Accueil des demandeurs d’asile : Ahmed Laaouej dénonce la suppression de places par le fédéral à Bruxelles
La réduction des places d'accueil pour demandeurs d'asile suscite l'indignation à Bruxelles. Ahmed Laaouej pointe une décision "brutale", que la ministre Anneleen Van Bossuyt justifie par des contraintes budgétaires.
Le ministre bruxellois de l'Action sociale, Ahmed Laaouej (PS), a dénoncé vendredi la "décision unilatérale" du gouvernement fédéral de supprimer 300 des 2.000 places d'accueil prévues dans le cadre du Brussels Deal.
Ce dispositif conclu en 2022 octroie chaque année 42 millions d'euros à la Région bruxelloise pour financer 2.000 places d'accueil pour demandeurs d'asile.
La ministre de l'Asile, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), avait clairement affiché son intention de procéder à cette mesure au cours du mois de mai dernier.
Dont acte, selon le cabinet du ministre Laaouej : la décision prise formellement le 30 juin dernier a été communiquée à l'opérateur mercredi.
"Prise sans concertation réelle avec les autorités bruxelloises et imposée dans des délais intenables, cette décision place aujourd'hui la Région et les acteurs du secteur devant le fait accompli. Cette annonce a pour conséquence la fermeture, dès le 1er août, du Centre Amran géré par BelRefugees. Fermer un centre d'accueil en trois semaines ne relève pas d'une gestion sérieuse. C'est une décision brutale, qui méprise à la fois les travailleurs, les personnes accueillies et les institutions chargées d'en gérer les conséquences", a vivement déploré vendredi le ministre bruxellois de l'Action sociale.
Selon celui-ci, 21 professionnels socio-éducatifs qualifiés perdront leur emploi au 31 juillet. Des jeunes adultes et des mineurs étrangers non accompagnés devront quitter précipitamment un cadre d'accueil dans lequel leur accompagnement avait pourtant été stabilisé.
"Le gouvernement fédéral ne peut pas prétendre mener une politique d'accueil responsable tout en supprimant des capacités du jour au lendemain, sans solution de continuité et sans se préoccuper des conséquences humaines. Cette suppression de places provoquera inévitablement un report vers les dispositifs bruxellois d'aide d'urgence et de lutte contre le sans-abrisme, déjà fortement saturés", a ajouté Ahmed Laaouej.
"Le "Brussels Deal" prévoit actuellement encore 2.000 places financées par l'État fédéral afin d'offrir effectivement un hébergement aux demandeurs d'asile ayant droit à l'accueil. À mon entrée en fonction, la liste d'attente comptait plus de 4.000 personnes ; elle en compte aujourd'hui encore environ 1.000", a réagi vendredi soir la ministre fédérale de l'Asile et de la Migration.
Pour Anneleen Van Bossuyt, il est "donc évident que nous devons réévaluer ce dispositif, car nous finançons actuellement 1.000 places de trop. Compte tenu des contraintes budgétaires auxquelles mon département est confronté, chaque euro que nous pouvons réaffecter ailleurs est plus que bienvenu", a-t-elle commenté.
C'est pour cette raison qu'il a été décidé, selon elle, de désactiver 266 places à compter du 1er août. La Région de Bruxelles-Capitale en a été informée en juin.
"Fin juin, nous avons également soumis une proposition de nouveau texte de convention pour le "Brussels Deal", à laquelle nous n'avons toutefois pas encore reçu de réponse. Nous espérons réduire davantage la liste d'attente au cours de l'année 2026 et la supprimer complètement dès que possible", a encore dit Mme Van Bossuyt.
"La liste d'attente des demandeurs d'asile en attente d'une place dans le réseau d'accueil ordinaire ayant fortement diminué, il n'est pas envisageable que nous continuions à financer des places occupées par d'autres groupes cibles, tels que les sans-abri. Eux aussi méritent de l'aide, mais cette facture ne peut pas être simplement répercutée sur le service Asile et Migration. L'argent des contribuables doit être utilisé à bon escient, conformément à sa destination", a-t-elle conclu.