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Alba Rohrwacher, à l’affiche de “Trois Adieux” : “Interpréter Marta était à la fois douloureux et merveilleux”

L’actrice italienne, qui a tourné dans deux films français l’année dernière, joue l’héroïne du film lumineux d’Isabel Coixet, inspiré du roman de Michela Murgia et tourné à Rome. Elle nous en parle.

L’actrice italienne, qui a tourné dans deux films français l’année dernière, joue l’héroïne du film lumineux d’Isabel Coixet, inspiré du roman de Michela Murgia et tourné à Rome. Elle nous en parle.

L’actrice Alba Rohrwacher à Venise, en août 2025.

L’actrice Alba Rohrwacher à Venise, en août 2025. Photo Starpix/APA-Images via AFP

Par Frédéric Strauss

Publié le 02 septembre 2026 à 08h00

Les gens viennent lui parler en pleurant. De l’Italie à la Chine, partout où elle présenté Trois adieux, Alba Rohrwacher a rencontré des spectateurs émus aux larmes par ce film d’Isabel Coixet qui plonge avec son héroïne dans l’épreuve du cancer, pour en tirer un hymne à la vie lumineux, bouleversant. Une expérience forte que l’actrice italienne, à pied d’œuvre depuis plus de vingt ans, porte aussi magistralement qu’humblement. Peut-être est-ce là le secret de cette quadragénaire native de Florence : savoir occuper l’écran d’une manière unique, presque avec fugacité, comme si, au lieu de viser la performance, elle cherchait des ondes, des vibrations profondes. De ce talent à part, on est loin, en France, d’avoir tout vu. Mais la reconnaissance d’Alba Rohrwacher par le monde du cinéma international, on la mesure sans cesse : l’an dernier, elle siégeait dans le jury cannois présidé par Juliette Binoche, après avoir été, aux côtés de Laura Dern et Greta Gerwig, une des figures féminines du film de Noah Baumbach, Jay Kelly. Discrète et authentiquement passionnée par son métier, comme sa sœur cadette, la cinéaste Alice Rohrwacher, la blonde interprète de Trois adieux est une star à sa belle façon. Rencontre autour du film, de Rome et de la France.

Découvrir la note et la critique

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Voyage à trois

« Quand j’ai joué un personnage toute la journée, je veux pouvoir me coucher le soir en ayant le sentiment d’avoir fait un travail honnête. Je veux pouvoir me dire que j’ai pu accéder aux sentiments les plus profonds de ce personnage. Avec Marta, que j’interprète dans Trois Adieux, c’était à la fois douloureux et merveilleux. Cette femme vit une séparation, puis la maladie, mais ces épreuves lui donnent une vision nouvelle de la vie, comme si elle devenait un peu une extraterrestre, capable de comprendre la réalité humaine avec une puissance fantastique. J’avais le sentiment de porter une grande responsabilité en acceptant ce rôle, car Trois Adieux est inspiré par le livre d’une romancière qui a été très importante en Italie, Michela Murgia. Ce film est devenu un voyage avec elle et avec Isabel Coixet, une cinéaste qui sait raconter une histoire au-delà de ce qu’on voit. Ensemble, nous avons cherché l’âme de Marta, en travaillant avec délicatesse, dans la joie. »

Âme romaine

« Trois Adieux est aussi un voyage dans Rome, qui était la ville de Michela Murgia et qui est la mienne aujourd’hui. On a tourné dans le Trastevere, le quartier où j’habite. Il y a trop de touristes mais c’est très beau. Michela Murgia disait toujours des choses surprenantes et Isabel Coixet a fait un peu la même chose avec sa caméra : sa manière de filmer m’a fait découvrir une Rome inédite, à la fois poétique et authentique. Quand j’avais presque 20 ans, j’ai été acceptée au Centro sperimentale di cinematografia, à Rome, et cette école a changé ma vie. J’y ai appris mon métier d’actrice et, depuis cinq ans, c’est moi qui y supervise les cours d’art dramatique. Cela me prend beaucoup mais cela me donne beaucoup aussi. Je reconnais dans les yeux de nos élèves le désir que j’avais et je vois aussi en eux une force qui les pousse vers quelque chose de nouveau. »

Détours en France

« J’adore votre pays. La culture est partout, vous la protégez. Je suis convaincue que l’art est utile à tout le monde et j’ai le sentiment d’en voir la preuve en France. Grandir ici doit ouvrir l’esprit. L’année dernière, j’étais là souvent. J’ai tourné Bristol sous la direction de Mikhaël Hers, et j’ai retrouvé Stéphane Brizé pour Un bon petit soldat. C’est Stéphane qui m’a poussée à étudier sérieusement le français après notre premier film ensemble, Hors-saison. J’ai encore des progrès à faire mais je peux vous parler en français et je peux lire Télérama, je suis même abonnée ! »

Alba Rohrwacher en quelques dates
2014 : Les Merveilles, réalisé par sa sœur Alice Rohrwacher.
2021 : Tre piani, de Nanni Moretti.
2024 : L’Amie prodigieuse, série.
2026 : Un bon petit soldat, de Stéphane Brizé, en compétition au festival de Venise.

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