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Accusations d’escroqueries, pénurie de climatiseurs… On a vérifié les pratiques commerciales de l’entreprise Climloc

Les fondateurs de l'entreprise Climloc ont notamment prétendu avoir gagné un million d'euros pendant la période de canicule en louant des climatiseurs qu'elle se faisait ensuite rembourser.

Les fondateurs de l'entreprise Climloc ont notamment prétendu avoir gagné un million d'euros pendant la période de canicule en louant des climatiseurs qu'elle se faisait ensuite rembourser.

Radio France

Publié le 23/07/2026 19:07

Temps de lecture : 2min

Illustration climatiseur mobile. (FRANCK KOBI / MAXPPP)
Illustration climatiseur mobile. (FRANCK KOBI / MAXPPP)

Les deux jeunes Parisiens derrière l'entreprise Climloc ne manquent pas d'idées pour gagner de l'argent et pour faire parler d'eux. Victor Nihoul et Wesley Wasielewski, âgés de 25 ans, ont créé la société de location de climatiseurs en juin 2026 mais le projet est né l'été précédent. Le business a explosé lors des récents épisodes de canicule, la polémique avec. L'entreprise Climloc se vante dans une vidéo d'avoir gagné un million d'euros en juin alors que la France a vécu une canicule exceptionnelle entre le 17 juin et le 2 juillet. Un modèle économique, qui a suscité de vives réactions, et qui repose en réalité sur de la spéculation.

Les fondateurs se sont aussi targués d'avoir trouvé des astuces pour ne pas payer leur appareil réfrigérants. Ils ont présenté les ficelles de leur modèle économique sur leur chaîne Youtube en mars : "En moyenne, on achetait les clims à environ 300 euros, derrière on avait fixé le prix de la location entre 25 et 30 euros la journée. Et puis, on a eu une idée : au lieu d'acheter les clims, est-ce qu'on ne pourrait pas juste les acheter sur Cdiscount et puis, les renvoyer au bout de trente jours et être remboursés ? Possible, ce n'était pas complètement illégal, alors au début c'est ce qu'on a fait."

Sauf que ce n'est pas légal. Les entrepreneurs n'ont pas agi en tant que consommateurs mais dans le cadre d'une activité commerciale et le droit de rétractation ne s'applique donc pas, explique le cabinet d'avocats Ziegler spécialisé en escroquerie financière. Par ailleurs, utiliser les modalités de retour d'une plateforme comme modèle économique principal est interdit. Me Jonathan Pouget, avocat au barreau d'Aix-en-Provence et spécialisé dans les contentieux avec Amazon, précise que cela peut "tomber sous le coup des pratiques commerciales déloyales ou même d'escroquerie s'il y a une intention de tromper les plateformes". Il peut toutefois y avoir une exception si ces deux patrons prouvent que Climloc n'est pas leur activité principale.

Victor Nihoul, le co-fondateur de la société que nous avons sollicité ces jours-ci, a lui-même changé de version : "Aujourd'hui, je peux vous assurer que Climloc n'a renvoyé qu'un ou deux appareils." Nous avons ensuite contacté Cdiscount qui ne constate ni commande ni retour massif de climatiseurs mobiles. Même chose du côté d'Amazon qui ne confirme pas les allégations initiales de Climloc. Les informations juridiques de l'entreprise permettent de vérifier que Climloc s'est bien approvisionné auprès de ces deux plateformes sur lesquelles une petite dizaine de climatiseurs ont été achetés en juin 2025. Selon nos informations, seulement trois ont été renvoyés. Ce qui pouvait apparaître comme une idée de génie ou une escroquerie, est finalement un business très classique.

Cela ressemble surtout à un procédé de communication pour faire le buzz. Sur ce point, Victor Nihoul nous répond : "Nous devons mieux distinguer ce qui relève d’une formule narrative de ce qui constitue une description littérale et exhaustive des événements. C’est par exemple le cas de l’expression 'nous avons vidé les stocks de toute l’Ile-de-France', utilisée dans une vidéo récemment supprimée. Il s’agissait d’une formule destinée à illustrer les difficultés d’approvisionnement et non d’une affirmation littérale."

L'entreprise possède aujourd'hui un parc de 2 000 climatiseurs. Une faible quantité au regard des chiffres de Carrefour qui déclare avoir "vendu jusqu'à 200 000 climatiseurs" la semaine du 29 juin 2026, "quand normalement le groupe en vend 400 000 en une année, une accélération extraordinairement forte".

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