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À Saint-Hubert, la roseraie sous surveillance après des dégradations causées par des jeunes : “On ne sait pas aller contre la mauvaise éducation”

La roseraie Pierre-Joseph Redouté est au cœur des préoccupations à Saint-Hubert. Dans un courrier adressé publiquement aux autorités communales, Sylvain Verstrepen, président du Royal Office du Tourisme de Sain...

La roseraie Pierre-Joseph Redouté est au cœur des préoccupations à Saint-Hubert. Dans un courrier adressé publiquement aux autorités communales, Sylvain Verstrepen, président du Royal Office du Tourisme de Saint-Hubert, tire la sonnette d'alarme face à ce qu'il décrit comme une "détérioration continue et accélérée" du site. Il évoque des parterres piétinés, des rosiers arrachés, du mobilier vandalisé et des déchets qui s'accumuleraient dans ce parc qui abrite quelque 500 rosiers et une cinquantaine de variétés. Un constat d'autant plus préoccupant à ses yeux que la roseraie, située au cœur de la ville, constitue à la fois un lieu de promenade pour les habitants et une vitrine touristique. "La roseraie Pierre-Joseph Redouté n'est pas un simple parc de passage, c'est une vitrine de notre ville, intimement liée à notre histoire", rappelle-t-il.

Pour Sylvain Verstrepen, l'arrêté pris par le bourgmestre le 8 juillet dernier, qui interdisait les rassemblements dans le parc entre 22 h et 6 h, ne suffit donc pas. La Ville avait alors pris cette mesure pour répondre aux nuisances constatées la nuit. Le président du Royal Office du Tourisme demande désormais de passer à des mesures plus concrètes: éclairage dissuasif, caméras aux points d'entrée, davantage de rondes de police, mais aussi étude d'une fermeture physique du parc durant la nuit. Il réclame parallèlement un plan de restauration avec nettoyage du site, réparation des infrastructures et replantation des rosiers endommagés avant les premières gelées. "Une simple interdiction sur papier ne suffit plus: il faut des actes sur le terrain", insiste-t-il, en demandant une rencontre avec le bourgmestre et l'échevin compétent.

Un problème réel mais pas récurrent selon la Police

Du côté de la zone de police Semois & Lesse, le constat est toutefois nettement plus nuancé. Le chef de zone Vincent Léonard confirme bien la présence, de temps à autre, de jeunes qui se retrouvent dans la roseraie, y consomment de l'alcool et peuvent être à l'origine de quelques dégradations. "Nous devons intervenir de temps en temps, mais ce n'est pas quelque chose de récurrent, explique-t-il. L'alcool aidant, quelques petites dégradations sont parfois constatées. Les patrouilles sont régulièrement orientées vers le secteur."

Le chef de zone rappelle que le cadre réglementaire existe déjà pour intervenir puisque le règlement général de police interdit notamment la consommation d'alcool sur la voie publique, les dégradations et les troubles à l'ordre public. "Ce n'est pas le fait qu'il n'y ait pas de règlement, c'est que les gens ne le respectent pas", résume Vincent Léonard. Il explique aussi l'attrait du site pour les rassemblements: le site de la roseraie est à la fois discret, relativement caché, proche du centre-ville et facilement accessible par plusieurs endroits. "La vigilance reste de mise car ce type de comportement peut réapparaître d'un jour à l'autre, souligne le commissaire. La police fait son travail". Le chef de zone ne considère donc pas nécessaire de multiplier les réglementations ou de prendre d'autres mesures spécifiques à ce stade.

Didier Neuvens veut moderniser la vidéosurveillance

De son côté, le bourgmestre Didier Neuvens estime que la situation doit être relativisée et ne partage pas le constat d'une dégradation permanente de la roseraie. "Ce n'est pas tous les jours et ce n'est pas récurrent, souligne-t-il. Les services de police sont déjà intervenus à plusieurs reprises et disposent désormais d'un drone pour surveiller certains rassemblements." À ses yeux, fermer physiquement le parc la nuit ne constituerait pas une réponse pertinente.

Le bourgmestre considère surtout qu'il est difficile d'empêcher totalement les comportements problématiques par des mesures supplémentaires: "On ne sait malheureusement pas aller contre la mauvaise éducation des gens", rappelle-t-il. Pour autant, il ne ferme pas la porte à une évolution des moyens mis à disposition des policiers. En effet, Didier Neuvens se montre ainsi favorable à une modernisation de la vidéosurveillance, qu'il juge aujourd'hui trop ancienne pour être pleinement efficace. Une modernisation du dispositif qu'il a notamment pu découvrir dernièrement sur la commune de Bertrix. Selon lui, un équipement plus performant pourrait constituer à la fois un outil supplémentaire pour les enquêteurs et un moyen de dissuasion. Dans le même temps, il appelle à ne pas répondre aux rassemblements de jeunes par des mesures trop drastiques. "Il faut aussi que les jeunes puissent se rassembler, ils ont aussi le droit de vivre, rappelle-t-il. Il est important de trouver un équilibre entre cette possibilité et le respect des lieux et de la tranquillité publique."

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