À Celles, un lieu de mémoire restauré en hommage à Jean Fobe, un jeune Résistant tué par les Allemands le 3 septembre 1944 : “Pour ne jamais oublier”
Jean Fobe avait 19 ans lorsqu'il a été exécuté par les Allemands, le 3 septembre 1944. À Celles, la croix érigée en sa mémoire par ses parents a été restaurée et le site réaménagé pour transmettre son histoire aux générations futures.
De Paris, de Gand, et d'ailleurs… Ils sont venus en nombre, cousins, cousines et autres descendants de Jean Fobe pour assister à l'hommage, organisé ce jeudi, par la commune de Celles, en mémoire de ce jeune Résistant de 19 ans, mort tragiquement, en bordure de la rue de la Feuillerie, le 3 septembre 1944.
Durant la guerre, pour échapper au travail obligatoire imposé par l'occupant, Jean Fobe avait quitté sa ville de Gand, où il est né en 1925, et trouvé refuge à la ferme Moyart de Celles. Mais alors qu'il aurait pu chercher uniquement à se protéger, il choisit de s'engager comme résistant au sein de l'Armée Secrète, mettant son courage au service de la liberté.

Le 3 septembre 1944, la journée s'annonçait pleine d'espoir d'une libération proche : les troupes allemandes battaient en retrait, les alliés approchaient. "Ce jour-là, avec ses compagnons de guerre, Jean Fobe participe à la capture de trois soldats allemands, rappelle Carine Breda, échevine en charge des Associations patriotiques. La guerre semble presque terminée… Mais sur les routes de notre région, les Allemands fuient, et tombent malheureusement sur leur chemin sur Jean Fobe et son groupe… Le jeune résistant est capturé, et emmené jusqu'à cette rue de la Feuillerie pour être exécuté. Il avait 19 ans…"
Sa famille n'a pas oublié Jean Fobe. Elle est régulièrement venue à Celles se recueillir sur la tombe de son "héros", mais aussi près de la croix érigée par ses parents à l'endroit même où le jeune Résistant a été abattu par les Allemands, quelques heures seulement avant que le village ne retrouve sa liberté.

"Il ne s'agissait pas simplement d'une croix placée au bord du chemin, insiste le bourgmestre de Celles, Michaël Busine. C'était le geste de parents frappés par la perte d'un enfant. Une manière de donner un lieu à leur douleur, mais aussi de demander aux générations suivantes de ne pas jamais oublier leur fils et son sacrifice."
Plus de huit décennies ont passé. La croix était devenue fragile et son environnement ne permettait plus de rendre à Jean Fobe l'hommage qu'il méritait. La famille a ainsi interpellé la commune de Celles sur l'état préoccupant du monument et sur la nécessité de lui redonner toute sa dignité, afin que la mémoire du Résistant continue à vivre.

Une restauration de la croix a été entreprise par les équipes communales. Le site de mémoire a également été réaménagé avec la pose d'une stèle retraçant les dernières heures de la vie de Jean Fobe, jusqu'à son exécution.

"En rénovant ce monument, nous faisons bien davantage que restaurer une croix ou embellir l'entrée de notre village, ajoute Michaël Busine. Nous entretenons la mémoire d'un homme. Nous entretenons la mémoire d'un homme, rappelons le sacrifice d'un résistant et préservons la mémoire de cette guerre terrible qui a déchiré notre pays, nos villages et tant de familles. Ce lieu doit nous rappeler que notre liberté actuelle repose aussi sur le courage et le sacrifice de femmes et d'hommes comme Jean Fobe. Il nous rappelle surtout que la paix et la liberté ne sont jamais définitivement acquises. "

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