Ikea France annonce supprimer 303 postes et prévoit de créer 100 nouveaux
Ikea France prévoit la suppression de 303 postes, principalement dans ses services administratifs et à son siège. Face à un marché en recul, la direction promet 100 créations d’emplois en parallèle, mais se heurte à la colère des syndicats
20 Minutes avec AFP
Publié le 19/10/2026 à 20h46 • Mis à jour le 19/10/2026 à 20h46
Face à « une concurrence toujours plus forte » et un marché de l’ameublement en berne après l’embellie post-Covid, le géant suédois Ikea a annoncé ce lundi engager un plan de transformation en France. Ce projet prévoit de supprimer « potentiellement un maximum de 303 postes », dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), tout en prévoyant la création de 100 nouveaux postes « pour renforcer les expertises essentielles au développement de l’entreprise ».
La restructuration cible en priorité le siège social, situé en région parisienne, ainsi que les fonctions administratives des structures françaises de la marque, qui compte 38 magasins, dix ateliers et cinq dépôts. D’après la CFDT, syndicat majoritaire de l’entreprise qui emploie plus de 12.000 personnes dans l’Hexagone, le projet prévoit précisément la suppression de 164 postes, le redéploiement d’une centaine d’autres et la modification par avenant d’« une quarantaine » de contrats de travail.
Colère et inquiétude du côté des syndicats
L’annonce passe mal auprès des représentants du personnel, alors qu’Ikea France a réalisé un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros sur son exercice décalé 2024-2025. Abdel Mekki, délégué central CFDT, qualifie cette décision de « paradoxale » au vu de la santé économique de l’entreprise.
« Ce plan va principalement toucher les secteurs administratif, de la comptabilité et des ressources humaines », précise le syndicaliste. Il fustige « l’immobilisme » de la direction face à l’essor des technologies numériques et de l’intelligence artificielle. « On pense que c’est un premier jalon avant d’autres suppressions violentes », alerte Abdel Mekki. Du côté de la CGT, le délégué syndical central Roger Pouilly dénonce quant à lui une décision « fort de café ».
Le dossier Ikea
Ce projet intervient dans un climat social tendu. En juillet 2025, plusieurs centaines de salariés avaient débrayé pour protester contre la « dégradation du dialogue social » et réclamer des améliorations sur les salaires et les conditions de travail. La direction d’Ikea a indiqué que le processus de négociation avec les partenaires sociaux, ouvert ce lundi, doit se poursuivre jusqu’en mars 2027. La prochaine réunion d’échange est fixée au début du mois de novembre.