“Un combat pour notre survie” : l’industrie automobile prend de plein fouet les prévisions de ventes des voitures chinoises
Les constructeurs chinois ne ralentissent pas en Europe, au contraire. La part de marché de ces constructeurs a doublé en un an et les cabinets d'analyse corrigent leurs prévisions. D'ici 2030, les prévisions les plus récentes évoquent 16 % de parts de marché, contre moitié moins dans les études passées.
Entre janvier et avril 2026, les constructeurs chinois ont capté environ 6 % des immatriculations dans l'Union européenne. Un an auparavant, l'association des constructeurs ACEA parlait de 3,2 %. Sur l'année 2025, le cabinet S&P Global Mobility mesurait 5,8 %, presque le double de 2024. Au milieu de l'année 2026, la part approche les 10 % sur le marché européen élargi.
16 % en Europe pour les firmes chinoises d'ici 2030
Entre janvier et avril, BYD a plus que doublé ses immatriculations avec 71 850 voitures, en hausse de 152,9 %. Chery a bondi de 267,1 % avec Omoda, Jaecoo et Jetour. Pendant ce temps, Leapmotor, distribué avec Stellantis, signait une hausse de 558,8 %.
SAIC, propriétaire de MG, garde le plus gros volume avec plus de 77 000 voitures. Xiaomi, Nio et XPeng préparent la suite avec des gammes pensées pour l'Europe. Xiaomi a d'ailleurs confirmé que ses voitures électriques arriveront sur le Vieux Continent en 2027.
Ces chiffres poussent les cabinets à corriger leurs prévisions. En décembre 2025, le cabinet Schmidt Automotive Research annonçait 9,9 % de part de marché pour 2030. Le cabinet AlixPartners table maintenant sur 16 % à cette échéance, avec un quart de croissance pour les constructeurs chinois cette année. En 2025, S&P Global Mobility comptait 6 millions de véhicules chinois sur les routes du continent. D'ici 2035, ce parc dépasserait les 28 millions de véhicules.
La crise du marché automobile chinois explique cette poussée vers l'Europe. Il faut dire que les ventes de voitures s'effondrent sur le marché chinois. En 2026, sur les cinq premiers mois, ces ventes ont reculé de 18 %, entre économie au ralenti et fin de certaines aides à l'achat.
AlixPartners attend un marché chinois en baisse de 10 % sur l'année, à 24,6 millions de voitures. Résultat, les exportations chinoises approcheraient les 10 millions de véhicules cette année, contre 7,1 millions de véhicules l'an passé. L'Europe en a capté plus de 1,5 million de voitures.
La Chine s'adapte aux règles européennes
L'adaptation aux règles européennes accélère cette progression. Et pour cause, les droits de douane de Bruxelles s'appliquent seulement pour les voitures 100 % électriques. Les constructeurs chinois ont basculé vers les voitures hybrides et les voitures hybrides rechargeables, épargnées par ces taxes mais peut-être pas pour longtemps.
En avril 2026, les voitures hybrides ont représenté 36,9 % des ventes dans l'Union européenne, c'est la première motorisation du marché. En 2035, l'Europe compterait plus de 4,5 millions de voitures hybrides rechargeables chinoises, contre environ 280 000 aujourd'hui, selon S&P Global Mobility.
Les dirigeants des constructeurs historiques ne cachent plus leur inquiétude, en Europe comme aux États-Unis. En décembre 2025, Jim Farley, patron de Ford, expliquait mener "un combat pour notre survie" chez Reuters. En avril 2026, Håkan Samuelsson, directeur général de Volvo Cars, prévenait que les constructeurs chinois remplaceraient sans doute des concurrents historiques.
Volkswagen et BMW ont abaissé leurs prévisions de bénéfices, pendant que Stellantis et Renault réduisaient leur production. Les constructeurs chinois gardent un avantage de coût d'environ 30 % malgré les taxes. En Hongrie, BYD termine son usine de Szeged pour produire sur place et donc éviter les taxes de Bruxelles à l'importation. C'est aussi là-bas que se trouve son siège social européen. Une seconde usine suit en Turquie.
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