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À Gaza, la paix éclipsée par les calculs politiques

Le scénario esquissé l'an dernier se voit malheureusement confirmé : de paix, il n'y a encore que le nom sur les accords déjà bien raturés de Donald Trump pour la bande de Gaza, qui datent d'octobre 2025. Le re...

Le scénario esquissé l'an dernier se voit malheureusement confirmé : de paix, il n'y a encore que le nom sur les accords déjà bien raturés de Donald Trump pour la bande de Gaza, qui datent d'octobre 2025. Le rejet par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou de la dernière feuille de route américaine, pourtant acceptée par le Hamas, vient de le rappeler avec brutalité. Aucun des protagonistes ne veut vraiment faire de pas décisif ; chacun pose ses conditions.

Guerre au Moyen-Orient: Israël "rejette" le plan américain pour Gaza accepté par le Hamas

Sur le papier, le mécanisme paraît pourtant simple : le Hamas dépose les armes, Israël se retire progressivement de Gaza. Dans les faits, tout oppose encore les deux parties. Le Hamas réclame un désarmement progressif et lié au retrait israélien. Netanyahou exige l'inverse : pas de retrait sans désarmement complet au préalable. Entre les deux, le plan américain entretient un flou qui permet à chacun de l'interpréter comme il l'entend. Ce que Donald Trump qualifie d'accord de paix ressemble donc, pour l'heure, à une équation insoluble. Le président américain a beau proclamer "la paix" de plus en plus haut et fort à mesure que les élections de mi-mandat, qui se tiendront en novembre, approchent, il se heurte à une instabilité croissante au Moyen-Orient, et à une réalité politique qu'aucune mise en scène présidentielle ne peut effacer à Gaza.

À l'opposé, à moins de trois mois des élections législatives israéliennes, Netanyahou n'a, lui, aucun intérêt à accélérer le processus de paix et à apparaître comme celui qui aurait cédé. Ses alliés d'extrême droite le poussent même à poursuivre la guerre et rejettent tout règlement qui ne consacrerait pas une victoire israélienne totale. Sa survie politique – qui lui permettrait au passage de remiser ses casseroles judiciaires au placard encore une fois – prime sur le destin de Gaza.

L'impasse ne tient pas seulement aux calculs du premier ministre israélien. Le plan Trump reste flou sur l'essentiel : qui gouvernera Gaza, qui assurera sa sécurité, qui contrôlera l'hypothétique désarmement du Hamas et, surtout, quel avenir politique sera offert aux Palestiniens ? C'est là que se trouve un autre paradoxe de cette prétendue "pax americana" : en voulant contourner les acteurs politiques palestiniens, Washington risque de renforcer précisément celui qu'il entend désarmer. Tant que personne ne consentira à "perdre un peu" pour que les deux peuples puissent enfin gagner quelque chose, Gaza restera prisonnière de la même mécanique de destruction à l'œuvre depuis trop longtemps.

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