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À Marseille, une ancienne maison de gardien transformée en villa sous les pins

Cette villa à Marseille a été conçue en harmonie avec le paysage : un lieu chargé de souvenirs qui dialogue avec la nature environnante.On remarque d’abord les pins maritimes. Puis la roche, la lumière douce de...

Cette villa à Marseille a été conçue en harmonie avec le paysage : un lieu chargé de souvenirs qui dialogue avec la nature environnante.

On remarque d’abord les pins maritimes. Puis la roche, la lumière douce de la Provence et la mer qui s’étend au loin, des Calanques à Cassis, jusqu’aux îles au large de Marseille. La maison apparaît ensuite, discrète, comme si elle cherchait à se faire oublier derrière le paysage. C’est dans cet esprit que Sandrine Sarah Faivre a transformé une ancienne maison de gardien en Villa Rossignols, une maison méditerranéenne pour une famille profondément attachée à ce lieu. Architecte d’intérieur depuis plus de vingt ans, elle travaille dans les secteurs de la résidence privée, de l’hôtellerie et des biens de luxe.

marseille villa pins mer

La Villa Rossignols s’ouvre sur la Méditerranée, à l’ombre de deux pins centenaires autour desquels s’articule l’ensemble du projet. Les sièges en maçonnerie épousent la ligne de l’horizon, laissant au paysage le rôle de protagoniste.

© Clément Vayssieres

La villa se déploie sur trois niveaux, avec 200 mètres carrés d’espaces intérieurs et autant de terrasses. Les deux ans de rénovation ont permis d’agrandir et de transformer le bâtiment d’origine, sans lui faire perdre sa simplicité. L’architecte Caroline Milliet, de l’Atelier Vue Mer, a pris en charge la maîtrise d’œuvre.

Sandrine Sarah Faivre poltrona armadio

Sandrine Sarah Faivre.

Foto: Clément Vayssieres

Un doux retour aux sources

Pour son propriétaire, la Villa Rossignols est bien plus qu’un simple pied-à-terre. Il a grandi dans la maison voisine et une partie de sa famille vit toujours dans le quartier. Habiter ici, c’est donc revenir sur les lieux de son enfance. « Ce projet n’a jamais été pensé comme une maison de vacances classique », explique Sandrine Sarah Faivre. « C’est un lieu de retour aux sources. »

divano tappeto quadro libreria villa Marsiglia

La bibliothèque et la radassière provençale en chêne se marient avec le tapis Ponza de l’Atelier Tortil, ainsi qu’avec la table et les fauteuils de la série Anemone de l’Atelier Carlès & Demarquet, réalisés en bois de platane vert blanchi. Aux murs, des œuvres de Manoela Medeiros.

Foto: Clément Vayssieres

Le projet doit beaucoup à la relation qui s’est nouée au fil des années entre Sandrine Sarah Faivre et son client. La Villa Rossignols est leur quatrième collaboration, après deux appartements parisiens et une maison de campagne en Corse. « Travailler avec le même client pendant de nombreuses années permet à la relation d’aller au-delà de l’esthétique ou de la fonctionnalité et de devenir presque intuitive », explique l’architecte. « Je connaissais cette famille depuis si longtemps que le projet s’est construit très naturellement. »

cucina tavolo sedie sgabello libreria

Une table provençale trône au centre de la salle à manger, entourée de chaises des Éditions Pierre Chapo. L’assiette de la Maison Pichon Uzès, les couverts et la théière provenant de l’argenterie personnelle des propriétaires témoignent du caractère intime et familial de la maison.

Foto: Clément Vayssieres

Au fil de sa carrière, Sandrine Sarah Faivre a développé une approche qui consiste à concevoir chaque intérieur en fonction de ceux qui l’habitent. « À l’instar d’une peintre, je me concentre sur la création de portraits, en cherchant à traduire la personnalité des propriétaires dans leur intérieur. »

Les pins en tant qu’élément architectural

Comme évoqué au début, les deux pins centenaires qui entourent la maison sont au cœur du projet. Il a fallu composer avec eux pendant les travaux, sans jamais toucher à leur présence. Ils ont naturellement guidé le choix du bois de pin pour les sols. La pierre calcaire blanche des Calanques a elle aussi trouvé sa place dans la maison, avec des tonalités claires au niveau inférieur et dans les salles de bains.

tende balcone pino mare

Les deux pins centenaires ont été préservés même pendant les phases les plus complexes du chantier.

Foto: Clément Vayssieres

bagno vasca da bagno sgabello

La salle de bains attenante associe la pierre beige à grain fin au bois exotique de padouk. Le tabouret en terre cuite de Memòri apporte une touche chaleureuse à l’ensemble.

Foto: Clément Vayssieres

« Le point de départ de cette villa a été le paysage : les pins, la lumière et la mer à l’horizon », raconte l’architecte. « À partir de là, j’ai voulu travailler avec retenue, en privilégiant des tissus et des tons naturels. » Cette simplicité crée un fil conducteur entre la maison d’origine et ses extensions, mais aussi entre les espaces intérieurs et les terrasses.

scala sedia tavolini

L’escalier d’origine a été conservé comme vestige de la modeste maison du gardien qui a inspiré le projet. À côté, la chaise Bauche n° 19 de Charlotte Perriand dialogue avec les petites tables en terre cuite réalisées au Maroc par Houda pour Memòri.

Foto: Clément Vayssieres

letto cassettone copriletto comodino

Dans la chambre principale, l’applique Marseille de Le Corbusier, rééditée par Nemo Lighting, côtoie une table de chevet de la série Doum de Memòri et des textiles provençaux vintage.

Foto: Clément Vayssieres

La maison est pensée pour laisser toute sa place au paysage. Depuis les fenêtres et les grandes ouvertures, le regard porte à 180 degrés, des Calanques à Cassis et jusqu’aux îles. « Je voulais que chaque surface soit agréable à la vue comme au toucher : des matériaux qui vieillissent bien, absorbent doucement la lumière et procurent immédiatement une sensation de confort », poursuit Sandrine Sarah Faivre.

Sous la maison, un horizon en trois actes

La transformation la plus complexe a concerné le niveau inférieur, creusé dans la roche sous le volume d’origine. Dans ce long rectangle au plafond très bas, ouvert sur l’ouest par de grandes baies vitrées, se trouvent la cuisine avec le coin repas, le salon et l’espace dédié à la lecture, aménagé avec une généreuse radassière – c’est-à-dire un long banc traditionnel provençal – en chêne, dessinée sur mesure par Sandrine Sarah Faivre. Les miroirs apportent de la profondeur en multipliant la lumière transversale, tandis que les rideaux flottants filtrent le soleil et suivent le mouvement de la brise.

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Dans le salon situé au niveau inférieur, la bibliothèque en chêne et la grande radassière, conçues sur mesure par Sandrine Sarah Faivre, délimitent l’espace dédié à la lecture. Le banc provençal traditionnel est ici réinterprété sous la forme d’une généreuse assise continue, tournée vers la mer.

Foto: Clément Vayssieres

« Entre le plafond bas et la disposition linéaire, les proportions posaient problème, mais cet étage offrait l’une des vues les plus spectaculaires », se souvient l’architecte. La solution n’a donc pas consisté à masquer ces contraintes, mais à laisser celles-ci déterminer le rythme de l’espace.

poltrone armadio scultura

Une paire de fauteuils en corde inspirés d’Audoux-Minet, signés John Himmel, et un lampadaire vintage en aluminium moulé apportent au salon des touches de matière et de décontraction.

Foto: Clément Vayssieres

La Méditerranée, entre modernisme et créativité contemporaine

La sobriété de l’enveloppe architecturale de cette villa marseillaise trouve son pendant dans une sélection de mobilier et d’œuvres d’art constituée au fil du temps en collaboration avec le propriétaire. Des pièces de Charlotte Perriand et de Pierre Chapo côtoient des tables provençales, des céramiques, des objets vintage et des créations contemporaines liées à Marseille et au Sud de la France.

scrivania sedia armadio quadro

La commode est placée à côté du petit bureau laqué, accompagné d’une chaise en bois recouverte de cuir cousu des Éditions Pierre Chapo.

Foto: Clément Vayssieres

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La pierre claire, le mobilier épuré et la végétation méditerranéenne transforment la terrasse en un prolongement naturel de l’intérieur.

© Clément Vayssieres

Sandrine Sarah Faivre attribue cette liberté de composition à sa rencontre avec Marseille à la fin des années 1990. « Ce qui m’a fascinée, c’est de découvrir dans les intérieurs bourgeois une forme de modernité plus libre et plus vivante que celle que je connaissais à Paris. Le modernisme, les œuvres d’avant-garde et un profond respect pour le patrimoine culturel cohabitaient de manière très naturelle. » Il en va de même pour la Villa Rossignols : un lieu où l’histoire familiale se mêle à l’expression créative et au paysage en toute liberté.

Article initialement publié dans AD Italie.