A Rennes, la métropole veut louer ses voitures de fonction à ses habitants
Camille AllainPublié le 20/09/2026 à 07h02 • Mis à jour le 20/09/2026 à 07h02L'essentielLa métropole de Rennes va intégrer plusieurs de ses voitures de service au réseau d’autopartage local, afin d’agrandir le ...
Camille Allain
Publié le 20/09/2026 à 07h02 • Mis à jour le 20/09/2026 à 07h02
L'essentiel
- La métropole de Rennes va intégrer plusieurs de ses voitures de service au réseau d’autopartage local, afin d’agrandir le parc à moindres frais. Une première en France.
- La demande pour les véhicules en autopartage est croissante et le réseau Citiz n’arrive pas à faire face à la demande, notamment les week-ends et pendant les vacances.
- D’autres partenariats avec des entreprises du territoire pourraient permettre de proposer davantage de voitures.
Et si vous partiez en week-end avec une voiture de fonction de la métropole ? L’idée peut paraître un brin étrange, mais elle sera bientôt une réalité à Rennes. La métropole bretonne vient d’acter le prêt de plusieurs de ses voitures de service au sein de son réseau d’autopartage. A notre connaissance, ce serait une première en France. « Il n’y a qu’à descendre au parking sous-terrain pour constater que certaines voitures ne bougent pas. Dans la majorité des cas, elles sont à l’arrêt », témoigne Valérie Faucheux.
La vice-présidente de Rennes métropole déléguée aux transports a donc repris l’idée, portée depuis quelques années par plusieurs élues écologistes, de louer des voitures aux habitants, notamment les soirs et les week-ends où elles ne servent pas aux fonctionnaires. « C’est exactement sur ces moments que nous avons le plus de sollicitations pour notre service d’autopartage. Pour les longs week-ends par exemple, nous avons des difficultés à faire face aux demandes. Plutôt que de racheter des voitures ou de faire davantage de leasings, nous pouvons en mettre à disposition qui ne servent pas à ce moment-là », détaille Valérie Faucheux.
A compter du mois de novembre, deux voitures de service de Rennes métropole et une de la mairie de Saint-Jacques-de-la-Lande seront intégrées au réseau Citiz, qui gère les 114 véhicules en autopartage dans l’agglomération. Un premier test modeste en nombre mais qui doit permettre d’étalonner le système. Dans le même temps, la métropole continue de transformer sa flotte pour réduire le nombre de voitures de service, privilégiant la marche, les transports en commun ou le vélo. Cinq pools de véhicules proposant 80 vélos, 98 berlines et 63 véhicules utilitaires sont répartis dans la ville et réservables via un logiciel par l’ensemble des agents.
D’autres entreprises pour faire pareil ?
Pour ne pas brider les fonctionnaires dans leurs déplacements, la location aux habitants ne sera possible que du vendredi soir au lundi matin au parc relais la Poterie et boulevard Laennec. Le but étant, on le disait, de répondre à la hausse de la demande. En deux ans, le nombre d’utilisateurs ayant recours au réseau Citiz a progressé de 40 % dans la métropole rennaise, atteignant les 3.000 usagers l’an dernier.
Pour élargir le parc à des véhicules plus grands, Citiz avait déjà noué un partenariat avec la société Titi Floris. Spécialisée dans le transport de personnes en situation de handicap, l’entreprise avait accepté de louer ses véhicules adaptés et ses mini-vans de 9 places. Tout le monde y gagne : la métropole n’a rien à débourser, l’entreprise est indemnisée et les habitants ont davantage de véhicules à réserver. « C’est un vrai service. Nous avons même des clubs sportifs qui les utilisent pour emmener leurs jeunes le week-end », poursuit l’élue. La possibilité d’élargir le parc en nouant des partenariats avec d’autres entreprises ou collectivités est d’ailleurs en réflexion.
Jusqu’à 1.000 euros d’économie par an
En mai, l’Ademe avait livré des conclusions encourageantes dans son enquête sur l’autopartage. D’après l’agence de la transition énergétique, chaque utilisateur pouvait économiser entre 400 et 1.000 euros par an en cas d’abandon de sa voiture individuelle. Quant au véhicule partagé, il pouvait remplacer « entre cinq et sept voitures individuelles » en étant mutualisé. Des arguments qui commencent à séduire les urbains, de plus en plus nombreux à abandonner leur voiture pour une solution moins coûteuse, plus collective et plus écologique.
Citiz, qui revendique 120.000 utilisateurs en France, est présente dans plus de 250 villes, proposant 2.700 véhicules en libre-service. A Rennes, son service est légèrement déficitaire, de l’ordre de 150.000 à 200.000 euros par an, entièrement compensés par la métropole.