“À presque 80 ans, aurais-je la force de faire une moyenne de 20 à 25 km par jour ?”: trois générations de femmes sur le chemin de Saint-Jacques
Elles sont trois femmes, fille, mère et grand-mère, de Paris, Toulouse et Bagnac, à avoir parcouru 220 km sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Une belle aventure humaine et une histoire de transmission. Claudine, Nathalie et Sonia témoignent.
l'essentiel Elles sont trois femmes, fille, mère et grand-mère, de Paris, Toulouse et Bagnac, à avoir parcouru 220 km sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Une belle aventure humaine et une histoire de transmission. Claudine, Nathalie et Sonia témoignent.
La grand-mère, Claudine, est bagnacoise depuis l’heure de la retraite, la mère, Nathalie, quinquagénaire, vit à Toulouse et Sonia, sa fille, est avocate à Paris. Toutes trois ont parcouru le chemin de Saint-Jacques. Parties du Puy-en-Velay, le sac sur le dos, elles ont mis fin à leur périple, comme prévu, à Livinhac, en Aveyron. Elles racontent, sans s’être consultées, quel fut leur parcours, leurs ressentis et les souvenirs qu’elles en retirent.
"J’ai même été plus loin que ce qu’on avait prévu"
La grand-mère, Claudine, de Bagnac-sur-Célé (Lot) : "Quand ma petite-fille m’a proposé de l’accompagner avec sa mère sur le chemin de Compostelle, j’ai été attirée, mais j’ai demandé quelques jours de réflexion avant de donner ma réponse. À presque 80 ans, aurais-je la force de faire une moyenne de 20 à 25 km par jour ? Eh bien, je les ai faits et j’en ai été la première surprise ! J’ai même été plus loin que ce qu’on avait prévu pour arriver symboliquement au plus près de chez moi, à Livinhac. J’ai été encouragée tout au long et à chaque étape par tous les pèlerins. Il y a une grande bienveillance sur le chemin car tout le monde marche vers le même but, même si les raisons sont différentes. Je suis très reconnaissante à ma petite-fille de nous avoir embarquées dans cette aventure des trois générations. Je réfléchis déjà à poursuivre avec elles jusqu’à Cahors au printemps".
"Une déconnexion salutaire de notre monde en folie"
La mère, Nathalie, de Toulouse : "Ce que j’ai apprécié le plus, ce sont les rencontres de hasard et aussi l’émotion de marcher dans les pas de nos ancêtres, même si mon moteur personnel n’est absolument pas religieux. Chacun porte son histoire, sa motivation, son optimisme et le partage naturellement. En plus d’un beau défi familial, on a aussi traversé des paysages majestueux et fait l’expérience d’une déconnexion salutaire de notre monde en folie".
"Une aventure d’endurance, de modestie et d’opiniâtreté"
La fille, Sonia, de Paris : "Compostelle me trottait dans la tête depuis un moment. Puis l’un de mes amis l’a fait et ça a été le déclencheur. J’ai proposé à ma mère de le faire en plusieurs étapes. Elle a été enthousiaste tout de suite. Puis à ma grand-mère qui a accepté au bout de trois jours. Elle a été notre mascotte tout au long du chemin et a suscité l’admiration de tous les gens rencontrés. J’ai été très étonnée de constater que 70 % des pèlerins sont en fait des pèlerines. C’est une aventure d’endurance, de modestie et d’opiniâtreté qui semble leur convenir à merveille, qu’elles soient seules ou accompagnées. Quant à nous, le chemin nous manque déjà. Cap sur Saint-Jean-Pied-de-Port au printemps (nous reprendrons à partir de Livinhac), puis l’étape finale vers Saint-Jacques à l’automne prochain !"
Elles ont dépassé les 220 km
Et, lorsqu’au dernier soir, à Conques ou à Bagnac elles ont posé leurs sacs en réalisant qu’elles avaient dépassé les 220 km, elles ont célébré l’élan partagé, la confiance en soi, la beauté simple d’avoir marché ensemble, trois générations, trois femmes, trois vies qui ont avancé vers la même direction. Sur le "chemin", elles ont découvert que l’héritage le plus précieux n’est pas matériel. Qu’importent les ampoules, le mal de dos, les jambes qui brûlent ; ce sera pour elles trois un pas transmis, une main tendue et une histoire qui continuera à marcher.