7 photographes, 7 univers : découvrez les gagnants des Hasselblad Masters 2026
Hasselblad a désigné les sept lauréats de ses Masters 2026, un par catégorie. Pour départager cette édition, le jury a examiné plus de 108 000 images venues de 160 pays et territoires, ramenées à 70 finalistes....
Hasselblad a désigné les sept lauréats de ses Masters 2026, un par catégorie. Pour départager cette édition, le jury a examiné plus de 108 000 images venues de 160 pays et territoires, ramenées à 70 finalistes. Voici les images retenues et ce qu’elles montrent.
Organisé tous les deux ans par la marque suédoise, le concours couvre cette année sept catégories : Art, Architecture, Paysage, Portrait, Photographie de rue, Faune sauvage et Project//21, réservée aux photographes émergents. Les finalistes ont été départagés par un jury de huit membres, complété par un vote du public.
Chaque lauréat repart avec un appareil moyen format Hasselblad, deux objectifs XCD et 5 000 €, et verra son travail publié dans l’ouvrage annuel Hasselblad Masters. Passons au palmarès.
Sommaire
- Art : Yudha Kusuma Putera (Indonésie)
- Architecture : Kevin Boyle (Canada)
- Paysage : Rohan Reilly (Irlande)
- Portrait : Svetlana Jovanovic (Pays-Bas)
- Photographie de rue : Gosse Bouma (Pays-Bas)
- Faune sauvage : Alfred Minnaar (Afrique du Sud)
- Project//21 : Panitbhand Paribatra Na Ayudhya (Thaïlande)
Art : Yudha Kusuma Putera (Indonésie)
Au premier regard, on croit voir des collines : des courbes fauves et blanches qui remplissent tout le cadre, un petit nuage isolé dans une bande de ciel pâle. Il s’agit en réalité de dos de vaches, serrés les uns contre les autres, dont une paire de cornes émerge au centre de l’image. Le troupeau se lit comme un paysage.



La série Waste Colonialism (Sapi-Sapi Piyungan) a été photographiée à la décharge de Piyungan, près de Yogyakarta (Indonésie), où des vaches se nourrissent au milieu des ordures triées par des chiffonniers. Yudha Kusuma Putera rattache ce travail à l’exportation des déchets des pays riches vers les pays plus pauvres, un cadrage serré qui transforme un sujet dur en une forme presque abstraite.
Architecture : Kevin Boyle (Canada)
Une petite façade blanche, « Mystic Theatre », plantée seule dans le noir absolu. Un lampadaire crache une étoile de lumière en haut à droite, un câble traverse le ciel, la route au premier plan est vide. Le bâtiment semble éclairé de l’intérieur, comme un décor de théâtre découpé dans la nuit.



Cet effet vient de la méthode de Kevin Boyle : chaque partie de l’édifice est peinte à la lampe torche pendant la prise de vue, puis les images sont assemblées en post-production. Sa série DaySleeper | Movieland documente les lieux de rassemblement abandonnés des petites villes nord-américaines – salles de spectacle, cinémas, commerces désertés – vidés de toute présence humaine.
Paysage : Rohan Reilly (Irlande)
Des dizaines de troncs pâles, dressés à la verticale, se prolongent dans leur propre reflet sur une eau parfaitement lisse. Presque monochrome, l’image joue de la répétition : difficile de dire où finit l’arbre et où commence son double dans l’eau.



Ephemeral Visions a été réalisée le long du Pô, en Italie, où une rangée de peupliers plantés contre les crues s’est retrouvée immergée. Rohan Reilly travaille en pose longue et privilégie les espaces vides et la faible saturation ; il explique procéder par retours successifs sur le terrain, au fil des saisons, pour obtenir la lumière et l’eau étale qu’il recherche.
Portrait : Svetlana Jovanovic (Pays-Bas)
Deux visages, joue contre joue, qui fixent l’objectif. Mêmes taches de rousseur, même raie au milieu, même regard neutre, et pourtant l‘œil cherche aussitôt ce qui les sépare : un sourcil, la forme du nez, une expression légèrement différente. Le cadrage très serré et la lumière douce accentuent le trouble.



Ces images font partie d’Otherness, un projet au long cours que Svetlana Jovanovic, psychologue de formation, consacre aux jumeaux identiques et aux petites différences qui les distinguent. Chaque portrait est présenté par la photographe comme une collaboration avec ses modèles.
Photographie de rue : Gosse Bouma (Pays-Bas)
À l’heure bleue, dans le brouillard, la silhouette d’un hôtel de ville gothique se devine derrière un marché. Au premier plan, un seul stand est allumé : une boîte de lumière chaude où l’on distingue un marchand au travail, ses sacs de marchandises éclairés. Les pavés humides renvoient la lueur. L’ensemble a des allures de scène de cinéma.



Morning Ritual a été photographiée sur les marchés des Pays-Bas. Gosse Bouma associe l’architecture, la brume et la lumière artificielle, et se sert de la couleur comme d’un élément de composition. Le contraste entre l’immensité vide de la place et le petit kiosque éclairé donne à la scène l’impression d’un moment suspendu.
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Faune sauvage : Alfred Minnaar (Afrique du Sud)
Sur ces photos, l’image est presque entièrement occupée par du corail : des colonies vert-de-gris aux pointes serrées, striées de rouge, qui montent comme des colonnes. Il faut chercher pour trouver le sujet, un gobie translucide de quelques centimètres, presque invisible. C’est tout l’enjeu du cadrage.



Dans The Forest I Roam, Alfred Minnaar ne fait pas du poisson son sujet principal mais un point de repère : en le noyant dans son environnement, il fait du récif lui-même le cœur de l’image et joue sur le rapport d’échelle entre l’infiniment petit et l’immensité du milieu.
Project//21 : Panitbhand Paribatra Na Ayudhya (Thaïlande)
Sur fond noir, une anguille ruban d’un bleu électrique, gueule grande ouverte, narines déployées en éventail, se détache devant un disque lumineux orange et jaune qui évoque un soleil couchant. Le résultat est très graphique.
Plongeur et photographe sous-marin, Panitbhand Paribatra Na Ayudhya remporte la catégorie Project//21, dédiée aux photographes émergents, avec Dwellers of the Night.



Le photographe a utilisé flashs et éclairages colorés placés en arrière-plan pour isoler ces créatures qui remontent des profondeurs à la faveur de l’obscurité.
L’ensemble des images primées est à retrouver sur le site du concours.