Pourquoi BYD peut vendre ses voitures moins cher que tout le monde, sa stratégie n’est pas facile à reproduire
On le sait, une grosse partie du succès de BYD repose sur sa politique tarifaire agressive. Mais comment le constructeur chinois arrive à proposer des voitures électriques aussi peu chères ? On a la réponse après démontage d'un SUV électrique Atto 3.
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Publié le 20/09/26 à 19h45
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On le sait, une grosse partie du succès de BYD repose sur sa politique tarifaire agressive. Mais comment le constructeur chinois arrive à proposer des voitures électriques aussi peu chères ? On a la réponse après démontage d'un SUV électrique Atto 3.
BYD intrigue jusque chez les ingénieurs japonais. Pour mieux saisir comment le constructeur chinois réduit ses coûts à ce point, des spécialistes ont démonté puis étudié son SUV Atto 3. Et le constat est sans appel : la stratégie industrielle de BYD est très différente de celle des constructeurs historiques. L’entreprise produit beaucoup de pièces en interne et son architecture est pensée pour simplifier la fabrication des véhicules.
BYD produit énormément de ses composants
C’est l’antenne régionale du ministère japonais de l’Économie pour le Chubu qui a rassemblé près de 70 équipementiers automobiles dans un centre d’études à Mizunami. Là-bas, on trouvait plusieurs véhicules électriques démontés, parmi lesquels le BYD Atto 3. Sho Kato, responsable d’un service chez l’équipementier japonais Nissin Seiki, déclare à ce propos : "J’ai été surpris par le faible nombre de pièces utilisées par BYD et Tesla."
Le centre japonais de recherche automobile Next Generation Vehicle Center Hamamatsu a démonté la chaîne de traction électrique d’un BYD Atto 3, acheté spécialement pour cette étude. Et selon les conclusions, BYD fabrique lui-même une grande partie de ce qui est le plus coûteux dans ses véhicules, c’est-à-dire les batteries, le moteur électrique, l’électronique de puissance et les semi-conducteurs.
BYD réduit donc au maximum la dépendance envers les équipementiers et évite une partie des marges ajoutées à chaque étape. Selon le cabinet de recherche Rhodium Group, BYD fabrique environ 80 % de ses composants de rang 1 en interne. Pour Tesla, c’est 37 %.
Le constat est proche pour la banque suisse UBS qui a étudié le BYD Seal. Selon cette analyse, 75 % de la voiture est produite en interne contre 46 % pour une Tesla Model 3 fabriquée en Chine et 35 % pour une Volkswagen ID.3. BYD travaille donc avec des entreprises externes, mais au minimum.
Ses batteries conçues en interne lui donnent l'avantage
La batterie, c’est l’autre domaine où BYD brille puisqu’à l’origine, il s'agit d'une entreprise spécialisée dans cette technologie. Le constructeur chinois est aussi le deuxième producteur mondial de batteries pour véhicules électrifiés, avec 14,7 % de part de marché derrière CATL et ses 39,9 %. Quand on sait que la batterie est l’un des composants les plus chers d’une voiture électrique, une production en interne permet de mieux gérer les coûts.
BYD cherche aussi à réduire le nombre de pièces. Son Atto 3 repose sur l’e-Platform 3.0, une base technique électrique développée par le groupe. Son ensemble électrique huit en un regroupe le moteur, la transmission, le chargeur embarqué et les unités de gestion électronique dans un même module. Pour un rendement énergétique maximal de 89 %. En regroupant les boîtiers, il y a donc moins de câbles, d’assemblage et de place perdue.
Et puis n’oublions pas que BYD a sa propre flotte de navires pour inonder le monde de ses voitures. Le constructeur chinois compte aussi s’imposer en Europe, puisqu’une usine de production en Hongrie est en train de sortir de terre, avec une montée en cadence prévue en 2027.
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