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À 1 200 mètres d’altitude, ils font pousser des pommes de terre en Lozère… et ça marche !

Depuis dix ans, six agriculteurs de l'Aubrac lozérien font vivre une filière locale qu'ils ont construite de leurs propres mains. De la culture à la commercialisation, ils maîtrisent toute la chaîne de production de la pomme de terre et ont même lancé leurs propres chips.

Depuis dix ans, six agriculteurs de l'Aubrac lozérien font vivre une filière locale qu'ils ont construite de leurs propres mains. De la culture à la commercialisation, ils maîtrisent toute la chaîne de production de la pomme de terre et ont même lancé leurs propres chips.

Des pommes de terre cultivées à plus de 1 200 mètres d'altitude, il fallait oser ! Depuis une dizaine d'années, l'association des producteurs de pomme de terre de l'Aubrac lozérien (Apptal) a fait le pari fou de créer une filière sur le territoire.

"Ici on produit des patates comme au jardin mais dans des champs qui sont à 1 200 mètres d'altitude", présente Pierre Ressouche, éleveur et agriculteur sur l'Aubrac. Les six producteurs de l'Apptal cultivent environ un hectare de champ de pomme de terre chacun, dont la majorité est répartie sur la commune du Buisson.

Les trois producteurs de pommes de terre.
Les trois producteurs de pommes de terre. Midi Libre - Luna GUTTIEREZ

Avec un rendement avoisinant les 80/100 tonnes par an, ils s'occupent eux-mêmes de la mise en sac, du stockage et de la commercialisation du tubercule. "Nous faisons ça en parallèle de notre activité d'éleveurs, ça nous demande de dégager du temps pour préparer et livrer les commandes", confie Nicolas Batifol, éleveur sur l'Aubrac.

La chaîne de tri et de mise en sachet.
La chaîne de tri et de mise en sachet. Midi Libre - Luna GUTTIEREZ

Particuliers, restaurateurs, grandes surfaces et écoles, ils livrent tout type de clientèle dans un périmètre de 70 kilomètres autour de leur exploitation. "On avait essayé d'aller plus loin en salariant un livreur à temps plein mais ça n'a pas marché. On a revu notre production à la baisse et on commence à trouver une forme de stabilité", détaille Ludovic Cayrel, producteur au Buisson.

Des chips 100 % Aubrac

Depuis, les associés ont lancé leur marque de chips avec le label Parc naturel de l'Aubrac, qui représente environ 20 % de leur volume de production.

Cette montée en gamme a été félicitée par le président de la commission agricole au Parc naturel régional de l'Aubrac : "Nous portons les mêmes valeurs d'identité du territoire, de production locale et respectueuse de l'environnement et de valorisation d'un terroir", se réjouit Serge Franc.

Une année difficile

Cet été, les plants ont été soumis à un grand stress hydrique et à de fortes chaleurs, réduisant considérablement leurs rendements. "Au lieu d'avoir une dizaine de pommes de terre par pied on en a cinq. Mais avec l'expérience et le choix de variétés on arrive à produire même avec des conditions difficiles", se félicite Ludovic Cayrel. Par besoin de résilience, chaque année, les producteurs testent de nouvelles variétés.

La récolte au champ se fera le 26 septembre 2026.
La récolte au champ se fera le 26 septembre 2026. Midi Libre - Luna GUTTIEREZ

Cette année, il est possible de venir récolter les pommes de terre soi-même dans le champ. Le rendez-vous est donné le 26 septembre 2026 à partir de 9 heures au Buisson. "Chacun vient avec son panier dans la bonne humeur et la convivialité et repart avec ses patates. L'année dernière nous avons été victimes de notre succès, il fallait arriver tôt pour espérer en avoir", sourit Pierre Ressouche.