Ce n’est pas la présence de Rihanna qui fait le plus parler de ce défilé à la Fashion Week
Culture 29/09/2026 13:41 Actualisé le 29/09/2026 13:51 Au cœur de la capitale, la superstar a fait la surprise d’assister à la nouvelle collection de Matières Fécales, une marque très en ...
Culture 29/09/2026 13:41 Actualisé le 29/09/2026 13:51
Au cœur de la capitale, la superstar a fait la surprise d’assister à la nouvelle collection de Matières Fécales, une marque très en vue dont le nom n’a pas fini de faire jaser.

Aitor Rosas Sune/WWD via Getty Images
Rihanna, ici lors du défilé Matières Fécales, à Paris, au mois de septembre 2026.
500 invités, une retardataire. Son nom ? Rihanna. Déjà aperçue dans la capitale au concert de Céline Dion un peu plus tôt dans le mois, la superstar connue pour ses retards légendaires a ouvert la Fashion Week de Paris, ce lundi 28 septembre, en s’asseyant au premier rang d’un des défilés les plus attendus, celui de Matières Fécales.
Matières quoi ? Oui, fécales. « Oh ! J’ignorais qu’une marque portait ce nom », s’amuse une internaute dans les commentaires d’une vidéo de l’arrivée de la chanteuse place de la République, où se tenait le podium. « Oui ! Désolé d’être celui qui vous l’apprend », lui répond non sans ironie l’auteur de ladite séquence, Loïc Prigent.
« Comment ça Matières Fécales ? » s’interroge un autre utilisateur, quatre points d’interrogation à l’appui pour manifester, lui aussi, sa surprise. « Quel nom de merde », lit-on un peu plus loin. Le mauvais jeu de mots a tout de même le mérite d’illustrer une bonne partie des réactions à la lecture de ce nom.
Encore peu identifiée du grand public, la maison de mode créée par un couple de Canadiens (Hannah Rose Dalton et Steven Raj Bhaskaran) en 2014 est en pleine ascension, comme en a témoigné, ce lundi, la présence de Rihanna, gourou de la musique et du style, lors du défilé organisé autour de la statue monumentale de Léopold Morice.
Place de la République, une première
Jamais aucune enseigne n’avait encore convié ses invités à cet endroit, « un lieu sacré où la ville vient exprimer ses opinions et célébrer le vivre-ensemble, précise son cofondateur dans un communiqué relayé par le magazine Numéro, présent sur place. C’est un lieu de révolution. »
Après avoir puisé dans l’héritage aisé de sa partenaire pour les besoins de la précédente collection baptisée « The One Percent » (en référence aux 1 % les plus riches de la planète), le créateur Steven Raj Bhaskaran, un homme racisé et issu d’un milieu populaire, s’est penché sur les 99 % restants.
Le show d’une trentaine de minutes était divisé en trois parties (« Family », « Tribe » et « Gods »). Il a fait défiler 99 silhouettes, 99 mannequins non-blancs. « Ne résistant pas à l’évidence d’organiser une manifestation en ce lieu qui en connaît tant, le duo convoque tous types de corps racisés, des plus sculptés aux plus interlopes, des plus démoniaques maquillés d’épines aux plus sexy », raconte Harper’s Bazaar.
Zendaya, Lady Gaga, etc.
Derrière l’insolence de leur nom (un clin d’œil à ce qu’ils voient comme des aspects « merdiques » dans l’industrie de la mode, dont le manque de diversité ou l’impact sur l’environnement), les deux stylistes de Matières Fécales ont vite créé l’adhésion autour d’eux dans le milieu après leur arrivée au calendrier officiel de la Fashion Week, en mars 2025. Le patron de la marque Comme des Garçons, Adrian Joffe, est fan. Tout comme Rick Owens, celui qu’on surnomme le couturier des ténèbres.
Appréciée pour ses robes sculpturales en tissus légers, ses blazers aux épaules pointues et plus généralement son esthétique transgressive repoussant les limites du repoussant, la marque plaît aux people, comme à Zendaya pendant la promo de L’Odyssée, Sarah Paulson sur le tapis rouge du Met gala et Lady Gaga aux Grammy Awards.
Depuis leurs débuts, Hannah Rose Dalton et Steven Raj Bhaskaran cultivent eux-mêmes l’étrangeté. Cranes rasés et yeux noircis (non sans rappeler Leigh Bowery, figure de l’underground londonien des années 1980), ils se sont fait connaître en 2018 pour une paire de bottes à talons couleur chair, reproduisant chaque orteil. C’est sûr, ils ne vont pas se laisser marcher sur les pieds.