À Paris, l’Europe renforce son soutien à l’Ukraine et vante son “réveil stratégique”
Une fois n'est pas coutume, la "coalition des volontaires" s'est affichée lors du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, ce mardi à Paris. Outre les troupes françaises, cinq cents soldats venus de trente-...
Une fois n'est pas coutume, la "coalition des volontaires" s'est affichée lors du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, ce mardi à Paris. Outre les troupes françaises, cinq cents soldats venus de trente-cinq pays dont le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, la Roumanie et l'Ukraine ont défilé sur les Champs-Élysées. Présent en tribune aux côtés d'une vingtaine d'autres chefs d'État et de gouvernement, Volodymyr Zelensky affichait quant à lui une mine relativement réjouie.
La veille, le président ukrainien a en effet obtenu de neuf des trente-sept membres de cette coalition jusqu'ici très formelle, la mise en place d'une "capacité partagée" en matière de défense antiaérienne. "Conscients de la menace croissance posée par les missiles balistiques et de l'importance grandissante des capacités de défense pour la sécurité du continent européen", ces neuf pays ont annoncé "la création d'une coalition purement défensive contre les missiles balistiques". Il s'agit concrètement de "mettre en commun notre base industrielle de défense, notre recherche et notre expérience opérationnelle".
Volodymyr Zelensky prend une décision qui pourrait influencer le cours de la guerre : "La population russe comprend la situation"Trois cents missiles Patriot
Loin d'être anodine, cette initiative réunissant le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l'Espagne, la Suède, le Royaume-Uni et l'Ukraine, jette les bases d'une coopération européenne afin de produire et doter le continent d'une réelle capacité de défense aérienne.
Pour peu que Donald Trump tienne, en parallèle, l'engagement américain d'autoriser l'Ukraine à fabriquer elle-même des systèmes Patriot, voilà qui pourrait permettre à terme aux Européens de diminuer leur dépendance problématique aux États-Unis pour assurer leur propre défense.
Tout cela prendra toutefois du temps. Lundi soir, Volodymyr Zelensky a donc officiellement demandé à Washington la livraison de trois cents missiles Patriot pour protéger les civils ukrainiens durant l'hiver, alors que le mois de juin a été le mois le plus meurtrier pour la population depuis avril 2022, selon l'Onu.
L'ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes avertit: "N'assumez pas que la Russie a perdu la guerre""Si nous disposons d'une protection suffisante pour l'hiver, la Russie aura beaucoup moins de raisons de prolonger la guerre jusque-là" a écrit le président ukrainien sur l'application Telegram. "Nous avons calculé que (cette protection) devrait comprendre 100 missiles Patriot par mois soit 300 missiles pour l'hiver". Kiev devrait également acquérir "dès 2028 - 2029" seize avions de combat Rafale et "une première série de batteries anti-aérienne SAMP/T", a également annoncé Emmanuel Macron, qui n'a cessé de mettre en avant le "réveil stratégique" de l'Europe.
Pas d'accord sur les sanctions
Également présent à Paris, le Premier ministre polonais Donald Tusk a indiqué que la force commune de la coalition des volontaires (destinée à être déployée en Ukraine pour y garantir la paix lorsqu'un cessez-le-feu aura été signé avec Moscou) entamera ses premiers exercices militaires en Pologne à l'automne. Des militaires français et britanniques participeront aux exercices, aux côtés des troupes polonaises.
Sommet d'Ankara : l'attitude ambiguë de Donald Trump et des États-Unis doit provoquer "un sursaut européen" au sein de l'OtanLa Bulgarie, en revanche, a indiqué que le pays se retirait de cette coalition. Opposée aux mesures contre Moscou et au soutien militaire apporté à Kiev, Sofia bloque, en outre, l'adoption par l'Union européenne d'un nouveau paquet des sanctions contre la Russie. Réunis à Bruxelles ce mardi, les ambassadeurs des 27 États membres de l'UE tentaient de trouver un accord en urgence. Car en l'absence d'accord d'ici à ce mercredi, l'UE pourrait être contrainte de relever son plafonnement du prix du pétrole exporté par la Russie.
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