À cause du réchauffement climatique, la gravité des feux de forêt est multipliée par 2 en France (fourchette basse) et par 20 en Espagne
Les conditions météorologiques qui rendent possibles de grands feux de forêts sont le résultat de plusieurs effets liés au climat. Selon le WWA, groupe d’experts internationaux, la combinaison de ces facteurs qui aggrave les risques est directement liée au changement climatique. Une étude vient d’êt
Il y a une multitude d’effets qui aggravent le risque d’incendies. Les forêts souffrent de la sécheresse, de la chaleur. Quand un feu se déclare, il y a davantage de combustible à brûler.
Des études récentes ont montré que le changement climatique d’origine humaine « a augmenté la probabilité de ces conditions préalables, chaudes et sèches », qui sont essentielles au développement d’incendies extrêmes.
La sévérité des feux augmente
Les experts ont étudié le sud-ouest de la France et la péninsule ibérique. L’Espagne a connu des incendies monstres autour de Madrid qui approchent les 100 000 hectares brûlés. Tandis que la Gironde et les Landes dépassent les 40 000 hectares de forêt ravagées.
« Dans les deux régions étudiées, les observations montrent de fortes tendances à l’augmentation de la probabilité et de la sévérité des feux », indiquent les experts, qui travaillent à partir des données réelles et de modèles de simulation, avec ou sans réchauffement climatique. C’est cette comparaison qui permet de relier, éventuellement, des événements extrêmes aux changements du climat.
Succession de vagues de chaleur hors-norme
Premier facteur clairement identifié, les incendies ont été précédés d’une « succession de vagues de chaleur extrêmes et de faibles précipitations dans une grande partie de l’Europe de l’Ouest ». La France a connu trois vagues de chaleur succcessives, la première en mai ce qui est particulièrement précoce, puis en juin et en juillet.
« Des valeurs aussi extrêmes que celles observées dans le centre de l’Espagne en juillet 2026 sont désormais au moins 20 fois plus probables que dans un climat préindustriel », écrivent les experts. Et dans le sud-ouest de la France, la probabilité est « d’au moins un facteur deux », fourchette basse.
Les pluies, autre facteur déterminant
Il y a aussi un paradoxe, « les précipitations hivernales supérieures à la moyenne ont entraîné une forte humidité des sols et favorisé la pousse de la végétation », analysent les experts. Quand il s’est mis à faire anormalement chaud et sec, de grandes quantitiés de végétaux se sont desséchés, notamment les pins. De quoi « aggraver le risque de départ de feu et de propagation rapide en fournissant un combustible plus facilement disponible ».
C’est presque une double peine, infligée par le scénario d’hiver humide et d’été sec, avec laquelle le risque d’incendie ne fait que se renforcer. « La séquence de précipitations hivernales supérieures à la moyenne suivie d’un assèchement printanier exceptionnel a été identifiée comme l’élément déclencheur des incendies de 2025, dans la péninsule Ibérique. »