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A Genève, Transmutex veut donner un avenir utile aux déchets nucléaires - Heidi.news

Ancien homme de médias, entrepreneur de la tech, Franklin Servan-Schreiber s’est lancé un défi inattendu: s’attaquer aux déchets nucléaires les plus dangereux. Depuis le bout du lac Léman, sa société Transmutex veut industrialiser une technologie héritée du CERN, avec l’ambition de réduire l’horizon de gestion des déchets les plus toxiques.

Fabrice Delaye

Publié le 27 juillet 2026 à 13:54. / Modifié le 27 juillet 2026 à 13:59.

La possible renaissance du nucléaire un peu partout dans le monde laisse dans l’ombre une question qui n’a jamais disparu: que faire des déchets les plus toxiques? Franklin Servan-Schreiber a décidé de s’y attaquer. Depuis Genève, il porte un projet à la fois technique et politique: utiliser une technologie issue du CERN pour en réduire fortement la dangerosité à long terme, avec l’ambition d’en ramener l’horizon de gestion de centaines de milliers d’années à quelques siècles pour une partie d’entre eux.

Le pari est à la mesure du nom. En 1967, Jean-Jacques Servan-Schreiber, patron de L’Express, publiait dans la France gaullienne un livre appelé à devenir un best-seller: Le Défi américain. Près de soixante ans plus tard, son troisième fils, Franklin, s’est choisi un défi autrement plus ardu. Non plus réveiller la France face à l’Amérique, mais tenter de débarrasser l’industrie nucléaire de ses déchets de longue vie les plus dangereux pour en faire, enfin, une énergie propre.

Le projet peut sembler présomptueux. D’autant que rien, ou presque, ne destinait Franklin Servan-Schreiber à entrer dans le monde du nucléaire. Diplômé en génie électrique et en histoire comparée à Carnegie Mellon, il a enchaîné les univers: presse, industrie, tech, institutions internationales – de Elle à Sony, en passant par Shiseido et le Comité international olympique – avant de fonder la start-up Zoomorama.

Cela fait de lui un entrepreneur et un passeur entre des mondes très différents. Pas encore un ingénieur nucléaire. Pour comprendre comment il a bifurqué, il faut revenir à un épisode plus intime.

Un sens à la vie

En 2012, peu après la mort de son frère David d’un cancer, Franklin Servan-Schreiber s’installe à Genève. Il rejoint alors le comité stratégique de Race for Water, fondation engagée dans la lutte contre la pollution plastique des océans, avant d’en devenir le directeur de la communication. Il cherche, dit-il, à redonner un sens à sa vie. C’est là qu’intervient la première bascule.

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