ses équivalences de diplômes. "Ça représentait une centaine d’euros mais je voulais aussi prendre le temps de m’installer, faire toutes les démarches administratives donc j’ai pris une année de césure pour faire tout ça."

Camélia, au contraire, refuse de renoncer à son projet par amour. Son objectif : intégrer une formation en droit, même si cela signifie quitter le Sud. Sans trop y croire, elle candidate à une université parisienne. "Comme j’avais très peu de chances d’être acceptée dans cette fac, je n’en ai parlé à personne", explique la jeune femme.

De gauche à droite : Elea, Amandine et Alexiane.
De gauche à droite : Elea, Amandine et Alexiane.
© Photos fournies par les témoins

Les réponses Parcoursup : le moment où tout devient concret

Pourtant, au moment de l’envoi des propositions d’admission sur Parcoursup, elle est admise à Paris (75). "Je savais que c’était une opportunité importante pour moi." Elle n’hésite pas et accepte la proposition d’admission. "Je me suis dit : un diplôme, je l’aurai toute ma vie, alors qu’une relation peut évoluer."

Son compagnon la soutient : "Il m’a dit : 'Fonce, poursuis tes rêves !' Même si je n’attendais pas sa validation, j’avais besoin qu’il m’encourage." Sans envisager de rupture, "on s’est dit qu'on se laissait une chance avec la relation à distance, ça marche pour certains, alors pourquoi pas pour nous".

Mais les débuts sont difficiles. À Paris, Camélia se sent isolée et connaît des difficultés universitaires. "J’ai regretté par moments. Je me disais que j’avais tout quitté pour rien." Mais son couple résiste. "On s’appelait tous les jours. Il me faisait réviser tous les soirs et m’a aidée à remonter la pente."

Pour Alexiane aussi la situation se complique dans le Sud. Elle n’obtient finalement aucune proposition sur Parcoursup. "Au cours de l’été, j’ai compris que je n’aurais pas de place." Sans soutien émotionnel de la part de son copain, elle abandonne alors ses études et travaille à temps plein. "Je me sentais très mal. Je pensais que c’était la bonne personne, j’ai foncé tête baissée et j’ai complètement oublié mes objectifs. Si j’avais su, je ne serais jamais partie."

Eléa réalise également que ses choix ont été influencés par une relation qui ne durera finalement pas. "Quelques semaines après la clôture des vœux sur Parcoursup, j’ai appris des choses sur mon couple qui l’ont mis en péril. Je me suis rendue compte que j’avais fait une grosse erreur en privilégiant mon avenir avec lui plutôt que mes études."

Leçons de vie

Aujourd’hui, Amandine s'est séparée de son copain. Après deux années ratées à l’université, elle poursuit une formation d’assistante vétérinaire tout en travaillant et reste partagée sur son choix. "Je regrette un peu. Je me dis parfois que si j’étais restée en Belgique, j’aurais peut-être déjà commencé ma vie professionnelle." Mais elle avance désormais avec un projet qui lui ressemble davantage.

Camélia, elle, ne regrette plus son départ d'Aix-en-Provence. Après deux ans passés à Paris, elle poursuit ses études à Barcelone. "Au niveau scolaire, ça se passe beaucoup mieux, je me sens plus détendue." Et son couple, lui, a résisté aux kilomètres.

Quant à Eléa, elle garde encore une interrogation sur ce qu’aurait pu être sa vie dans le Pays basque. Mais aujourd’hui, elle se sent à sa place après avoir intégré un BTS en alternance. De nouveau amoureuse, elle reconnaît toutefois que "les choix faits par amour, il faut se méfier. Surtout à nos âges, on ne sait pas si ça va durer toute la vie".

Même leçon de vie pour Alexiane qui reprend ses études après plusieurs années difficiles et un retour dans le nord de la France. Aujourd’hui, elle prépare un BTS diététique et travaille dans une salle de sport. Si elle garde des regrets, elle en retire aussi un enseignement : "Ces deux années m’ont forgée. Aujourd’hui, je sais que je me placerai toujours en priorité."