thejournalofsierraleonestudies.com

Agriculture. Production de lait : la canicule n’a pas eu les mêmes effets partout en France

« En 2022, nous avons vécu le pire, mais 2026 restera historique », estime François-Xavier Huard, président-directeur général de la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil), qui tenait ce jeudi sa co...

« En 2022, nous avons vécu le pire, mais 2026 restera historique », estime François-Xavier Huard, président-directeur général de la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil), qui tenait ce jeudi sa conférence de presse de rentrée. La Fnil représente une centaine d’entreprises, de Lactalis, Danone et Bel à des TPE familiales, et qui transforme tous les ans 11 milliards de litres de lait, soit 45 % de la production nationale de lait de vache et 38 % de celle de lait de brebis.

La courbe de production de lait a en effet décroché subitement à chaque vague de canicule, mais « au global, les pertes ne sont pas énormes ». Mi-août, la perte de production nationale était de 0,1 % par rapport à 2025, avec de « fortes disparités entre les territoires », insiste François-Xavier Huard. La Bretagne a ainsi enregistré un repli de 2,8 % par rapport à 2025, tandis que la production a augmenté de 7,7 % en Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur. De même, la production a reculé de 1 % en Bourgogne-Franche-Comté, de 0,9 % en Auvergne-Rhône-Alpes, mais a augmenté de 5,9 % dans le Grand Est par rapport à 2025, « qui avait été une mauvaise année à cause de la fièvre catarrhale ovine », précise tout de même François-Xavier Huard. Selon ce dernier, les éleveurs avaient tiré les leçons de 2022, notamment en adaptant leurs bâtiments d’élevage.

Augmenter le prix du lait ? Impossible

Mais l’année n’est pas terminée et la sécheresse se fait encore ressentir dans de trop nombreuses régions. Les associations spécialisées d’éleveurs de ruminants ont chiffré les pertes liées à l’achat de fourrage à 5,4 milliards d’euros et réclament que les industriels et les distributeurs les aident à hauteur de 2,4 milliards d’euros, notamment par une hausse du prix du lait. Cela risquerait de « menacer toute la filière », répond François-Xavier Huard. Ce dernier rappelle que les marges de l’industrie laitière sont en baisse continue depuis cinq ans, atteignant 1,1 %, contre 3 % pour le reste de l’industrie agroalimentaire.

Par ailleurs, il souligne qu’à 42,90 euros en moyenne pour 100 kg, les producteurs français sont au-dessus de la moyenne de l’Union européenne et mieux rémunérés que les Néerlandais (41,30 euros), les Allemands (40 euros) ou encore les Irlandais (38,70 euros). Le risque, à trop demander aux industriels laitiers, serait que « la crise agricole se transforme en crise agroalimentaire », alerte François-Xavier Huard, qui signale la hausse des coûts de production que doivent également supporter les entreprises à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz : « De 10 à 50 % pour les emballages plastiques, 15,6 % pour le gaz dès le mois de mai. »

« Guerre des prix »

À l’approche des négociations commerciales avec la grande distribution, il fustige une « guerre des prix » relancée, qui affichait cet été des briques de lait à moins d'un euro. « C’est cette politique des prix toujours plus bas qui détruit les entreprises familiales », affirme-t-il, citant l’exemple de Triballat, qui produit entre autres la faisselle Rians, en passe d’être rachetée par Lactalis. Son PDG, Hugues Triballat, a justifié cette cession dans une interview à La Montagne par le « rapport de force très déséquilibré » entre les grosses centrales d’achat de la grande distribution et son entreprise. Les producteurs, de leur côté, craignent que Lactalis ne baisse le prix auquel il achètera leur lait.