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À la tribune de l’ONU, Donald Trump fait profil bas

Donald Trump à la tribune de l'ONU le 22 septembre à New York. © Bianca Otero/ZUMA/SIPA ...

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Donald Trump à la tribune de l'ONU le 22 septembre à New York.

© Bianca Otero/ZUMA/SIPA

Olivier O'Mahony 23/09/2026 à 07:36, Mis à jour le 23/09/2026 à 07:36

Surprise : le président américain a déroulé un discours courtois, très éloigné de l’allocution menaçante et glaçante de l’an dernier. Voici pourquoi.

D’emblée, il a compris que la journée ne serait pas bonne. Donald Trump a à peine mis le pied à l’intérieur de l’enceinte de l’ONU que Kaitlan Collins, présentatrice star de CNN, chaîne qu’il a bannie de la Maison Blanche (ainsi que l’autre chaîne MSNow et le site Politico), lui pose une question désagréable. « Les deux tiers des Américains pensent que les États-Unis ne sont pas en train de gagner la guerre contre l’Iran. Quand cela prendra-t-il fin ? » En guise de réponse, le président rétorque : « Vous ne devriez pas être ici pour me couvrir. Vous aviez dit que vous n’alliez pas me couvrir. Vous ne devriez pas me couvrir. »

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En ce mardi 21 septembre, comme chaque année à pareille époque, le maître de la Maison Blanche se rend à l’ONU pour y prononcer son discours. En prenant le même escalator qui, l’an dernier, était tombé en panne, ce qui avait déclenché sa colère, un autre journaliste l’apostrophe : « Attention à l’escalier ! » Mais cette fois, tout se passe bien. Il entre dans la grande salle de l’assemblée générale, la foule est dense, mais l’accueil est froid. Les applaudissements sont mous. Donald Trump le sait : l’ONU ne l’aime pas et c’est réciproque.

Surprise : 38 minutes durant, Trump déroule un discours sans invective ou presque. Il commence comme s’il était le maître des lieux en souhaitant la bienvenue à l’assistance alors que c’est l’ONU qui reçoit, pas lui. Puis, comme s’il s’agissait d’un meeting électoral, il passe en revue ses accomplissements depuis qu’il s’est réinstallé à la Maison Blanche — de la loi fiscale qui a permis « la plus forte baisse d’impôts de l’histoire » à la fermeture des frontières qui, selon lui, se traduit par une chute « historique » du taux de criminalité dans le pays, en passant par la réduction de la pauvreté en Amérique. Les midterms (élections législatives) sont proches (3 novembre prochain) et s’annoncent difficiles pour le parti républicain : sans complexes, Trump utilise la tribune de l’ONU pour faire campagne.

« Dois-je anéantir la République islamique ? »

Puis il consacre une grande partie de son discours à l’Iran, sous le regard impassible des représentants de Téhéran qui écoutent dans la salle. Il justifie sa guerre par le « courage » d’être « passé à l’action » alors que les autres pays et ses prédécesseurs se sont « contentés de paroles » pour confronter ce régime « vil » et « fanatique » qui « harcèle » la région « depuis 51 ans ». En rappelant son objectif principal — empêcher l’Iran d’avoir l’arme atomique —, il s’attire des applaudissements.

Et de poser la question : « J’ai une décision importante à prendre : va-t-on conclure un accord avec l’Iran qui lui permettra de se reconstruire et de devenir un pays bien plus puissant qu’il ne l’a jamais été ? Peut-être l’un des plus puissants du Moyen-Orient, voire du monde entier ? Ou bien dois-je anéantir la République islamique, et ce rapidement, sans jamais lui laisser la possibilité de tuer et de détruire à nouveau des populations et des pays ? Dois-je les précipiter en enfer, sans aucune chance de survie ni aucun espoir de grandeur future ou de générations à venir ? Je pense que nous conclurons un accord juste après les élections, car cela n’aurait aucun sens pour eux de ne pas le faire. »

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Rien de nouveau ici : le président américain promet depuis des mois un deal et la fin des hostilités sans y parvenir. Trump fait donc profil bas. Ses alliés dans la région — à commencer par l’Arabie saoudite attaquée par les Houthis, groupe yéménite armé affilié à l’Iran — sont inquiets. Trump s’applique donc à faire baisser la tension en remerciant, fait rarissime, à deux reprises, le Conseil de sécurité des Nations unies : à propos de la résolution, « adoptée à une écrasante majorité », condamnant « les attentats terroristes odieux perpétrés par l’Iran contre la navigation marchande », puis à propos de son plan de paix en 20 points pour Gaza, « approuvé à l’unanimité », et de la validation de son « Conseil pour la paix ».

À la fin de son discours, Trump ne s’est pas gêné pour fustiger la mentalité « cosmopolite » de l’ONU, mais globalement, la tonalité de son allocution était à des années-lumière de la posture guerrière et menaçante qu’il avait adoptée l’an dernier, ce qui avait jeté un froid dans la salle. Cette année, Donald Trump a aussi rendu hommage à Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, une organisation qu’il n’aime guère plus que l’ONU. Le seul incident notable a eu lieu quand la délégation cubaine a quitté les lieux alors qu’il venait d’attaquer le régime « en perdition » de La Havane, dont il a annoncé la « chute » imminente.

Globalement, on a eu droit à ce que les médias américains appellent « Teleprompter Trump », c’est-à-dire Trump qui lit son téléprompteur sans s’éloigner de son discours préécrit. Ce genre de moment est rare. Mais quand ça arrive, c’est généralement parce que le président américain est en difficulté et qu’il le sait. Il avance sur des œufs, fait le gros dos, et attend que ça passe pour repartir à l’attaque avec ses saillies qui feront les gros titres. Comme une trêve…

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