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On a allumé Trump TV, la nouvelle chaîne surréaliste du président américain : voilà ce qu’on y trouve

Trois médias bannis, cinq networks en grève, un clip promo bourré d'extraits de séries sous copyright et un flux YouTube de rediffusions devant moins de 2 000 spectateurs : bienvenue sur "Trump TV".

Mis à jour le 22/09/26 à 19h29

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Trois médias bannis, cinq networks en grève, un clip promo bourré d'extraits de séries sous copyright et un flux YouTube de rediffusions devant moins de 2 000 spectateurs : bienvenue sur "Trump TV".

On a allumé Trump TV, la nouvelle chaîne surréaliste du président américain : voilà ce qu'on y trouve

© The White House / X - Capture d'écran de la vidéo promotionnelle de "Trump TV" publiée par la Maison-Blanche sur X le 21 septembre 2026, utilisant sans autorisation confirmée une scène de la série Friends (Warner Bros.)

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On a allumé "Trump TV". Sur l'écran, un discours de Donald Trump au Mont Rushmore, prononcé le 3 juillet dernier. Puis des images de son investiture de janvier 2025. Puis son allocution au Forum économique mondial de Davos. Aucun journaliste à l'antenne, aucune question posée, aucun contradicteur. Le flux tourne en boucle, 24 heures sur 24, gratuitement, sur la chaîne YouTube officielle de la Maison-Blanche. Le soir du lancement, moins de 2 000 personnes regardaient selon les compteurs de la plateforme.

Le 18 septembre 2026, Donald Trump a annoncé sur Truth Social l'expulsion de CNN, MS NOW et Politico de la Maison-Blanche, accusant ces rédactions de publier des "fictions et des mensonges". Dès le lendemain, leurs journalistes se sont vu confisquer leurs badges par le Secret Service. Les trois médias ont immédiatement saisi la justice fédérale au nom du Premier Amendement.

En solidarité, ABC, CBS, Fox News et NBC ont suspendu toute couverture pool des événements présidentiels aux côtés de CNN. Une décision collective rare, résumée dans un communiqué conjoint des cinq networks : aucune administration ne devrait restreindre l'accès d'un média en raison de sa ligne éditoriale.

IT'S LIVE. 📺🦅

TRUMP TV IS STREAMING NOW. 24/7, updated in real time, with top past moments, announcements, and the latest and greatest from the administration all in one place.

Not every big moment has made it on your tv, now it can.

📲 https://t.co/3KwWkBZ69mpic.twitter.com/g4v7n2J04s

— The White House (@WhiteHouse) September 21, 2026

C'est dans ce vide médiatique que la Maison-Blanche a mis en ligne "Trump TV: The Essentials Station", le 21 septembre à 19h (heure de l'Est). Kaelan Dorr, responsable de la stratégie numérique de la Maison-Blanche, a présenté le flux comme les "greatest hits de l'administration, sans filtre", reprochant à la presse traditionnelle une couverture inexacte des accomplissements présidentiels. Pour l'instant, le "en temps réel" promis dans la description se résume à du replay vieux de plusieurs mois.

Pour accompagner le lancement, la Maison-Blanche a publié une vidéo promotionnelle compilant des extraits de Friends, The Office, Seinfeld, Les Simpson, SpongeBob, Modern Family, Hannah Montana, Family Guy et The Dark Knight, le tout sur un remix de "Video Killed the Radio Star" des Buggles. Le mot "TRUMP TV" clignote par-dessus des personnages de fiction affalés devant leur poste.

Selon Deadline, les extraits touchent à la propriété intellectuelle de Warner Bros., Disney, Fox, Sony Pictures Television, NBCUniversal et ABC. Rien n'indique que ces droits aient été négociés. L'ironie est vertigineuse : les studios dont les divisions news boycottent la Maison-Blanche voient leurs contenus recyclés pour promouvoir la chaîne censée remplacer ces mêmes médias.

Le même jour, lors de l'inauguration d'un nouvel héliport dans l'enceinte de la Maison-Blanche, le bruit des moteurs de Marine One a entièrement couvert le discours de Trump sur le propre flux gouvernemental. Sans micro pool, même Newsmax n'a pu capter le son.

Quand YouTube héberge une télévision d'État à 2 000 spectateurs

Les réactions ont été cinglantes. Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a qualifié le dispositif de "télévision d'État" et de "comportement véritablement autocratique". Stephanie Grisham, ancienne porte-parole de Trump lors de son premier mandat, a dressé un parallèle avec les pratiques médiatiques de la Russie, de la Chine et de l'Iran.

L'Amérique ne peut pas avoir de télévision d'État. C'est ce qui fait de l'Amérique l'Amérique. Si le gouvernement ne vous montre que ce qu'il veut, alors la question devient : qu'est-ce qu'on rate ?

La plateforme de Google devient de facto l'hébergeur d'un canal de communication gouvernemental permanent, accessible depuis le monde entier, sans obligation éditoriale, sans droit de réponse, sans pool indépendant. Natalie Harp, assistante influente de la Maison-Blanche, aurait montré à Trump des extraits de couverture négative juste avant qu'il décide de bannir les trois médias, selon Forbes. Virer la presse, recycler les séries des studios qui vous boycottent, lancer sa chaîne devant 2 000 personnes : le résultat ressemble davantage à un pilote de télé-réalité qu'à une stratégie de communication présidentielle.

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