Très large victoire de l’extrême droite à l’élection régionale en Allemagne
Annoncé favori, le parti d’extrême droite d’Ulrich Siegmund a remporté l’élection haut la main ce dimanche. Un score fleuve qui ne suffira peut-être pas à diriger la Saxe-Anhalt, ce Land d’ex-Allemagne de l’Est
20 Minutes avec AFP
Publié le 06/09/2026 à 18h38 • Mis à jour le 06/09/2026 à 18h50
C’est le meilleur score de son histoire à une élection régionale. Ce dimanche, le parti d’extrême droite allemande, l’AfD, arrive largement en tête des élections en Saxe-Anhalt selon des estimations de l’audiovisuel public. Elle doit toutefois encore attendre pour savoir son score suffit à diriger ce Land d’ex-RDA. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), formation antimigrants, russophile et pro-Trump, est devenue aux législatives de 2025 le premier parti d’opposition du pays.
Avec entre 44 et 44,5 %, l’Alternative pour l’Allemagne devance largement les conservateurs (CDU) qui obtiendraient 18,5 %, selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote pour les chaînes ARD et ZDF. Si ces scores se confirment lors du décompte, la droite radicale obtiendrait 39 sièges au parlement régional, alors qu’il en faut 42 pour la majorité absolue. Un camouflet pour le chancelier conservateur Friedrich Merz.
L’AfD a « écrit l’Histoire » selon son chef de file
Malgré l’incertitude sur sa possibilité ou non de diriger le Land d’ex-RDA, l’extrême droite, a « écrit l’Histoire » selon Ulrich Siegmund le chef régional de l’AfD, un nostalgique de l’Allemagne de l’Est. « Nous avons besoin d’un changement politique fondamental dans ce pays, avec une politique qui s’occupe enfin à nouveau de nos propres intérêts, de notre propre pays », a-t-il déclaré après l’annonce des premières estimations.
Cette victoire en Saxe-Anhalt pourrait prendre une dimension encore plus historique si l’AfD rafle la majorité absolue des élus, car jamais depuis 1945 une formation de droite radicale n’a dirigé de région allemande.
Les autres formations sont très loin. Les sociaux-démocrates (SPD), la gauche radicale Die Linke et les Verts tournent autour de 9 %. Une formation de gauche prorusse, le BSW, attend de savoir si elle passe la barre des 5 % nécessaire pour être représentée.
Faute de partis prêts à s’allier avec l’AfD, seule une majorité absolue au parlement régional garantit à Ulrich Siegmund de diriger cette région pauvre d’ex-RDA de 2,1 millions d’habitants. A moins de débaucher dans d’autres camps.
Expulsion d’étrangers, révision de l’Histoire et sortie de l’audiovisuel public
Votant sous les acclamations de partisans dans son fief de Tangermünde, Ulrich Siegmund, 35 ans, avait prédit que sa victoire « entraînera une recomposition du paysage politique » allemand. S’il gouverne, il a promis de multiplier les expulsions d’étrangers, de modifier les programmes scolaires d’histoire, trop centrés à son goût sur la culpabilité de l’Allemagne du IIIe Reich ou encore de sortir de l’audiovisuel public allemand, jugé anti-AfD.
Star des réseaux sociaux, le dirigeant joue aussi sur la nostalgie de la RDA de ses sympathisants qui s’estiment défavorisés par rapport à leurs cousins de l’ouest et aux migrants.