A Saint-Gervais, un refuge alpin de 1962 renaît de ses cendres
Début juin, le refuge du Goûter a été déconstruit pièce par pièce, avant d’être réinstallé à Saint-Gervais fin août (Crédit : Mairie de Saint-Gervais) Fermé depuis 2013, l’ancien refuge du ...

Début juin, le refuge du Goûter a été déconstruit pièce par pièce, avant d’être réinstallé à Saint-Gervais fin août (Crédit : Mairie de Saint-Gervais)
Fermé depuis 2013, l’ancien refuge du Goûter vient de disparaître du paysage du Mont Blanc, à plus de 3 800 mètres d’altitude. Mais plutôt que d’enterrer son histoire, Saint-Gervais a choisi de le reconstruire dans son parc thermal.
Saint-Gervais-les-Bains, en Haute-Savoie, fait l’objet d’un événement particulier. En cette fin août s’annonce de manière imminente le début du chantier de reconstruction d’un emblématique refuge alpin. Le Goûter, qui fut lui-même installé sur l’aiguillette du Goûter, accueillait depuis plus de 50 longues années les randonneurs, skieurs, snowboarders qui s’aventuraient dans le Massif du Mont-Blanc.
Le bâtiment, inauguré en 1962, a été conçu par l’architecte Lederlin pour le Club alpin français avant de fermer ses portes en 2013, après la construction, à quelques centaines de mètres, d'un nouveau refuge répondant aux nouvelles exigences d’accueil et de sécurité. Son berceau montagnard lui avait conféré une place de choix à plus de 3 800 mètres d’altitude.
Mais depuis, devenu inutile en altitude et obsolète vis à vis des normes, l'ancien bâtiment demeurait néanmoins implanté sur un site classé particulièrement sensible. Son avenir faisait depuis plusieurs années l’objet de discussions. En 2024, l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), saisie sur l’avenir de la voie normale du mont Blanc, s’empare enfin de la question et recommande de traiter le devenir du refuge.
Le renouveau fixé à Saint-Gervais
Au gré de discussions et de scénarios, la commune de Saint-Gervais-les-Bains s’est positionnée sur une potentielle opération de démontage. Puis, c’est en juin 2025, que l'État autorise finalement l'opération, considérant qu'elle doit participer à la "reconquête paysagère" du secteur et au renforcement de sa naturalité.
Mais enlever le refuge ne signifie pas le détruire. C'est tout le paradoxe du projet : effacer sa présence en haute montagne tout en conservant le bâtiment lui-même. À partir du début du mois de juin 2026, les équipes ont ainsi démonté l'édifice pièce par pièce. Six semaines de travail ont été nécessaires dans un environnement particulièrement contraignant, à quelques mètres du vide. Chaque matériau a été trié et conditionné avant d'être descendu dans la vallée par hélicoptère.
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Une installation dans le parc thermal du village de montagne
Sur place, une pointe de nostalgie surtout pour ceux qui ont grandi dans le massif. Au micro de nos confrères de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Olivier Begain, guide de haute-montagne, s'émouvait: "ce qui est également réglé, c'est le souvenir qui part avec les planches."
Avec le début des travaux, la seconde vie du refuge se joue désormais près de 3 000 mètres plus bas. À partir du 31 août 2026, sa reconstruction doit commencer dans le parc thermal de Saint-Gervais, pour une livraison prévue à la mi-novembre. Avec un objectif affiché de remonter le bâtiment à l'identique pour faire de ce lieu un témoin de la vie d’alpinisme, avant un aménagement intérieur ultérieur.
Montant total de l’opération ? 660 880 euros. Avec trois investisseurs à parts presque égales entre la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de la Haute-Savoie et la commune de Saint-Gervais.
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