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Amiens : un concert de Barbara Butch annulé, France Palestine Solidarité crie « victoire »

La DJ Barbara Butch, déjà ciblée à Grenoble en juillet, voit son concert du 19 septembre annulé à Amiens. La salle La Lune des Pirates invoque la sécurité, après un appel au boycott de l’Association France Palestine Solidarité revendiqué mercredi 9 septembre.

Une soirée de musique électronique à Amiens au cours de laquelle devait se produire la DJ Barbara Butch a été annulée en raison d’« éléments contextuels » selon les organisateurs, l’association France Palestine Solidarité (AFPS) revendiquant mercredi 9 septembre une « victoire » après un appel au boycott.

« Les conditions nécessaires à la sécurité et à l’accueil du public ne sont plus réunies », a justifié la salle de concert amiénoise La Lune des Pirates, qui avait programmé trois artistes dont la DJ Barbara Butch le 19 septembre. « L’appel au boycott a fonctionné, le concert est annulé », a réagi la section amiénoise de l’AFPS sur Instagram. Cette annulation est « inacceptable », s’est indignée sur X le président LR de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.

« On ne choisit pas les artistes qui ont le droit de monter sur scène en fonction de leurs opinions, de leur religion ou des combats qu’on leur prête. En France, ce ne sont pas les intimidations politiques qui doivent faire la programmation culturelle », a-t-il ajouté.

Une artiste déjà dans le viseur

« Importer des conflits géopolitiques pour intimider une artiste (…) est une dérive démocratique majeure et préoccupante, » a renchéri le vice-président LR de la métropole d’Amiens Pierre Savreux. Barbara Butch, militante queer, est la cible d’attaques régulières sur son orientation sexuelle ou son poids depuis qu’elle a été l’un des visages de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024.

Son concert à Grenoble le 18 juillet, cible d’un appel au boycott notamment de la part de l’antenne grenobloise de La France insoumise, avait été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes par des « jets de projectiles », selon la mairie de Grenoble qui a annoncé porter plainte.

Les militants reprochaient à la DJ, de confession juive, sa participation en 2025 à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, et d’avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », contestée et retirée depuis.

Dans la foulée, la ministre de la culture Catherine Pégard avait annoncé fin juillet l’envoi de deux circulaires destinées aux préfets et aux magistrats du siège pour renforcer l’application des sanctions contre le délit d’entrave à l’expression artistique.