J’ai payé pour un moteur de recherche : voici comment Kagi m’a fait oublier Google
Pollué par les contenus sponsorisés, les liens marchands et les réponses générées par IA, Google a perdu de sa superbe. Face au déclin qualitatif du géant américain et aux limites des alternatives gratuites, une solution payante mais radicale tire son épingle du jeu : Kagi. Sans pub, sans traçage et ultra-personnalisable, ce moteur de recherche...
Publié le 26/07/26 à 17h48
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Pollué par les contenus sponsorisés, les liens marchands et les réponses générées par IA, Google a perdu de sa superbe. Face au déclin qualitatif du géant américain et aux limites des alternatives gratuites, une solution payante mais radicale tire son épingle du jeu : Kagi. Sans pub, sans traçage et ultra-personnalisable, ce moteur de recherche sur abonnement a totalement redéfini mon expérience du web.
© Les Numériques - Kagi
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Parmi les pires dérives du web moderne, la dégradation progressive de Google est sans doute la plus frustrante. Autrefois outil d'indexation d'une précision chirurgicale, le moteur de recherche est devenu au fil des ans une gigantesque vitrine publicitaire, poussant des comparateurs d'achats sponsorisés tout en captant un maximum de données personnelles. Après avoir exploré la piste des ROMs alternatives comme GrapheneOS pour vous émanciper de l'écosystème américain, s'attaquer au navigateur était l'étape suivante. C'est là qu'intervient Kagi : un moteur payant qui fait le pari fou d'assainir votre hygiène numérique.
Le piège du "tout gratuit" : pourquoi Bing et DuckDuckGo ne suffisent plus
Seulement voilà : difficile de trouver une alternative, la plupart étant peu efficaces (DuckDuckGo) ou détenues par un autre empire du mal (Bing). C'est dans ce créneau difficile à combler que se place Kagi. Lancé en 2022 par Vladimir Prelovac, ce moteur de recherche essaie de restituer une expérience oubliée depuis le début des années 2010 — dénuée de publicités et limitant les appels à la caisse chez des revendeurs tiers. Et comme la plupart des bonnes choses au XXIe siècle, son accès est conditionné à un abonnement, divisé en trois formules différentes en fonction des besoins des utilisateurs.
Les résultats de recherche sont affichés sans fioritures.
© Les Numériques
On ne serait pas surpris si, à l'idée de placer un moteur de recherche derrière un paywall, les trois quarts des lecteurs potentiellement intéressés par Kagi ont déjà décroché. C'est un cycle de plus dans le monde de la tech, qui nous enracine des habitudes de consommation avant de les laisser progressivement pourrir et proposer des alternatives payantes à la fin.
Mais une fois passée la barrière psychologique du portefeuille, le potentiel de Kagi pour celles et ceux qui ont un besoin vital d'une indexation correcte lors de leurs recherches sur le web est (pratiquement) infini. La différence la plus flagrante est l'absence des raccourcis vers les fiches produits de revendeurs, très souvent du côté de la plaque chez Google — logique, puisqu'aucun onglet Produits n'est à signaler dans la barre d'outils. Rechercher un modèle de PC portable débouche d'abord sur le site du constructeur, sans surprise, avant de proposer des tests dans des sites spécialisés et des threads sur Reddit. Tout autre chose côté Google, où il faut attendre la deuxième page de résultats pour avoir autre chose qu'un lien commercial.
Les Lentilles sont très pratiques
© Les Numériques
Mais pour profiter du plein potentiel de Kagi, il faut exploiter ses outils de personnalisation, à commencer par les Lentilles, des filtres de recherche qui permettent de limiter les résultats à des sites ou “types” de sites spécifiques, qu'il s'agisse de résultats de forums ou de hubs académiques. Rien de bien sorcier finalement, mais l'interface proposée permet d'ajuster ses filtres rapidement et facilement, et en faire un moteur de recherche alternatif à celui très perfectible des Numériques, entre autres.
Dans le même ordre d'idée, les filtres régionaux sont aussi une aubaine pour qui a besoin de limiter les résultats de recherche à une langue ou un pays spécifique sans avoir à basculer sur un nom de domaine différent. Il est ainsi aisé de façonner le moteur en fonction de ses besoins. Un site vous embête ? Le retirer définitivement des résultats se fait en un clic. Marre des questions générées à chaque recherche ? Là aussi, Kagi vous laisse supprimer l'encart sans problème.
Kagi Maps et vie privée : la souveraineté des données garantie sans tracking
Décidé à singer Cupertino jusqu'au bout, Kagi propose aussi son propre service Kagi Maps, alimenté par les bases de données de OpenStreetMap et Mapbox, avec description par IA des commerces via les avis Google. La centralisation des liens externes vers d'autres agrégateurs comme Yelp ou Apple Maps est louable, mais le résultat visuel est un peu fouillis à nos yeux (et n'est disponible pour l'instant qu'en anglais). Une différence majeure les séparent néanmoins : pas de tracking, de télémétrie et autres abus d'informations personnelles avec Kagi, qui se contente de quelques cookies tiers pour son fonctionnement, comme précisé dans la charte du site.
Kagi Maps est une initiative louable, mais encore perfectible.
© Les Numériques
Parce qu'il est impossible de rater le train de l'IA sous peine de passer pour le premier des has-been dans le monde de la tech, Kagi intègre aussi une palanquée de solutions alimentées par LLM ; d'abord avec Kagi Summarize, qui se propose de faire des résumés de pages web, et à l'intérêt plus que limité. Il y a aussi l'équivalent du fameux Google AI Overview, qui synthétise les résultats d'une recherche en un paragraphe avec FastGPT.
Enfin, Kagi Assistant propose de centraliser différents LLM dans une unique interface, et monétisant l'usage des tokens utilisés à l'abonnement en cours. Kagi a la politesse de contenir toutes ces annexes à des instances bien séparées de son navigateur, tant et si bien qu'il est possible de s'en dispenser totalement. Plus intéressant encore, la présence de bloqueurs IA optionnels dans les options de recherche limite également la présence de sites à contenu massivement généré par LLM dans les résultats.
100 recherches sont proposées gratuitement pour se faire une idée
Trois types d'abonnements sont proposés. Le premier tiers à 5 $ autorise 300 recherches, un compte qui, pour les curieux compulsifs, peut vite s'épuiser au bout d'une quinzaine de jours. Le deuxième palier à 10 $ débloque les recherches illimitées, Kagi Translation et l'accès aux LLM standards de Kagi Assistant. C'est notre recommandation pour qui n'a pas des besoins urgents en IA, ou compte déjà ce qu'il faut comme solution. Enfin, le dernier tiers à 25 $ comprend tous les avantages suscités, avec en plus l'accès aux LLM premium (Claude 4.9, DeepSeek V4 Pro...) pour Kagi Assistant.
Face à la gangrène qui ronge le web moderne, Kagi n'est pas la panacée. Néanmoins, les problèmes sont bien plus profonds, systémiques, venus d'une centralisation dangereuse en place depuis plus d'une décennie. Or essayer Kagi, c'est l'adopter (100 recherches sont proposées gratuitement pour se faire une idée) et participe, d'une façon ou d'une autre, à s'affranchir des Gafam en reprenant le contrôle d'une partie de nos algorithmes.
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