Alsace. Disparition de Philippe Bouvard : les racines alsaciennes de l’ex-animateur des « Grosses Têtes »
Vu d’Alsace, on se souvient que l’animateur des « Grosses têtes » s’était copieusement moqué de l’opération ‘‘Strasbourg mon amour’’. Ses racines alsaciennes sont moins connues. ...
Vu d’Alsace, on se souvient que l’animateur des « Grosses têtes » s’était copieusement moqué de l’opération ‘‘Strasbourg mon amour’’. Ses racines alsaciennes sont moins connues.
Catherine Piettre -
Aujourd’hui à 19:32 | mis à jour aujourd’hui à 20:18
- Temps de lecture :
Cela devait être le fer de lance du lancement en 2013 de ‘‘Strasbourg mon amour’’, opération de promotion de la capitale alsacienne autour de la Saint-Valentin : un menu romantico-gastronomique à 69 € , comme l’année érotique de Gainsbourg et Birkin. Las, l’équipe des « Grosses têtes » la passa grassement au tamis , se payant au passage la tête de l’adjoint au tourisme de l’époque, Jean-Jacques Gsell.
Une mère et une grand-mère adoptive alsaciennes
L’animateur vedette de l’émission de RTL avait pourtant des attaches en Alsace. S’il doit son nom à un géniteur qui l’a abandonné le jour de sa naissance, Philippe Bouvard a « grandi dans les jupes de sa mère », comme il l’a confié à nos confrères de Gala en 2014. Née dans le 9e arrondissement de Paris, Andrée Gensburger, opticienne de métier et pianiste à ses heures, était d’origine juive alsacienne. Son grand-père paternel Emmanuel Gensburger, né à Cernay, s’était installé à Paris comme beaucoup d’optants alsaciens après la guerre franco-allemande de 1870.
En 1939, alors que Philippe Bouvard a 9 ans, Andrée Gensburger se marie en secondes noces avec un coreligionnaire, le tailleur Jules Luzzato, que Philippe Bouvard considérera comme son vrai père. La mère de Jules – et donc grand-mère adoptive de Bouvard – Fanny Weil est née en 1882 à Dambach-la-Ville, où son grand-père a été rabbin. Elle sera déportée avec son mari Sigismond Luzzato à Drancy puis à Auschwitz, où ils seront assassinés en août 1944.
Leur fils Jules est arrêté par la Gestapo en 1942 pour avoir fourni des habits civils à des déserteurs allemands. Il sera libéré grâce à l’entregent d’un ami de sa femme, Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Grande mosquée de Paris et résistant. La famille de Philippe Bouvard (Jules et Andrée Luzzato auront ensemble deux filles, demi-sœurs du journaliste) survivra à l’occupation allemande en se cachant et en déménageant à de nombreuses reprises pendant la guerre.