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Absentéisme, stratégie financière “peu lisible”… La Cour des comptes fustige la gestion de la Ville de Marseille

Ce vendredi 16 octobre, la Cour des comptes a critiqué la gestion financière de la Ville de Marseille pointant des recrutements trop nombreux, un absentéisme important et une gestion financière "peu lisible".

La mairie de Marseille le 10 décembre 2018

La mairie de Marseille le 10 décembre 2018 - GERARD JULIEN / AFP

Ce vendredi 16 octobre, la Cour des comptes a critiqué la gestion financière de la Ville de Marseille pointant des recrutements trop nombreux, un absentéisme important et une gestion financière "peu lisible".

Absentéisme élevé, recrutements nombreux, stratégie financière peu lisible : la Chambre régionale des comptes (CRC) a vivement critiqué la gestion financière de Marseille, dont le maire Benoît Payan a regretté vendredi 16 octobre en réponse que les magistrats n'aient "pratiquement retenu aucun des progrès accomplis depuis 2020".

Les observations de la CRC Provence-Alpes-Côte d'Azur portent sur la période 2018-2024, à cheval sur la dernière mandature de Jean-Claude Gaudin (LR) et la première de Benoît Payan (DVG), élu en 2020 puis reconduit en 2026 à la tête de la deuxième ville de France (873.000 habitants).

Des recrutements pour pallier l'absentéisme

Sur l'absentéisme des agents municipaux, "phénomène ancien et connu" les magistrats financiers, tout en reconnaissant un taux en recul de 2 points en 2023 et 2024, soulignent qu'il est "de 43 % supérieur au taux national" et qu'aucun "plan d'action global n'a été bâti pour le réduire". Ils recommandent "un diagnostic complet" pour en déterminer les "causes".

La CRC établit une corrélation entre cet absentéisme et le nombre d'agents recrutés, l'effectif étant passé de 14.426 en 2018 à 16.188 en 2024, soit 1.800 agents représentant 968 équivalents temps plein (ETPT). Or, ces "recrutements supplémentaires visent principalement à pallier l'absentéisme (765 ETPT) et à renforcer certains services (142 ETPT)".

Autre grief : "le manque de transparence dans la gestion" des huit mairies de secteur, dont la "faible coordination (...) avec les services centraux de la commune, est source de difficultés significatives".

Le rapport recommande aussi à la ville de réaliser une "cartographie" des risques de corruption, rappelant que la loi oblige les collectivités à se doter "d'un dispositif de prévention" dans ce domaine. Des travaux ont été "engagés" par l'Inspection générale des services, mais "interrompus au motif d'un sous-effectif de ce service".

Une stratégie financière "peu lisible"

"La stratégie financière demeure (...) peu lisible, particulièrement en matière de programmation pluriannuelle" et la "fiabilité" des comptes est "nettement insuffisante", pointe encore la CRC.

Dans sa réponse au rapport, réitérée vendredi en conseil municipal, M. Payan considère que le "rapport ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020", ni "la situation héritée de l'ancienne majorité", en particulier sur "l'investissement sans précédent dans la rénovation des écoles" ou "la remise à niveau de nos moyens de sécurité".

Il insiste également sur les "dizaines de millions d'euros" dont la ville serait privée de la part de la métropole et du conseil départemental, dirigé par sa rivale politique Martine Vassal (ex-LR).

"Les conclusions du rapport sont préoccupantes" et "il faut engager une véritable politique de maîtrise des dépenses de fonctionnement", a réclamé de son côté le conseiller municipal RN (principale opposition municipale) Thibaut Charpentier.

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