thejournalofsierraleonestudies.com

5 ans après, les habitants d’Aiseau-Presles toujours traumatisés par les inondations - RTBF Actus

Cindy accepte de nous accueillir chez elle. Elle habite rue des Taillardiers à Presles, l’une des rues les plus touchées par les inondations de 2021. À l’intérieur, rien ne laisse penser que la maison a été ino...

Cindy accepte de nous accueillir chez elle. Elle habite rue des Taillardiers à Presles, l’une des rues les plus touchées par les inondations de 2021. À l’intérieur, rien ne laisse penser que la maison a été inondée en 2021, si ce n’est un châssis à la couleur délavée : "Là, vous voyez la marque de l’eau qui est arrivée jusqu’à ma taille, à l’époque le châssis a lâché et toute l’eau et la boue sont rentrées dans la maison". 5 ans plus tôt, c’est tout le bas de l’habitation qui est inondé, la plupart des meubles sont détruits. "On a eu 88 centimètres de boue dans la maison, ça peut paraître peu mais mon petit garçon avait un an et demi et s’il se tenait debout il se serait noyé" nous explique la maman émue rien que d’y repenser.

J’ai travaillé ça en thérapie parce que je pense que c’est un traumatisme

Les premiers jours, la famille de cinq loge à l’hôtel mais ils décident rapidement de retourner chez eux. Le bas étant inhabitable, ils vivront au premier étage durant plusieurs semaines, le temps du nettoyage. En bas ils doivent tout changer : la cuisine, les meubles et déshumidifier l’ensemble des murs. Il aura fallu au moins deux ans à la famille avant de retrouver une vie normale au sein de leur maison. 5 ans plus tard, la mère de famille est toujours marquée par cet épisode de sa vie. "J’ai travaillé ça en thérapie parce que je pense que c’est un traumatisme. Petit à petit, tout ça s’efface. Mais c’est vrai que quand on a un petit peu beaucoup de pluie, c’est toujours inquiétant".

La démarcation montre jusqu’ou est montée l’eau en 2021. © Philippine Wambersie

Dans le village d’Aiseau, là, c’est la rue Lambot qui a particulièrement été touchée. Carl se souvient avoir eu de l’eau jusqu’au plafond, à deux mètres de hauteur : "J’ai dû monter à l’étage, faire monter les chiens aussi, les chats, tout ça en haut. En une demi-heure à peine c’était plein, l’eau atteignait le plafond. Je peux vous dire qu’on ne rigole pas à ce moment-là". Comme de nombreux sinistrés, Carl et sa femme ont du tout recommencer à zéro. "J’ai dû tout arracher l’ancien plafonnage, ramener tout à la brique pour que ça sèche et puis, plafonner à nouveau. Disons qu’aujourd’hui on a toujours une crainte de revivre ce cauchemar dès qu’il pleut".

Un peu plus haut dans la rue, Mireille, elle aussi fait partie des sinistrés, elle se souvient précisément de ce jour. "Avoir travaillé toute une vie et avoir tout perdu en un jour, c’est triste." nous confie-t-elle.

Des aménagements ont été faits

Depuis, la commune d’Aiseau-Presles a agi. Ils ont consolidé les berges de la Bièsme, rehaussé la digue et réhabilité les bassins d’orage. "Il y a eu plein d’actions entreprises", Jean-Pierre Deprez est échevin des travaux, il était bourgmestre faisant fonction lors des inondations de 2021, "on a accentué le nettoyage des avaloirs, on a acheté du matériel dont un camion porte-conteneurs et trois conteneurs supplémentaires. On a acquis aussi des bâtards d’eau mis à la disposition de la population". Depuis ce 15 juillet, "nous avons mis en place des interdictions de construire dans des zones trop dangereuses et fait vraiment attention à la perméabilité des sols. On a tiré les leçons de 2021, on fait ce qu’on peut avec le budget qu’on a".

On se rend prêt, mais on ne pourra jamais affronter totalement les éléments déchaînés

Pourtant, le 30 mai 2026, un violent orage éclate. L’équivalent de 3 mois de pluie tombe en moins de 3 heures sur la commune, les rues sont à nouveau inondées. "Cette fois ça n’avait rien à voir avec 2021. C’est le ruissellement des terres agricoles qui essentiellement a provoqué des dégâts", dit-il avant de poursuivre, "il faudrait peut-être que les exploitations agricoles soient plus respectueuses des conséquences en cas de forte pluie, notamment en érigeant des haies, accepter de ne pas cultiver jusqu’au dernier mètre vis-à-vis de la chaussée, créer des fossés. Ce sont des réflexions qui doivent être menées en concertation avec les agriculteurs de la commune. On se rend prêt, mais on ne pourra jamais affronter totalement les éléments déchaînés" termine l'échevin.