70 ans de la princesse Marie-Esmeralda de Belgique : qui le très réputé Salvador Moncada, son époux honduro-britannique ?
WHO’S WHO ROYAL – Ce 30 septembre 2026, la princesse Marie-Esmeralda de Belgique a fêté ses 70 ans. Depuis 28 ans, elle est l’épouse de Salvador Moncada. Qui est ce célèbre scientifique qui fut décoré par la reine Elizabeth II ?
Salvador Moncada et sa seconde femme la princesse Esmeralda de Belgique à Londres, en décembre 2005
© NIVIERE/SIPA
Dominique Bonnet 03/10/2026 à 19:34, Mis à jour le 03/10/2026 à 19:34
WHO’S WHO ROYAL – Ce 30 septembre 2026, la princesse Marie-Esmeralda de Belgique a fêté ses 70 ans. Depuis 28 ans, elle est l’épouse de Salvador Moncada. Qui est ce célèbre scientifique qui fut décoré par la reine Elizabeth II ?
Tout ce que vous devez savoir sur Salvador Moncada qui est entré à 53 ans dans la famille royale belge en épousant en secondes noces, en 1998, la princesse Marie-Esmeralda de Belgique, la plus jeune fille du roi Léopold III et demi-sœur des rois Baudoin et Albert II, et est le père de ses deux enfants.
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Né au Honduras de parents aux origines espagnole et roumaine
Salvador Enrique Moncada Seidner voit le jour le 3 décembre 1944 à Tegucigalpa au Honduras. Il est le fils de Salvador Moncada et de Jenny Seidner. De ses parents, il précise, dans une présentation de sa vie et de sa carrière lors d’une session plénière de l'Académie pontificale des sciences, que son père, homme d’affaires – initialement formé à la médecine mais n’ayant jamais exercé -, est « hondurien d'origine espagnole ». Quant à sa mère, femme au foyer, elle est « juive née en Roumanie, à Chernowitz (aujourd'hui Tchernivtsi, en Ukraine) ». « Sa famille a fui l'Europe en 1938-1939 et, après une série d'événements imprévus, s'est installée au Honduras. C'était une famille germanophone qui a continué à parler principalement l'allemand tout au long de sa vie », raconte-t-il.
Une jeunesse passée au Salvador
Salvador est encore un tout jeune enfant quand son père doit quitter le Honduras pour raison politique. Il s’installe alors en famille au Salvador. Il y est scolarisé, de 1951 à 1956, à l’école primaire Colegio Bautista à San Salvador, puis, de 1957 à 1961, à l'Instituto Nacional General Francisco Menéndez, une ancienne académie militaire qui dispensait un enseignement de haut niveau tout en imposant une discipline rigoureuse. « J'y ai été envoyé - alors que l'école accueillait des enfants issus de familles ouvrières ou défavorisées - car mon père jugeait important que je comprenne les conditions de vie de la population du pays », signale-t-il.
Il ambitionne de devenir médecin dès ses 11 ans
Dans cette même présentation, Salvador Moncada révèle s’être très tôt intéressé à la biologie et à la médecine. « Je me souviens avoir collectionné des insectes et imaginé des moyens de les garder en captivité pour les observer. Lorsqu'ils mouraient, je les disséquais pour examiner leurs organes internes. J'avais alors environ huit ou neuf ans », confie-t-il.
Déterminé dès ses onze ans à faire des études de médecine, il ne change pas de trajectoire au fil des années et entre, en 1962, à la Faculté de médecine de l'Université du Salvador, fraîchement modernisée et restructurée sur le modèle des facultés américaines, ce qui en fait alors l'une des meilleures pour l’Amérique centrale et du Sud.
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Expulsé vers son pays natal, mais sans sa femme et leur fille
Diplômé en médecine et chirurgie en 1970, le jeune médecin, qui, touché par la pauvreté de la majeure partie de la population salvadorienne, s’est politisé et s’intéresse à une formation en épidémiologie et en santé publique, est arrêté et expulsé vers le Honduras. Il y travaille au département de physiologie de l'université nationale, mais la situation ne peut lui convenir.
Marié depuis quatre ans et papa d’une fillette, Claudia Regina née en 1966, il ne peut vivre avec elles, celles-ci étant de nationalité hondurienne n’ayant pas été autorisées à le rejoindre. Partir à l’étranger s’avère donc leur seule solution pour préserver l’unité de la famille. Et ce sera Londres où Salvador arrive le 19 février 1971. L’année suivante naît leur fils, Salvador Ernesto qui malheureusement meurt en 1982.
Une nouvelle vie dans la recherche en Angleterre
En Angleterre, Salvador Moncada est intégré à l'équipe du pharmacologue britannique John Vane - futur prix Nobel -, professeur au département de pharmacologie de l'Institute of Basic Medical Sciences, rattaché au Royal College of Surgeons. À ses côtés, il participe à des travaux décisifs sur le mécanisme d'action de l'aspirine et des anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Après la parenthèse d’un bref retour au Honduras entre juillet 1974 et juillet 1975, le médecin, qui a passé un doctorat en pharmacologie à l’Université de Londres en 1973, revient au Royaume-Uni pour diriger une équipe de recherche aux Wellcome Research Laboratories de Beckenham, dans le Kent. Ayant, en parallèle, obtenu un doctorat ès sciences de l'Université de Londres en 1983, il y restera jusqu’en 1996, y réalisant avec ses équipes d’autres découvertes majeures.
« Dans les années 1990, il était le scientifique britannique le plus cité et le deuxième scientifique le plus cité au monde », est-il signalé dans son portrait sur le site de « The Royal Society », où il est ajouté qu’au cours de ses nombreuses années de recherche en pharmacologie, il a supervisé le développement de médicaments destinés à traiter la malaria, l'épilepsie, la migraine et le cancer »..
Son amitié avec la princesse Maria Esmeralda se mue en amour
Dans une interview donné cet été 2026 à « Point de Vue », Salvador Moncada a raconté avoir rencontré Marie-Esmeralda de Belgique au début des années 1980. Elle lui est présenté par son père, l’ex-roi Leopold III, à l’issue d’un dîner auquel le scientifique participe dans le cadre de la fondation de la princesse Lilian, l’épouse du souverain et mère de la princesse, cette fondation soutenant la recherche sur les maladies cardiovasculaires, domaine dans lequel il travaille.
La princesse Esmeralda de Belgique avec son père l'ancien roi Léopold III. C'est lui qui l'a présenté à Salvador Moncada, une première rencontre sans conséquence
© Balkis Press/ABACA
« Esmeralda était alors très jeune et cette première rencontre est restée sans lendemain », signale-t-il. Ils se retrouvent plus tard, lorsqu’elle vit à Paris – où elle travaille comme journaliste -, tandis que lui est devenu ami de la princesse Lilian et membre du comité scientifique de sa fondation. Une amitié naît, puis celle-ci se transforme peu à peu en une belle histoire d’amour. Mais, précise-t-il : « Je tombais amoureux d'une femme, pas d'une princesse ».
Un second mariage et deux autres enfants
Le 5 avril 1998, le couple se marie à Londres. Salvador Moncada a alors 53 ans, la princesse Esmeralda 41 ans. La jeune femme attend alors leur premier enfant, Alexandra, qui vient au monde quatre mois plus tard, le 4 août.
Salvador Moncada et la princesse Esmeralda de Belgique avec leurs deux enfants, Alexandra et Léopoldo, alors âgés de 6 et 3 ans dans leur maison de Londres, le 20 novembre 2004
© Balkis Press/ABACA
Puis, le 21 mai 2001, elle accouche d’un garçon prénommé Léopoldo, en hommage à l’ancien souverain, son père, disparu en 1983.
Salvador Moncada avec sa femme la princesse Esmeralda, le frère de celle-ci le prince Alexandre et leur belle-sœur la princesse Lea devant un portrait de l'ancien roi des Belges Léopold III à Waterloo, le 29 août 2006.
© Gys Danny/Reporters/ABACA
Une carrière poursuivie au Royaume-Uni, mais aussi en Espagne et en Belgique
Lorsqu’il épouse la demi-sœur de feu le roi Baudouin et du roi des Belges Albert II, alors sur le trône, Salvador Moncada a quitté Wellcome deux ans plus tôt, au moment de son rachat par le groupe pharmaceutique Glaxo, et a rejoint l'University College London pour y créer et y diriger le Cruciform Project, devenu le Wolfson Institute for Biomedical Research (WIBR), avec l’objectif principal d'établir un centre d'excellence en recherche biomédicale servant d'interface entre la recherche fondamentale et ses applications concrètes. « Durant les années passées au WIBR, mes travaux ont porté sur l'exploration de nouveaux domaines, notamment la biologie mitochondriale et, plus tard, les bases métaboliques de la prolifération cellulaire », détaille-t-il.
Salvador Moncada avec Esmeralda de Belgique et leurs enfants Alexandra et Leopoldo en septembre 2006 en Tunisie où la princesse a fêté ses 50 ans avec famille er amis proches
© NIVIERE/SIPA
Puis, en 2013, il rejoint l'Université de Manchester, pour y diriger l'Institute of Cancer Sciences de février 2014 à 2016, puis le « Cancer Domain » à partir de 2016, y défendant l'importance de la prévention et du dépistage précoce.
À noter aussi que, de 1999 à 2004, il a également conçu et développé le Centre national de recherche cardiovasculaire (CNIC) à Madrid. Et également qu’en 2010 et 2013 il a dirigé un groupe de recherche indépendant au sein du VIB Vesalius Research Center à Louvain, en Belgique où règne alors le demi-frère de son épouse, le roi des Belges Albert II.
Distingué par la reine Elizabeth II en 2010
En 1985, Salvador Moncada a obtenu la nationalité britannique. Quinze ans plus tard, il se voit distinguer par la reine Elizabeth II.
Rien à voir avec le fait qu’il fait partie, du fait de son mariage, de la famille royale belge. C’est « pour services rendus à la science » que la souveraine lui décerne, en 2010, le titre de Knight Bachelor, qui lui vaut d’être dès lors appelé « Sir ».
Un retraité, mais qui est resté très actif
Si officiellement le scientifique est en retraite depuis 2019, date où il a quitté ses fonctions de professeur et de directeur de l’Institut des sciences du cancer à l'Université de Manchester, tout en y conservant le titre de professeur émérite, Salvador Moncada n’est pas pour autant inactif. Mais c’est dans un tout autre domaine que la médecine que l’octogénaire s’est illustré au début des années 2020, celui de la diplomatie.
En juin 2023, il a en effet été nommé tout premier ambassadeur du Honduras en République populaire de Chine par la présidente de son pays natal Xiomara Castro, suite à l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Une fonction que l’époux de la tante du roi des Belges Philippe a occupé jusqu'au début 2026.