Alsace. Méfiez-vous du retour des cyanobactéries dans les lacs vosgiens
Les cyanobactéries sont ces microbes qui transforment des plans d’eau accueillants, en particulier des lacs de montagne, en destinations bariolées, peu ragoûtantes et même dangereuses. Phénomène naturel, les bl...
Les cyanobactéries sont ces microbes qui transforment des plans d’eau accueillants, en particulier des lacs de montagne, en destinations bariolées, peu ragoûtantes et même dangereuses. Phénomène naturel, les blooms ou efflorescences de cyanobactéries se manifestent souvent en été, alors qu’elles ne dépendent pas principalement de la chaleur.
J.-F.O. -
Aujourd’hui à 06:48 | mis à jour aujourd’hui à 07:30
- Temps de lecture :
Qu’est ce qui fait qu’un agréable petit lac de montagne se transforme en un piège potentiellement mortel ? Des micro-organismes présents depuis des milliards d’années sur la planète, auxquels nous devons l’oxygène que nous respirons, sont la cause de ces métamorphoses incongrues. Le phénomène des blooms de cyanobactéries est presque vieux comme le monde. Chaque année, il se vérifie dans des milieux particulièrement sensibles à ce phénomène naturel. Selon le syndicat Rivières de Haute Alsace (RHA), qui effectue des contrôles réguliers sur les eaux des lacs vosgiens, au début du mois de juillet les lacs de Neuweiher, du Schiessrothried, le lac Vert ainsi que le lac du Forlet (ou des Truites) avaient pris les couleurs caractéristiques des blooms. Soit les sites généralement les premiers exposés aux cyanobactéries.
Les cyanobactéries n’apparaissent pas que dans les lacs des Hautes Vosges. Comme ici Saverne et son port de plaisance à l’été 2024. Photo Olivia Kouassi
Le taux de phosphore principal responsable
Les canicules à répétition de ces dernières semaines pourraient inciter à faire le lien entre chaleur et explosion de cyanobactéries. La chaleur n’est toutefois pas la première cause de leurs efflorescences bien que se matérialisant surtout en été. C’est au contraire le taux de phosphore présent dans l’eau qui alimente ces mécanismes. L’apport de phosphore est lié à l’eutrophisation de l’eau. Il s’agit de l’apport d’éléments organiques issus de l’érosion, de la proximité de cultures amendées, de sorties d’égouts ou de dépôts de végétaux ainsi qu’à la géologie du site, de plus en plus suspecté d’être le principal facteur selon les premières conclusions de l’étude menée par la Fédération de pêche du Haut-Rhin sur les lacs vosgiens.
Le lac Vert, un grand habitué des efflorescences de cyanobactéries. Photo Veronique Berkani
La présence de cyanobactéries, souvent révélée par la coloration de l’eau mais pas systématiquement, représente un risque non négligeable pour l’humain et pour les animaux. Si des panneaux rouges, avertissant de leur présence, sont déployés aux abords d’un plan d’eau, il est recommandé de ne chercher aucun contact avec l’élément aqueux, en particulier au bord du plan d’eau. Les cyanotoxines qu’elles produisent ont déjà été responsables de la mort d’animaux de compagnie, de chiens par exemple. Pour l’instant, aucun accident n’a été à déplorer récemment dans le massif vosgien.