Un Allemand accusé de viols en série, filmés et par soumission chimique
20 Minutes avec AFPPublié le 14/07/2026 à 12h26 • Mis à jour le 14/07/2026 à 14h48Un effroyable scandale de soumission chimique secoue l’Allemagne. Un habitant de Berlin âgé de 68 ans a été mis en accusation po...
20 Minutes avec AFP
Publié le 14/07/2026 à 12h26 • Mis à jour le 14/07/2026 à 14h48
Un effroyable scandale de soumission chimique secoue l’Allemagne. Un habitant de Berlin âgé de 68 ans a été mis en accusation pour avoir administré des substances à de nombreuses femmes afin de les violer et de filmer les agressions à leur insu. Les victimes présumées ont découvert la réalité de ces abus uniquement lorsque les enquêteurs les ont informées de l’existence des enregistrements vidéo.
L’enquête a débuté à la suite d’un signalement de la police de Verden an der Aller, une commune de 30.000 habitants située dans le nord du pays. Les forces de l’ordre locales travaillaient depuis début 2025 sur un suspect poursuivi pour des faits similaires, entre-temps décédé. C’est en analysant l’activité numérique de ce dernier que les policiers sont remontés jusqu’au sexagénaire berlinois.
Des dizaines de victimes potentielles
Une première perquisition au domicile du suspect en mars 2025 a permis la saisie de matériel informatique, avant qu’une seconde opération menée en février 2026 ne mène à la découverte de dizaines de vidéos d’agressions sexuelles. L’homme a finalement été interpellé en mars 2026.
Au total, le parquet de Berlin a recensé 58 victimes présumées. Pour l’heure, l’acte d’accusation cible 22 viols et des faits de lésions corporelles graves commis à l’encontre de 14 femmes. Les investigations se poursuivent activement pour identifier dix autres victimes visibles sur les vidéos et caractériser les faits pour trente autres dossiers en suspens.
Le débat sur la prescription relancé
Le suspect opérait selon un mode opératoire précis, mélangeant de puissants somnifères à des boissons alcoolisées pour plonger ses cibles dans l’inconscience. Par ailleurs, le parquet a dû classer 36 autres soupçons de viols commis entre 2010 et 2014 sur une même femme en raison des règles de prescription allemandes. Faute de pouvoir prouver que l’administration de substances constituait une violence physique au sens juridique - ce qui aurait étendu le délai à vingt ans –, ces faits sont tombés sous le coup de la prescription de cinq ans.
Cette décision ravive les tensions nationales sur la prescription des violences sexuelles commises sur des personnes inconscientes, un sujet déjà brûlant depuis le classement en novembre 2025 de l’affaire Claudia Wuttke. En France, ce dossier fait inévitablement écho à l’affaire Dominique Pelicot, dont l’ex-épouse Gisèle Pelicot est devenue une figure planétaire de la lutte contre la soumission chimique.