“L’un des premiers dominos de la bulle de l’IA” : Character.ai, ex-licorne valorisée un milliard, se déclare en faillite
Valorisée un milliard de dollars en 2023, la star des chatbots de compagnie a demandé le 12 octobre la protection du tribunal des faillites américain. Ses documents judiciaires dévoilent une entreprise qui perdait encore 8 à 9 millions de dollars par mois après une sévère cure d'austérité, et une...
En ce moment :
Publicité, votre contenu continue ci-dessous
Publicité
Publié le 15/10/26 à 07h30
Nos réseaux :
Suivez-nous
Ajoutez nous à vos favoris Google
2
Valorisée un milliard de dollars en 2023, la star des chatbots de compagnie a demandé le 12 octobre la protection du tribunal des faillites américain. Ses documents judiciaires dévoilent une entreprise qui perdait encore 8 à 9 millions de dollars par mois après une sévère cure d'austérité, et une vente aux enchères que Disney ouvre à 20 millions.
© Ascannio - Mario, Tony Stark ou un “psychologue” virtuel : le catalogue de Character.ai, ici dans une ancienne version, a valu à la plateforme les foudres des ayants droit comme des régulateurs.
Deux heures par jour. Voilà le temps moyen que passent les quelque 12 millions d’utilisateurs actifs mensuels de Character.ai à converser avec des personnages virtuels, héros de fiction ou confidents taillés sur mesure. Cette ferveur n’a pas sauvé l’entreprise. Fondée en 2021 par deux transfuges de Google, Daniel De Freitas et Noam Shazeer, aujourd’hui chez OpenAI, Character Technologies s’est placée lundi 12 octobre sous le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, devant le tribunal du Delaware, pour céder ses actifs. Pour une partie de la presse tech américaine, cette chute dépasse le cas d’une start-up isolée et donne le signal d’un reflux annoncé.
La faillite de Character.ai est l'un des premiers dominos à tomber dans la bulle de l'IA, annoncée de longue date.
Faillite de Character.ai : des serveurs qui coûtaient bien plus que l'application ne rapportait
Les chiffres versés au dossier judiciaire donnent le tournis. Au second semestre 2024, la puissance de calcul louée à des fournisseurs cloud engloutissait 13,8 millions de dollars par mois, puis encore 10 millions en moyenne sur 2025. Les abonnements ont culminé à 2,8 millions mensuels. Avec la publicité glissée dans les conversations, les revenus n'ont jamais dépassé 5,3 millions. Modèles allégés, recours à des modèles ouverts, licenciements : le régime sec a laissé un trou béant.
La technologie impressionnante de Character coûte cher à faire tourner.
Ce gouffre, personne n'a voulu le combler. Sur environ 28 investisseurs démarchés depuis août 2025, un seul a formulé une proposition, jugée irréaliste. Les plaintes de familles d'adolescents et l'enquête conjointe de 46 États et territoires américains ont fait fuir les autres. En Europe, le gendarme italien de la vie privée a infligé 79 000 euros d'amende à la société en juillet.
Disney et Character.ai : 20 millions pour une licence, et une plateforme en sursis
Ironique : en septembre 2025, Disney sommait Character.ai de retirer les chatbots imitant ses personnages. Le mois dernier, le géant recrutait son ancien patron, Karandeep Anand, comme premier directeur technique du groupe. Le voici enchérisseur de référence : 20 millions de dollars pour une licence perpétuelle et non exclusive sur une partie de la propriété intellectuelle de la start-up. L'offre comprend aussi une aide transitoire assurée par d'anciens salariés passés chez lui. D'autres candidats peuvent surenchérir jusqu'à la clôture, attendue fin novembre ou début décembre.
Le service fonctionne toujours, en France comme ailleurs. Mais sans repreneur décidé à le maintenir, Colin Adams prévient que "la plateforme sera mise à l'arrêt".
Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques
Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
Publications qui peuvent vous intéresser