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A Hong Kong, deux militants de la mémoire de Tiananmen reconnus coupables d’“incitation à la subversion”

Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung dirigeaient l'Alliance de Hong Kong, un groupe aujourd'hui dissous qui organisait des veillées annuelles au parc Victoria. Ils encourent jusqu'à 10 ans de prison.

Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung dirigeaient l'Alliance de Hong Kong, un groupe aujourd'hui dissous qui organisait des veillées annuelles au parc Victoria. Ils encourent jusqu'à 10 ans de prison.

France Télévisions

Publié le 21/08/2026 13:11

Mis à jour le 21/08/2026 13:13

Temps de lecture : 2min

Les militants Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung, de l'Alliance de Hong Kong, le 21 mars 2021 à Hong Kong. (PETER PARKS / AFP)
Les militants Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung, de l'Alliance de Hong Kong, le 21 mars 2021 à Hong Kong. (PETER PARKS / AFP)

Pour les défenseurs des droits, l'annonce est un nouveau signe de l'érosion des libertés à Hong Kong. Deux militants prodémocratie et organisateurs de veillées en souvenir de Tiananmen ont été déclarés coupables d'"incitation à la subversion", vendredi 21 août. Lee Cheuk-yan, 69 ans, et Chow Hang-tung, 41 ans, dirigeaient l'Alliance de Hong Kong, un groupe aujourd'hui dissous qui organisait des veillées annuelles au parc Victoria. Ils ont été déclarés coupables d'avoir "incité d'autres personnes à organiser, planifier, commettre ou participer à des actions par des moyens illégaux en vue de renverser le pouvoir de l'Etat", selon un communiqué. Ces militants encourent jusqu'à 10 ans de prison.

Hong Kong et Macao ont longtemps été les seuls endroits du territoire chinois où il était possible de commémorer publiquement la répression menée par l'armée chinoise en juin 1989, contre les manifestants qui réclamaient des réformes politiques sur la place Tiananmen à Pékin. De telles commémorations sont désormais interdites depuis que le pouvoir chinois a imposé, en 2020, une loi sur la sécurité nationale à l'ancienne colonie britannique après les manifestations prodémocratie massives, parfois violentes, de 2019.

Après le jugement, Taïwan a appelé la Chine à "arrêter les persécutions politiques". Le Conseil des affaires continentales, plus haute instance taïwanaise en matière de politique vis-à-vis de Pékin, a exprimé "son profond regret et sa profonde tristesse" et appelle le Parti communiste chinois et le gouvernement hongkongais à "libérer immédiatement les personnes détenues dans cette affaire". L'Allemagne et la France, de leur côté, "regrettent profondément le verdict de culpabilité" visant l'avocate et militante Chow Hang-tung et appellent à sa "libération immédiate", selon un communiqué qui ne fait pas mention du militant Lee Cheuk-yan. Pour la ministre britannique chargée de l'Indo-Pacifique, Rosalie Winterton, il s'agit "d'une nouvelle démonstration que même les actes pacifiques de commémoration à Hong Kong sont désormais considérés par les autorités comme des menaces pour la sécurité nationale".

Le prononcé de la peine est attendu à une date ultérieure. Selon les juges, le fait que les deux accusés aient continué à exiger la "fin du régime de parti unique" après l'entrée en vigueur de la loi de sécurité nationale constitue une violation de la constitution chinoise, même s'ils n'ont "jamais employé ou promu la violence". Les accusés "voulaient endommager la confiance dans le Parti communiste chinois en attisant l'hostilité et en semant la division", ont-ils affirmé.

Le porte-parole d'Amnesty International, Fernando Cheung, a dénoncé un jugement "consternant", car il "marque une nouvelle étape sinistre dans la campagne délibérée du gouvernement" pour effacer l'héritage des militants.

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