À 44 ans, le Tubizien Rosario La Marca rêve de devenir bodybuilder professionnel
À l'assaut de l'élite mondiale. Avec sa médaille d'or obtenue le 4 juillet dernier à l'Olympia Pro Qualifier au Portugal, Rosario La Marca souhaite repousser ses limites. Il va tout faire pour décrocher sa cart...
À l'assaut de l'élite mondiale. Avec sa médaille d'or obtenue le 4 juillet dernier à l'Olympia Pro Qualifier au Portugal, Rosario La Marca souhaite repousser ses limites. Il va tout faire pour décrocher sa carte de bodybuilder professionnel à Las Vegas, ces 22 et 23 septembre. Le genre de défi dont le Tubizien de 44 ans raffole.
"À 9 ans, j'ai commencé le karaté et j'ai tout de suite accroché, raconte-t-il. J'étais passionné, au point de faire partie de l'équipe nationale belge, avant de me diriger vers la boxe anglaise." Malgré son titre de champion de Belgique amateur en catégorie -69 kg, il s'estimait trop maigre par rapport à ses inspirations de l'époque. "Moi, j'étais de la génération Schwarzenegger et Stallone."
Avec l'ouverture de son premier restaurant à 28 ans, Rosario La Marca a mis de côté ses activités sportives. "Avec le stress, j'ai pris du poids. J'ai voulu me remettre en forme et j'ai pris un abonnement d'un mois à la salle, sans conviction ni motivation. Au début, je ne faisais que du cardio, par habitude des arts martiaux. À un moment, je me suis dit que ça n'avait pas beaucoup de sens et j'ai voulu faire les choses à fond."
Il a été accompagné par un entraîneur personnel et a suivi un programme musculaire, encadré par un régime bien spécifique. "Après trois ou quatre mois, mon corps avait bien changé. J'étais à nouveau mince, mais avec une masse musculaire plus importante. Au lieu de me stabiliser, j'ai décidé d'aller encore plus loin et je me suis lancé dans les concours. Je me suis entraîné comme une bête."
De Rotterdam aux championnats du monde
Lors de son premier concours à Rotterdam, aux Pays-Bas, le jury a estimé qu'il était trop musclé pour la catégorie de base. Il est directement passé en classe A. "J'ai accroché et j'ai toujours voulu aller plus loin. Je suis même parti à Los Angeles pendant trois mois, avant les championnats du monde de Rimini, où j'ai accroché la médaille d'argent."
Depuis maintenant 12 ans, Rosario La Marca persévère. Il a même dégagé plus de temps pour mettre toutes les chances de son côté. "J'ai changé de vie. J'avais trois restaurants, ce n'était pas possible de tout combiner, confie le Tubizien. La récupération est un aspect primordial dans ma discipline. J'ai changé plusieurs fois de coachs, chacun m'a apporté quelque chose, mais là, j'ai trouvé le bon. Et puis, j'ai aussi ouvert un magasin de nutrition, avec des compléments alimentaires et des plats diététiques. J'allie mes deux passions. Les gens peuvent commander en ligne ou au magasin et venir chercher leurs plats. Il y a même des points relais dans les salles de sport." Moins de stress, et des horaires nettement plus compatibles avec sa discipline.
Direction Las Vegas pour la carte pro
"Quand je me suis rendu au Portugal début juillet, j'ai juste essayé de profiter de l'instant. C'était l'une des compétitions les plus prestigieuses d'Europe. Dans ma catégorie, le plus âgé a 28 ans. Je pourrais très bien figurer en Master (NDLR: la catégorie qui regroupe les athlètes d'âge mûr), vu mon âge. Mais je trouve le défi nettement plus alléchant. Finalement, je crois que mon attitude a fait la différence. J'étais beaucoup plus sûr de moi. Et ça a payé. Avec mon coach, on s'est dit que la prochaine étape serait simplement d'essayer de se rendre à Las Vegas pour aller chercher la carte professionnelle, représenter la Belgique et ma ville de Tubize."
Pour ce faire, il sculpte son corps avec minutie."Parce que j'évolue dans la catégorie Men's Physique. L'important est d'avoir une taille très fine, d'être sec, avec de grosses épaules, de gros pectoraux et de gros muscles dorsaux. Il faut former un beau X, comme on dit. Les cuisses ne font en partie pas partie du concours, mais cela joue quand même d'avoir une belle silhouette. Il faut aussi avoir du charisme quand on monte sur scène, en imposer. Ce n'est pas juste avoir un beau physique."
Le bodybuilding, un atout pour son commerce
Toute cette expérience qu'il emmagasine, il la transmet dans son commerce Sportseat, situé au numéro 148 de la rue de la Déportation, dans le centre de Tubize. "Mes compétitions apportent de la visibilité à mon activité professionnelle. Je ne participe pas tellement pour la médaille, mais pour mon magasin. Quand un client vient me voir, il sait aussi que je ne suis pas un commercial. Je suis un sportif de haut niveau, avec une discipline professionnelle. Je sais de quoi je parle et je peux conseiller les clients selon leurs besoins."
Pour faire suivre ses prochains défis, le bodybuilder a lancé une chaîne YouTube: "Rosario La Marca".
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