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Agences “harcelées d’appels”, plus d’un an de recherche, 1.200 euros par mois le studio… La galère sans fin (et qui empire) des étudiants pour se loger

Trouver un logement étudiant reste un immense défi dans de nombreuses grandes villes. En région parisienne, le loyer médian d'un studio atteint les 1.200 euros selon la plateforme d'annonces Bien Ici. Les logements privés en location concentrent la très grande majorité des biens, loin devant les...

Agences "harcelées d'appels", plus d'un an de recherche, 1.200 euros par mois le studio... La galère sans fin (et qui empire) des étudiants pour se loger

Publié aujourd'hui à 07h59

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Trouver un logement étudiant reste un immense défi dans de nombreuses grandes villes. En région parisienne, le loyer médian d'un studio atteint les 1.200 euros selon la plateforme d'annonces Bien Ici. Les logements privés en location concentrent la très grande majorité des biens, loin devant les résidences étudiantes et d'autres solutions alternatives.

Chaque année, sur le marché locatif, trouver un logement étudiant s'avère une bataille acharnée. C'est au premier arrivé, avec un bon dossier, premier servi. Et pour les autres, des semaines voire des mois de recherche, quitte à devoir trouver en parallèle une solution d'appoint.

La mauvaise nouvelle, en 2026, c'est que la situation n'a pas évolué. Voire, elle empire, que ce soit pour le logement collectif (par exemple, une résidence CROUS -Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), ou individuel privé (qui représente quant à lui 9 logements étudiants sur 10).

En région parisienne, l'un des marchés les plus tendus en France (et qui attire le plus grand nombre d'étudiants), les annonces de biens mis en location sur la plateforme SeLoger ont globalement diminué de 30% depuis 2019. Le réseau d'annonces postées par des professionnels, Bien'ici, note lui aussi un affaissement de 12,7% de l'offre de studios mis en location dans la capitale entre août 2025 et août 2026. Mais aussi de 8,3% à Aix-en-Provence, de 16,2% à Strasbourg et de 7,4% à Toulouse.

La faute aux locations de courte durée, aux logements vacants, à l’interdiction progressive de louer des passoires thermiques, mais aussi à l’absence de dispositif efficace d’incitation fiscale. Tandis que la "concurrence" des actifs vivant seuls et des cadres travaillant à la semaine à Paris vient tendre le marché.

Alors, malgré le plafonnement des loyers, les prix s’envolent, à 1.200 euros en août pour un studio parisien selon Bien’ici, contre 790 euros à Nice, 700 euros à Lyon, 680 euros à Aix-en-Provence et 646 euros à Bordeaux.

Certains investisseurs en font d’ailleurs leurs choux gras: "ils achètent un appartement ou une petite maison de ville pour 400.000 euros et le découpe en trois ou quatre chambres, y compris dans le séjour", a constaté Anthony Luxton, directeur d’un groupement de 35 agences Orpi en Île-de-France.

Lui-même, basé dans les Hauts-de-Seine, a dû organiser son calendrier de mise en location. "On poste nos annonces le week-end et on les enlève le dimanche soir pour être capable d'y répondre et ne pas être harcelés d'appels. En général, l'appartement est loué avant le mercredi suivant".

"C'est très malheureux, déplore-t-il. Des étudiants qui viennent à l'agence nous disent se loger provisoirement dans des meublés touristiques. L'une d'elle m'a expliqué chercher un logement depuis plus d'un an".

Des universités font appel à des résidences privées

Mais alors, comment loger les étudiants - dont le nombre augmente dans les universités françaises chaque année?

Du côté de l’offre privée, la concurrence est rude et se joue sur la qualité des dossiers. La garantie visale d’Action Logement, gratuite, est à ce titre un levier important à mobiliser: elle permet à des dossiers plus faibles d’obtenir une garantie solide, et aux propriétaires de se prémunir de loyers impayés, sans souscrire eux-mêmes à une garantie payante. Pour les candidats, il s'agit d'un argument à mobiliser.

Pour autant, la situation est telle qu'il est difficile de donner des conseils individuels. Les CROUS, réservés aux plus faibles revenus, manquent eux aussi de places. Comme le rapporte Le Monde, certaines universités ont par ailleurs noué des coopérations avec des plateformes privées d'annonces immobilières, moyennant des frais de réservation (qui s'ajoutent aux éventuels frais d'agence). Selon une étude de l'UFC Que Choisir, ils atteignent ou dépassent 400 euros à Lyon, Nantes, Bordeaux, Marseille et Paris.

Pénurie de petits logements

Certains parents aisés décident aussi d’investir en achetant un appartement pour leur(s) enfant(s), mais ce n’est pas sans risques. "Des personnes ont profité de la baisse des prix sur les passoires énergétiques E, F et G pour les acheter moins cher", souligne Anthony Luxton. Mais une fois les études terminées, leur remise en location peut toutefois s’avérer coûteuse, sans garantie que les biens aient gagné en plus-value.

Si le logement intergénérationnel et des solutions alternatives, comme le viager mixte, tentent aussi d’émerger, ils ne constituent pas à ce jour une offre très etoffée.

Construire des résidences étudiantes accessibles est donc essentiel, à condition de pouvoir les convertir à l’avenir : avec la chute de la natalité et le vieillissement de la population, les étudiants seront moins nombreux dans vingt ans, mais la demande de petits logements restera tout aussi forte dans l’Hexagone.

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